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26 juillet 2007 4 26 /07 /juillet /2007 13:09
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La colonne Vendôme est un monument parisien situé au centre de la place du même nom dans le Ier arrondissement de Paris. Au fil des années, elle reçut les noms de colonne d'Austerlitz, puis colonne de la Victoire avant de devenir colonne de la Grande Armée. Elle est communément appelée colonne Vendôme.

C'est une colonne de bronze de 44 mètres de haut et d'environ 3,60 mètres de diamètre moyen, posée sur un socle et surmontée par une statue de Napoléon Ier. Son fût, constitué de 98 tambours de pierre, est recouvert d'une chape coulée avec le bronze de 1200 canons pris aux armées russes et autrichiennes (chiffre sans doute propagandiste, les historiens dénombrent environ 130 canons pris à Austerlitz) et décorée, à la manière antique, de bas-reliefs représentant des trophées et des scènes de batailles. S'enroulant en continu jusqu'au sommet, cette spirale, longue de 280 m. et composée de 425 plaques de bronze, a été dessinée par Pierre Bergeret et exécutée par une équipe de sculpteurs composée entre autres de Louis Boizot, Bosio, Bartolini, Claude Ramey, François Rude, Corbet, Clodion et Ruxthiel. Un escalier intérieur permet d'accèder à une plate-forme située sous la statue sommitale. La statue visible de nos jours date du second empire. Elle est due au sculpteur Auguste Dumont et représente Napoléon Ier, en Caesar imperator, drapé dans un manteau court et portant pour attributs de sa gloire, le glaive, la victoire ailée et la couronne impériale de lauriers.
La base de la colonne Vendôme est en porphyre d'Algajola.
L'inscription dédicatoire est la suivante : « Napolio.Imp. Aug, Monumentum. belli. Germanici anno. m. d.cccv. (1805.) trimestri. spatio.ducto. suo. profligati. ex aere. capto. gloriae. exercitus. maximi dicavit » qui peut se lire :
Napoléon empereur auguste, a consacré à la gloire de la Grande Armée, cette colonne, monument formé de l'airain conquis sur l'ennemi pendant la guerre d'Allemagne en 1805, guerre qui, sous son commandement, fut terminée dans l'espace de trois mois.
La colonne Vendôme est directement inspirée de la colonne Trajane de la Rome antique qui elle est entièrement en marbre. On trouve aussi à Paris, dans le même style de monument, la colonne de Juillet sur la place de la Bastille.
La place Vendôme, voulue par Louis XIV, est dessinée par Jules Hardouin-Mansart et comportait en son centre une statue équestre du Roi-Soleil. La place était baptisée place Louis le Grand. En 1792 les révolutionnaires détruisirent la statue, symbole du pouvoir royal.
C'est en 1800 qu'un décret envisage la construction d'une colonne, au chef-lieu de chaque département, et dédiée aux braves du département. À Paris, une colonne nationale sur la place de la Concorde, dédiée à la Nation et une départementale sur la place Vendôme furent décidées le 20 mars (29 Ventôse an VIII), par Bonaparte Premier Consul. La colonne nationale ne vît jamais le jour, celle projetée sur la place des Piques (pl. Vendôme) eut un début d'existence : Lucien, frère de Napoléon Bonaparte et ministre de l'Intérieur, posa la première pierre du monument le 14 juillet 1800 ( 25 Messidor An VIII). Sans aboutir, l'idée fut reprise en 1803 par le Premier Consul qui confirma l'érection d'une colonne place Vendôme « à l'instar de celle élevée à Rome, en l'honneur de Trajan », ornée de 108 figures des départements montées en spirale et surmontée de la statue de Charlemagne ». D'abord dédié à la Gloire du Peuple Français, la colonne deviendra rapidement à la gloire de Napoléon Ier. Mais la construction fut lente et il fallut attendre 1805 et la fonte de 1200 canons pris à l'ennemi (au total 180 t.) pour que le projet, relancé par Vivant Denon, avance. Achevée en 1810 et dédiée à la gloire des armées victorieuses, la colonne fut baptisée colonne de la Grande Armée Une statue de Napoléon en Caesar par le sculpteur Antoine-Denis Chaudet (1763-1810) fut placée au sommet.
Les ennuis commencèrent en 1814 quand la statue fut enlevée par les troupes alliées occupant Paris et remplacée par un drapeau blanc fleurdelysé pendant la Restauration. En 1818, elle fut fondue pour réaliser la statue équestre de Henri IV sur le Pont Neuf.
Sous la monarchie de Juillet une nouvelle statue de l'empereur, en petit caporal, par Charles Émile Seurre, (aujourd'hui aux Invalides), est placée au sommet de la colonne le 21 juin 1833, en présence de Louis-Philippe, soucieux de capter à son profit un peu de la gloire de l'Empire. L'effigie mesure 3,50 m de haut. Napoléon III, estimant que cette précieuse statue était en péril au sommet de la colonne, la fit déposer et remplacer par une copie de la première statue en empereur romain de Chaudet, réalisée par le sculpteur Auguste Dumont. C'est cette statue, restaurée, que l'on peut voir aujourd'hui. A la seule différence que Chaudet avait représenté l'Empereur tenant dans sa main gauche le globe de la victoire et son épée dans sa main droite tandis que Dumont a représenté Napoléon tenant son épée de la main gauche et le globe de la victoire dans sa main droite.

Colonne-vendome.jpg
La statue de Napoléon Ier à terre en 1871.

Mais l'épisode le plus dramatique survient en 1871, lors de l'insurrection de la Commune de Paris. C'est le peintre Gustave Courbet qui le premier adresse une pétition au gouvernement de Défense nationale le 14 septembre 1870 demandant « à déboulonner la colonne, ou qu'il veuille bien lui-même en prendre l'initiative, en chargeant de ce soin l'administration du Musée d'artillerie, et en faisant transporter les matériaux à l'hôtel de la Monnaie ». Il n'a en fait que l'intention de la faire reconstruire aux Invalides. Mais l'insurrection de la Commune de Paris prend le pouvoir et cette fois les objectifs sont autres :
« La Commune de Paris considère que la colonne impériale de la place Vendôme est un monument de barbarie, un symbole de force brute et de fausse gloire , une affirmation du militarisme, une négation du droit international, une insulte permanente des vainqueurs aux vaincus, un attentat perpétuel à l'un des trois grands principes de la République : la fraternité ! ».
Courbet, entraîné dans la tourmente ne peut se déjuger et, un peu malgré lui, portera historiquement la responsabilité de la destruction de la colonne. Le 16 mai 1871, la colonne est abattue, non sans mal, devant une foule en liesse. Les plaques de bronze sont récupérées et la colonne est reconstruite telle qu'on peut la voir aujourd'hui et Gustave Courbet est condamné à payer les frais de la reconstruction, ce qui le ruinera.

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Published by Patrick R. Nastro - dans MONUMENTS-ARTS-LIEUX-SOUVENIRS
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