Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
6 août 2007 1 06 /08 /août /2007 20:29

AAAAA.jpg

Le Siège de Paris est un épisode de la guerre franco-allemande de 1870-71.
Avec la capitulation de Sedan, les armées prussiennes et leurs alliés déferlent sur le Nord de la France et vont mettre le siège devant Paris. Dans la capitale, la nouvelle parvient dans l'après-midi du 3 septembre. Lors de la séance de nuit, Jules Favre présente une motion prononçant la déchéance de Napoléon III. La décision est remise au lendemain. Le 4 septembre, la foule et la Garde nationale envahissent le Palais Bourbon et réclament la déchéance de la dynastie. Alors que l'impératrice Eugénie et le comte de Palikao prennent le chemin de l'exil, Jules Favre entraîne les députés de tendance républicaine à l'Hotel de Ville et instaure un gouvenement de la République. Le général Jules Trochu, gouverneur de Paris en est porté à la présidence et donne la caution de l'armée au mouvement par lequel les républicains bourgeois prennent de court les révolutionnaires extrémistes (les rouges).
Les proclamations officielles de Trochu et Favre vont dans le sens d'une résistance à outrance contre l'envahisseur. Trochu a choisi de faire rentrer dans la capitale l'armée de 40 000 hommes de Vinoy sur des considérations peut-être plus politiques que militaires. Pendant les semaines qui suivent la proclamation de la République, les troupes prussiennes et alliés continuent donc leur avancée sur le territoire sans grande opposition. Le gouvernement ayant choisi de rester dans Paris, une délégation est envoyé à Tours pour coordonner l'action en province sous les ordres de Adolphe Crémieux, ministre de la Justice, accompagné par Glais-Bizain et l'amiral Fourichon. Le 15 septembre, Adolphe Thiers est mandaté et envoyé en mission auprès des capitales européennes pour rechercher des appuis dans l'espoir, qui s'avèrera vain, de peser sur les exigences prussiennes.
A partir du 15 septembre, on signale un peu partout la présence des uhlans autour de Paris. Dès le 19 septembre l'encerclement de Paris et des forts extérieurs est terminé. Les armées ennemies se tiennent à distance dans un rayon de 10 à 12 kilomètres et s'étirent en un long cordon d'une centaine de kilomètres.
Alors que Jules Favre a demandé une entrevue avec Otto von Bismarck, entrevue qui se déroule le 19 et 20 septembre à Ferrières, Ducrot convainc un Trochu sceptique de reprendre la redoute de Châtillon aux prussiens. Les moyens engagés sont insuffisant et Ducrot doit se replier dans l'après-midi du 19 sur l'ordre formel de Trochu. Ce double évènement montre déjà une certaine duplicité de la part du gouvernement.
Bismarck et Moltke ont décidé d'éviter d'exposer leurs troupes dans un combat de rues. Ils comptent sur la lassitude et la faim pour obtenir la capitulation de Paris. Ils se contentent donc de repousser toutes tentatives de percées.
Le commandement allemand s’est installé à Versailles (ville choisie par Thiers pour faire siéger le futur gouvernement de février 1871) ; Paris est dès lors le pôle tactique, stratégique et symbolique de la guerre. Dans un rayon de 10 kilomètres autour de la capitale, les Allemands installent leurs cantonnements mais prudemment, ils ne lancent pas l’attaque attendue par les Parisiens. Manipulés par les Prussiens et démoralisés par l’inaction, les Parisiens ne tentent que quelques sorties contre les Prussiens qui se soldent par des échecs et de lourdes pertes humaines (Malmaison, Chevilly, le Bourget en octobre, Champigny en novembre, Buzenval en janvier). À Paris, la garnison comprend des troupes de métier bien exercées mais surtout des troupes levées à la hâte parmi les Parisiens.
Coupée du reste du pays, la capitale va rapidement subir la rigueur exceptionnelle d’un hiver que les bombardements allemands agravent dès janvier 1871. Le rationnement des denrées est organisé avec retard, les queues s’allongent devant les commerces de bouche littéralement pris d’assaut. Les prix de la viande, des conserves, du pain et des denrées alimentaires flambent. On mange même du chat, du chien, des rats. Dans les restaurants de luxe, on sert de l’antilope, du chameau, de l’éléphant (les animaux du Jardin des plantes sont sacrifiés). Ces privations affectent surtout les classes populaires, déjà réduites à la misère par l’arrêt des activités économiques. Le taux de mortalité double en quelques mois. Les clubs révolutionnaires se multiplient où l’on débat de la patrie en danger et où l’on fait revivre le souvenir de 1789-1793. Le 31 octobre et le 22 janvier de grandes manifestations éclatent demandant la Commune et la sortie en masse. Ces manifestations sont réprimés.
On a utilisé, pour communiquer avec l'extérieur de la ville, des boules de Moulins (du nom de la ville de Moulins située loin des combats par où transitait ce type de courrier) où l'on mettait des lettres qui sortaient de Paris en suivant le courant de la Seine (peu d'entres elles sont arrivées, on en a encore retrouvé dans les années 1980) et des ballons de baudruche, auxquels on accrochait des messages, appelés de Gravilliers du nom de cette rue du 3ème arrondissement d'où ils partaient.
Mais le moyen qui se révéla le plus sûr et le moins couteux fut l'utilisation de pigeons-voyageurs. Les microfilms sur pllicule de collodion pouvaient comporter 40 000 messages. Les allemands firent venir d'Allemagne des faucons pour combattre ces messagers volants.
Le transport des personnes s'effectura au moyen de ballons. Le premier à décoller fut le Neptune le 24 septembre. Ils étaient rempli de gaz d'éclairage, hautement inflammables. Certains arrivèrent en Norvège, en Allemagne ou tombèrent dans l'Atlantique, mais la plupart attérirent en province. Pendant le siège, 65 mongolfières transportèrent 164 passagers, 381 pigeons, 5 chiens et environ 2 millions de lettres. C'est le 7 octobre à 11 h que Léon Gambetta s'envola sur l'Armand Barbès. Il atterrit à 3 h de l'après-midi dans le bois de Favières (Oise), rejoint la délégation de Tours le 9 octobre par Montdidier et Rouen. Investit des pouvoirs du ministère de la guerre et de l'intérieur, il va y déployer une énergie peu commune à organiser les armées de province.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Patrick R. Nastro - dans NAPOLEON III ET LA GUERRE
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Patrick R. Nastro
  • Le blog de Patrick R. Nastro
  • : Bienvenue au pays de Napoleon et de ses contemporains, vous apprendrez surement bien des choses interressantes sur les empereurs Napoléon Ier et Napoléon III et sur la famille Bonaparte, de ce qu'il reste de ces empires Français au XXIème siècle...
  • Contact

Profil

  • Patrick R. Nastro

Recherche

Archives

Liens