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6 août 2007 1 06 /08 /août /2007 20:32

Le siège de la ville de Zaatcha à l'automne 1849 opposa les troupes françaises du général Herbillon aux troupes du cheikh Bouzian décidées, au nom de la guerre sainte, à chasser les Français.
Ceux-ci ne pouvant laisser leur crédibilité être mise en cause au risque de voir tout le pays se soulever, furent contraintes de déplacer plus de 7000 hommes afin d'enlever ce ksar fortifié et âprement défendu.
À cette époque, si Abd El-Kader s'est rendu aux forces françaises, le vent de la révolte commence à poindre. La Kabylie, toute proche au nord, qui résiste aux troupes françaises, oppose encore une résistance tenace. Les autochtones sentent le pouvoir colonial fragile et la tentation est grande de vouloir renvoyer les Français à la mer.
En mai 1849, le cheik Bou Zian, prétextant la hausse de la taxe sur les palmiers, harangue les populations. Il prétend avoir reçu un message divin pour chasser les infidèles.
Après une tentative d'enlevement de Bou Zian par un lieutenant des affaires arabes, le prédicateur proclame la guerre sainte.
Le 2e Étranger, en tournée de police entre Batna et Sétif est détourné vers Zaatcha.
Le colonel Carbuccia arrive avec ses légionnaires ainsi que le 3e bataillon d'Afrique le 16 juillet devant le ksar. Il est immédiatement attaqué et peine à repousser ses adversaires. Il décide de les poursuivre dans le village. Mais l'oasis se révèle un dédale de murets et Zaatcha, entourée d'une muraille crénelée et d'un fossé rempli d'eau leur barre la route. Il demande alors des renforts.
Le 7 octobre, le général Herbillon arrive devant l'oasis avec un corps expéditionnaire fort de 4000 hommes et du matériel de siège.
Appuyé par l'artillerie, le 2e Étranger, enlève alors un groupe de maisons au nord de la palmeraie. Mais l'occupation totale de l'oasis est toujours impossible.
Les troupes françaises tentent alors la construction d'ouvrages de siège afin de percer une brèche dans les murs du ksar. Le 20 octobre, les sapeurs donnent l'assaut appuyés et suivis par les légionnaires et le 43e régiment d'infanterie de ligne. C'est l'échec, les assaillants sont repoussés par des défenseurs bien protégés au prix de lourdes pertes.
Pendant ce temps, les troupes françaises repoussent sans cesse des colonnes de secours indigènes venues porter secours aux assiégés qui font désormais figure de héros.
Le 8 novembre, le colonel Canrobert arrive avec deux bataillons de zouaves. Le 12, arrive le 8e bataillon de chasseurs à pied, ce qui porte la garnison des assiégeants à 7000 hommes.
Mais les zouaves de Canrobert ont apporté avec eux le choléra et ce dernier fait désormais plus de mort que l'ennemi.
Le 24 novembre, les assiégés, profitant de l'effet de surprise assuré lors de la relève de la garde, effectuent une sortie. Les combattants berbères et les femmes du ksar se ruent dans les tranchées à l'arme blanche. Les chasseurs à pied, renforcés par les tirailleurs du commandant Bourbaki les repoussent dans un sanglant corps à corps.
Dans la nuit du 25 au 26 novembre, trois brèches sont ouvertes dans la muraille et le fossé partiellement comblé. A sept heure du matin, trois colonnes de 300 hommes chacune, aux ordres des colonels Canrobert, Barral et Lourmel donnent l'assaut simultanément pendant que les tirailleurs du commandant Bourbaki font diversion.
L'assaut est terrible, les ruelles sont petites, encaissées et les défenseurs, remarquablement préparés. Les combats sont terribles, mais les soldats français se rendent maîtres des terrasses puis, progressivement, prennent possession des maisons, une à une au prix de lourdes pertes.
Un massacre fut perpétré par l'Armée d'Afrique, dont le but, au-delà de la vengeance fut de décourager toutes tentatives de revoltes à venir. A propos de la sauvagerie de l’assaut final, Alfred Nettement dans son ouvrage note : « L’opiniâtreté de la défense (de Zaatcha) avait exaspéré les zouaves. Notre victoire fut déshonoré par les excès et les crimes […] Rien ne fut sacré, ni le sexe ni l’âge. Le sang, la poudre, la fureur du combat avaient produit cette terrible et homicide ivresse devant laquelle les droits sacrés de l’humanité, la sainte pitié et les notions de la morale n’existaient plus. Il y eut des enfants dont la tête fut broyée contre la muraille devant leurs mères ; des femmes qui subirent tous les outrages avant d’obtenir la mort qu’elles demandaient à grands cris comme une grâce. Les bulletins militaires insistèrent sur l’effet que produisit, dans toutes les oasis du désert, la nouvelle de la destruction de Zaatcha, bientôt répandue de proche en proche avec toute l’horreur de ces détails. […] ». in « Histoire de la conquête de l’Algérie »,op. cité, p.298-299
Bou Zian est finalement capturé par les zouaves du commandant Lavarande. Sur ordre du général Herbillon, il est exécuté et sa tête sera exposée sur la place de Biskra afin de faire taire la rumeur de son invulnérabilité et faire cesser la rébellion dans la région.
Dès le lendemain de la victoire française, les premières tribus se présentent au général Herbillon pour faire leur soumission.
Au cours de ce siège de 52 jours, l'armée d'Afrique a perdu plus de 2000 hommes dont 600 sont morts du choléra.
Tous les habitants de Zaatcha, sans exceptions, dont les femmes et les enfants, furent massacrés.

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Published by Patrick R. Nastro - dans NAPOLEON III ET LA GUERRE
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