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8 août 2007 3 08 /08 /août /2007 19:54

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Au cours de la Bataille de Somosierra, le 30 novembre 1808 une force espagnole en large infériorité numérique fut incapable d'empêcher Napoléon de prendre Madrid. Cette bataille eut lieu dans les gorges de Somosierra dans la Sierra Guadarrama au nord de Madrid, pendant la guerre d'Espagne.
Fin novembre 1808, l'écrasante puissance des Français avait débordé et détruit les deux ailes de l'armée populaire espagnole. Afin de parachever sa reconquête de l'Espagne, Napoléon s'avança sur Madrid avec 45 000 hommes de sa Grande Armée.
Afin de défendre la ville, le général Benito de San Juan rassembla une armée faite de miliciens, réservistes et différents régiments réguliers encore sous le coup des précédentes défaites, en tout à peu près 20 000 hommes. Pour couvrir les nombreuses voies d'approche de la ville, San Juan fut obligé de disperser ses forces déjà très inférieures en nombre. Sous ses ordres, 9 000 hommes furent envoyés à l'ouest pour garder le col de Guadarrama, alors que 3 500 occupaient un poste avancé à Sepúlveda, laissant seulement 9 000 hommes et 16 canons sur les hauteurs de Somosierra.
La nature du terrain et la ténacité des Espagnols travailla au début en leur faveur. Au soir du 29 novembre la brigade postée à Sepulvida repoussa une attaque française, infligeant de lourdes pertes, et échappa à l'écrasante supériorité numérique des Français dans la nuit tombante. Le matin suivant, Napoléon avança son infanterie directement vers le col, pendant que de petits détachements progressaient en se dissimulant vers les flans. Échangeant des salves de mousquet avec les défenseurs, les Français firent de lents mais sensibles progrès vers les canons ennemis.
Comme les forces espagnoles ne pouvaient être aisément prises de flanc par des mouvements d'infanterie, et que Napoléon était impatient d'en finir, il donna l'ordre à sa brigade de Chevau-légers polonais de charger les Espagnols et leur batteries d'artillerie retranchées. Cette décision dont on peut discuter le caractère impitoyable et imprudent fit l'objet d'amples controverses historiques.

Seulement quelques chevau-légers purent atteindre la dernière batterie, et les Espagnols réussirent à la reprendre. C'est alors que Napoléon saisit l'opportunité qui s'offrait à lui et engagea les autres escadrons.
La première charge fut conduite par Kozietulski, mais il perdit son cheval après avoir pris la première batterie. C'est à ce moment que le lieutenant Andrzej Niegolewski, qui était en reconnaissance avec ses hommes les rejoignit. La charge fut poursuivie sous le commandement de Dziewanowski, et quand il tomba de cheval après la prise de la troisième batterie, par Wincenty Krasiński. La charge contre la dernière batterie fut conduite par Niegolewski, qui survécut presque par miracle quand les Espagnols attaquèrent les canons et les reprirent (il reçut neuf blessures par baïonnettes et une à la tête, Niegolewski déclara qu'il avait reçu une balle à la tête, mais les documents mentionnent que c'était une blessure infligée par sabre).
La deuxième charge fut conduite par Tomasz Łubieński, qui lui aussi essaya d'en retirer toute la gloire, essayant de minimiser le rôle du troisième escadron (alors que Niegolewski essaya de montrer que ce fut lui qui prit les canons).
Les officiers français essayèrent de minimiser l'impact des charges polonaises, prétendant que tout le succès devait être attribué à l'infanterie française du général François Ruffin. Pourtant le 13e bulletin de la Grande Armée mentionne le rôle déterminant des chevau-légers polonais. On doit aussi souligner que la première charge fut capable d'emporter les quatres batteries (même si ce succès fut temporaire et que la dernière batterie fut rapidement reconquise), permettant ainsi à l'infanterie française de pousser son attaque, et que la seconde charge reprit la dernière batterie, ce qui provoqua un repli en masse de la milice irrégulière espagnole d'Andalousie et en fait la retraite de toute l'armée.
On doit noter que les artilleurs espagnols firent preuve d'une bravoure exceptionnelle et choisirent de mourir plutôt que d'abandonner leurs positions. Mais aucune relation polonaise ne mentionne un éventuel combat avec la milice espagnole. Les hommes de la milice quittèrent leurs positions en voyant combien il paraissait aisé aux Polonais de prendre les positions d'artillerie. Dans le brouillard il ne pouvaient apprécier combien les Polonais étaient peu nombreux.
Le général San Juan replia rapidement son armée sur Madrid. Bien que la victoire de Somosierra fut plus précisément le résultat d'une attaque combinée d'infanterie et de cavalerie; l'infanterie supportant le plus gros du combat; les rapports ultérieurs, y compris ceux de Napoléon, mettre uniquement l'accent sur la charge polonaise.
Les patrouilles françaises atteignirent la banlieue de Madrid le 1er décembre. San Juan tenta, sans conviction, de défendre la capitale. Le 4 décembre, un barrage d'artillerie dévastateur mit à mal la défense espagnole. San Juan capitula avec ses 2 500 soldats réguliers, les 20 000 civils enrôlés sous ses drapeaux se dispersèrent. Les Français entrèrent à Madrid pour la deuxième fois cette année-là.
Selon de nombreux mémoires rédigés par des vétérans de la bataille, Kozietulski conduisit la charge en lançant le cri officiel "Vive l'Empereur". Cependant, une légende populaire prétend que le véritable cri de bataille était en polonais Naprzód psiekrwie, Cesarz patrzy- En avant fils de chiens, l'Empereur vous regarde!

 

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Published by Patrick R. Nastro - dans LES BATAILLES NAPOLEONIENNES
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