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8 août 2007 3 08 /08 /août /2007 20:05

La bataille de Fuentes de Oñoro oppose le maréchal Masséna, duc de Rivoli et prince d'Essling, au lieutenant général Arthur Wellesley, vicomte Wellington, du 3 au 5 mai 1811 près de la frontière lusitano-espagnole.
Au printemps 1810, Napoléon charge le maréchal Masséna, à la tête de l'armée du Portugal, de chasser les troupes alliées d'Arthur Wellesley. L'attaque est lancée par le Nord et la progression française est difficile. Une sanglante bataille est livrée à Buçaco, le 27 septembre. Si Masséna peut poursuivre son avance, ses pertes sont en revanche extrêmement sérieuses. Le 11 octobre, au Nord de Lisbonne, l'armée impériale, doit faire face à un vaste ensemble d'ouvrages fortifiés. Construit dans le plus grand secret, cet ensemble reçoit le nom de "Lignes de Torres Vedras". Côté Français, comme l'atteste les Mémoires du général baron de Marbot, alors aide de camp près le maréchal Masséna la surprise est totale. Ne disposant pas de moyens suffisants en artillerie et en génie pour emporter des positions à première vue si formidables, le prince d'Essling fait camper son armée face à celle de Wellesley.
La situation s'enlise rapidement pour les Français. Les lignes de communication sont dramatiquement étendues et la région est rapidement pillée. Les troupes de Masséna subissent donc une forte attrition, à peine compensée par l'arrivée de renforts, le 26 décembre. Finalement, au printemps 1811, face à une situation totalement bloquée, le prince d'Essling ordonne la retraite sur l'Espagne.
Celle-ci s'effectue en bon ordre. L'arrière garde est assurée avec beaucoup de brio par le maréchal Ney, qui remporte en cette occasion quelques succès face aux troupes alliées qui ont entrepris de suivre l'armée du Portugal. Ney est cependant relevé de son commandement suite à sa mésentente persistante avec Masséna.
Wellesley investit alors la place d'Almeida. Située Nord du Portugal, elle est un point de passage obligé vers l'Espagne. Une gigantesque explosion l'a partiellement ruinée au printemps précédent, lors de l'invasion française. Une garnison, forte de 1 300 hommes aux ordres du général Brenier, l'occupe. Masséna décide alors d'un retour offensif pour dégager la place et en évacuer la garnison.
Le maréchal Masséna dispose d'environ 45 000 hommes, dont 2 000 cavaliers auxquels il convient d'ajouter 1 600 cavaliers sous les ordres directs du maréchal Bessières, commandant en chef de l'armée du Nord, venus en renfort. Parmi eux se trouve un régiment de marche de la cavalerie de la Garde impériale aux ordres du général Lepic. Enfin l'armée dispose de 38 canons.
Wellesley pour sa part peut compter sur environ 34 000 Anglo-Portugais, dont 1 500 cavaliers, sans compter les troupes assurant le blocus de la place d'Almeida. Les 2/3 de ses hommes sont des soldats de sa Majesté britannique. Son artillerie est forte de 48 pièces.
Sauf dans le domaine de l'artillerie, les Français disposent donc d'une très nette supériorité sur leur adversaire.
L'action s'étale sur trois jours. Le 3 mai, Masséna lance la division Ferey sur le village de Fuentes de Oñoro. Le village est âprement disputé mais une contre attaque repousse les Français à l'entrée du village. Au cours de l'action, un bataillon hanovrien, servant dans la division Ferey, vêtu de rouge, est confondu avec l'ennemi et se trouve victime d'un feu ami.
La journée du 4 voit les troupes des deux armées renforcer leurs positions autour du village et échanger des coups de feu. La cavalerie française mène de nombreuses reconnaissances. Au cours de l'une d'elle, le général Montbrun s'aperçoit que le flanc droit de Wellesley est relativement dégarni. Il fait immédiatement part de cette information à Masséna. Celui-ci décide alors de réaliser pour le lendemain, une vaste attaque de ce côté. Les dispositions sont promptement arrêtées : 17 000 fantassins et 3 500 cavaliers (dont ceux de la Garde) effectueront le mouvement tournant, tandis que 14 000 hommes fixeront l'attention de Wellesley en attaquant Fuentes de Oñoro de front.
Une partie du mouvement est réalisé dans le nuit du 4 au 5 mai. A l'aube, le brouillard facilite encore le mouvement français. L'attaque prend, dans un premier temps, les Anglo-portugais au dépourvu. Montbrun effectue plusieurs charges brillantes qui sèment la confusion. Sous la pression, les troupes de Wellesley plient, mais ne rompent pas. Fuentes de Oñoro est vaillamment défendu et le repli se fait pied à pied en se servant du village comme point d'appui. Finalement une solide ligne de défense est établie. C'est à ce moment que Montbrun, voulant réaliser un ultime effort, ordonne à Lepic de charger. Celui-ci refuse, arguant du fait qu'il ne peut recevoir d'ordre que du maréchal Bessières en personne. Or celui-ci demeure introuvable. La bataille perd alors en intensité et s'achève sans autres évènements majeurs.
Les Français perdent environ 2 000 hommes tués ou blessés, les Alliés 1 500. Cette bataille est remarquable par la tentative de manœuvre de Masséna. Tirant les leçons de son échec de la bataille de Buçaco, il cherche à tourner la position de Wellesley plutôt que de lancer une attaque frontale quasi suicidaire face à la discipline au feu des Anglais. Il n'est pas passé très loin du succès mais doit cependant se replier. Il fait parvenir par trois messagers l'ordre à Brenier de se retirer. La place d'Almeida est évacuée dans la nuit du 10 au 11 mai et la garnison rejoint l'armée française au nez et à la barbe des Britanniques.
Le 11 mai, Masséna entre en Espagne il est alors rejoint par le maréchal Marmont qui le relève officiellement de son commandement. Il s'exile alors sur ses terres et ne recevra plus jamais le commandement d'une armée sur un champ de bataille.
L'épisode de Bessières, introuvable sur le champ de bataille est à mettre en parallèle avec celui de Ney. En Espagne, loin de l'œil du maître, resté à Paris, les maréchaux vont souvent se déchirer. Peu désireux de collaborer entre eux, jaloux de leur autorité respective, les opérations militaires vont considérablement souffrir de cet état de fait. L'intervention de la cavalerie de Lepic aurait pu changer l'issue du combat. Mais Bessières ne voulait pas qu'une éventuelle victoire fasse retomber tous les honneurs sur Masséna.
L'anecdote sur la légion hanovrienne illustre les conditions de la pratique de la guerre à cette époque. Les champs de bataille étaient en effet couvert d'une épaisse fumée due à l'utilisation d'armes à poudre noire. L'identification des unités devenaient alors difficile, voire impossible, et de telles confusions n'étaient pas rare.

 

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Published by Patrick R. Nastro - dans LES BATAILLES NAPOLEONIENNES
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