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8 août 2007 3 08 /08 /août /2007 20:08

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Au cours de la Bataille de Badajoz l'armée anglo-portugaise sous les ordres de Wellington assiégea Badajoz en Espagne et força la garnison a effectuer sa reddition. Le siège fut l'un des plus sanglants des guerres napoléoniennes et fut considéré comme une victoire coûteuse par les Britanniques, avec quelques 3 000 soldats alliés tués en quelques heures de combat intense vers la fin du siège.
Après avoir au cours de sièges précédents pris les villes frontières d'Almeida et de Ciudad Rodrigo, l'armée anglo-portugaise fit mouvement sur Badajoz afin de prendre la ville et de sécuriser les lignes de communication avec Lisbonne, la base principale d'opérations pour l'armée alliée. Badajoz avait une garnison d'environ 5 000 hommes sous le commandement du général Armand Philippon, le gouverneur militaire de la ville, et possédait des fortifications bien plus redoutables qu'Almeida ou Ciudad Rodrigo. Avec un forte muraille couverte par de nombreux points fortifiés et bastions, Badajoz avait déjà fait face avec succès à deux tentatives de sièges et était bien préparée pour une troisième tentative, avec ses murailles renforcées et une partie de la zone autour de l'enceinte qui avait été inondée ou minée avec des explosifs.
L'armée alliée, forte de 25 000 hommes, surpassait en nombre la garnison française dans le rapport de cinq à un et après avoir encerclé la ville, le siège commença par le creusement des tranchées, des parallèles et des terrassements destinés à protéger l'artillerie de siège. Ce travail fut rendu difficile par des pluies torrentielles et prolongées. Pendant que les alliés procédaient aux terrassements, les Français effectuèrent plusieurs raids afin de détruire les lignes d'approche vers la muraille, mais furent chaque fois repoussés par les tireurs d'élite britanniques et l'infanterie de ligne.
Avec l'arrivée de mortiers lourds de 18 et 24 livres, les alliés commencèrent un bombardement intense des défenses de la ville, pendant que l'un des bastions avancée fut pris par les tuniques rouges de la 3e division du général Thomas Picton. Cette prise permit d'élargir les terrassements de siège et bientôt les tranchées rampèrent vers les hauts murs de pierre pendant que les canons continuaient à pilonner la maçonnerie de la muraille. Le 5 avril deux brèches avaient et faites dans la muraille et les soldats se préparèrent pour donner l'assaut à Badajoz. L'ordre d'attaquer fut différé de 24 heures pour permettre d'ouvrir une troisième brèche. Des nouvelles commençaient à circuler chez les alliés selon lesquelles le maréchal Soult était en route pour porter secours à la ville et l'ordre de lancer l'attaque fut donné à 22 heures le 6 avril.
La garnison française savait à quoi s'attendre, mina les larges brèches dans les murs et se prépara pour un assaut immédiat.
Avec trois larges ouvertures dans la muraille et le maréchal Soult qui venait au secours de la ville, Wellington ordonna de donner l'assaut à la ville à 22 heures le 6 avril et les troupes s'avancèrent avec des échelles d'assaut et différents outils. Les premiers hommes à donner l'assaut étaient ceux du Forlorn Hope qui allaient précéder l'attaque principale menée par la 4e division et la division d'infanterie légère de Craufurd, pendant que les attaques de diversion seraient faites au nord et à l'est par les Portugais et les Britanniques de la 5e division de Picton et la 3e division.
Juste au moment où le Forlorn Hope allait lancer son attaque, une sentinelle française fut alertée et donna l'alarme. En quelques secondes les remparts s'emplirent de soldats français, qui déversèrent une grêle mortelle de mousquèterie sur les troupes à la base de la brèche. Les Britanniques et le Portugais foncèrent en avant en masse et escaladèrent la brèche, faisant face à un barrage meurtrier de tir de mousquets, complété par des grenades, des pierres, des barils de poudre à canon avec des mèches rudimentaires et même des balles de foins enflammées.
Ce furieux barrage dévasta les rangs britanniques et la brèche commença bientôt à s'emplir de morts et de blessés, à travers lesquels les troupes d'assaut devaient se frayer un passage. Malgré le carnage, les tuniques rouges continuèrent bravement à pousser en avant en grand nombre, avec pour seul résultat d'être fauchés par les volées de mousquets et la mitraille. En seulement deux heures, quelques 2 000 hommes avaient été tués ou grièvement blessés à la brèche principale, alors que de nombreux autres hommes de la 3e division étaient abattus dans les attaques de diversion. Le général Picton lui-même fut blessé alors qu'il escaladait une échelle afin d'atteindre le haut de la muraille. Partout où les alliés attaquaient, les soldats étaient immobilisés et le carnage était si immense que Wellington était sur le point de rappeler ses troupes quand finalement elles prirent pied sur le sommet de la muraille.
La 3e division de Picton finit à atteindre le sommet du mur et simultanément à faire sa jonction avec les hommes de la 5e division, qui eux aussi progressaient vers l'intérieur de la ville. A partir du moment où ils avaient réussi à prendre pied dans la ville, les alliés avaient l'avantage de leur supériorité numérique et commencèrent à repousser les Français. Voyant qu'il ne pouvait plus tenir, le général Philippon se retira de Badajoz vers la forteresse voisine de San Cristobal; cependant il capitula peu de temps après que la ville ne fut tombée.
Avec la victoire, vint le pillage en masse et le désordre quand les tuniques rouges se mirent à boire et il fallut 72 heures avant que l'ordre ne soit complètement restauré. Le sac de Badajoz, acte de sauvagerie gratuite, a été retenu par de nombreux historiens comme un exemple de conduite particulièrement atroce de la part de l'armée Britannique, on entra par effraction dans de nombreuses maisons, les biens furent vandalisés ou volés, des citoyens espagnols de tous ages et de tous bords furent tués ou violés, et de nombreux officiers britanniques furent abattus par les hommes qu'ils essayaient de ramener à l'ordre. Parmi les civils qui réussirent à survivre, se trouvaient Juana de los Dolores de Leon, future épouse du général Harry Smith et sa sœur.

A l'aube du 7 avril, on put mesurer l'horreur du massacre tout autour de la muraille. Les corps étaient empilés sur plusieurs épaisseurs et le sang avait coulé par ruisseaux entiers dans les tranchées. Quand il vit la destruction et le massacre, Wellington pleura amèrement et maudit le Parlement Britannique pour lui avoir accordé si peu de ressources et de soldats. L'assaut et les engagements précédents avaient coûté aux alliés quelques 4.800 hommes hors de combat. La division d'élite, La Division Légère avait durement souffert, perdant 40% de ses effectifs. Pourtant, le siège était terminé et Wellington avait sécurisé la frontière entre l'Espagne et le Portugal et pouvait maintenant marcher contre le Maréchal Marmont à Salamanque.

 

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Published by Patrick R. Nastro - dans LES BATAILLES NAPOLEONIENNES
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