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10 août 2007 5 10 /08 /août /2007 10:36

La bataille de Dijon fut combattue dans le contexte de la guerre franco-allemande de 1870, commencée le 19 juillet, comporta une succession rapide de défaites françaises : l’évacuation du nord de l’Alsace (défaite française de Wissembourg et Froeschwiller), le défaite de Metz (bataille de Gravelotte), la défaite de l’empereur Napoléon III à la bataille de Sedan, sa capitulation de 2 Septembre. Les armées germaniques envahiront tout l’Est de la France et s’ouvriront la route pour Paris. La République est proclamée le 4 Septembre et le gouvernement provisoire décide, sous l’impulsion de Léon Gambetta chargé de la défense nationale, la poursuite de la guerre.

Première bataille de Dijon:
Dés la début du siège de Paris (19 septembre 1870 - 20 janvier 1871) la stratégie française se concentra sur des actions d'harcèlement sur les troupes prussiennes établies dans l'est du Pays, pour réduire la pression sur la capitale (28 septembre capitulation de Strasbourg, 23 octobre capitulation et fin du siège de Metz).
Les troupes encore disponibles là bas, appuyées de comités de défense locale levés suite aux défaites de l'été, furent invitées à entamer une "guerre de partisans". Ainsi naquirent les corps des "francs tireurs", corps de volontaires d'entité variable, qui aurait constitué, ensemble aux garibaldiens italiens, le nerf de l'armée de Garibaldi, en peu de mois. Leur coordination avec le restant des troupes régulières, résulta pas du tout aisée et dès le 11 septembre le gouvernement chercha à les intégrer dans les rangs des réguliers, avec quelques déboires.
La bataille du 30 octobre est l’expression même des difficultés à appliquer une stratégie et de la profonde désorganisation des Forces Armées françaises. Après la capitulation de Sedan et pendant qu'ils assiégeaient Paris, les Prussiens consolidèrent les conquêtes à l’Est. Le 17 Octobre les troupes du général Werder occupèrent Luxeuil et Vesoul. Le 26 Gray. Le 27, avancèrent sur Dijon. les troupes du général français Fauconnet, se virent forcées à renoncer à défendre la ville et à se replier sur Beaune. Le 29 le préfet et le maire de la ville, sous la pression de la population, réclama le retour des troupes. Pendant que les volontaires locaux engageaient le combat contre deux brigades du Baden, avant-garde de l'armée prussienne. Les combats continuèrent toute la journée suivante sur les hauteurs de Montmusard et dans les périphérie Est de la ville. Par manque d'appui de le part des troupes de Beaune, la ville fut occupée.

Seconde bataille de Dijon:
Entre temps Giuseppe Garibaldi arriva à Marseille le 7 octobre, pour porter son aide à la République qui avait substitué Napoléon III, dont les armées avaient battu Garibaldi à Rome en 1849 et à la bataille de Mentana en 1867. A mi-octobre le général est chargé par le Gouvernement Provisoire d’organiser une armée dans l'est de les France (il est à Dole le 13 octobre). Il s’agit d'une mission semblable à celle menée entre les lacs lombards en 1848 et 1859, et aux opérations dans le Trentin en 1866 : agir dans une zone d'opérations secondaire mais avec un rôle stratégique non négligeable.
Les armée était composée de gardes nationaux (Alpes maritimes et de Savoie), corps-francs (Est et Sud-est de les France), volontaires étrangers (polonais, hongrois, espagnols, américains et, surtout, italiens) : initialement moins de 4.000 effectifs. Il était assisté de ses fils Menotti et Ricciotti, de son gendre Canzio et Joseph Bordone, un avignonnais d'origine italienne qui avait suivi Garibaldi dans l'expédition dans les deux Siciles et qui fut pour l'occasion promu générale et chef d'état majeur.
À partir du mois suivant Garibaldi installa son propre quartier général à Autun, et entama les attaques sur l'armée germanique, perturbant les lignes logistiques de Strasbourg à Paris, avec quelque succès à partir du choc victorieux de Châtillon-sur-Seine (14 novembre), lorsque Ricciotti Garibaldi fit 200 prisonniers avec les convois d'armes et munitions. Le 26 novembre échoua une tentative d'investir Dijon, occupé par les Prussiens.
Le18 décembre a lieu la bataille dans la plaine, aux pieds du bourg de Nuits-Saint-Georges (18 décembre), lorsque les allemands accrochèrent les volontaires qui leur barraient la route vers le sud. Après une journée de combat les corps-francs battirent en retraite : environ 1.200 les prisonniers français, 97 officiers allemands abattus, un prince de Baden blessé, quelque centaine les pertes globales. Les prussiens achevaient les fuyards sur les routes du bourg, sauf les survivants mis à l’abri par la population, qui les revêtait de vêtements civils. Les vainqueurs pillèrent l'hôpital, les boutiques, les auberges, incendièrent, passèrent au crible la ville maison par maison.

Troisième bataille de Dijon
:
Le 14 janvier Garibaldi s'installa à Dijon, évacué par les prussiens le 17 décembre, informés de l'arrivée vers le nord de troupes régulières françaises menées par le général Charles Denis Bourbaki (déjà commandant de la garde impériale de Napoléon III aux malchanceuses batailles de l'armée du Rhin).
Bourbaki tentait une ambitieuse opération pour libérer Paris en prenant à revers les troupes ennemies, à travers un vaste mouvement stratégique de Bourges à l’Alsace en passant par Belfort. Cette tentative désespérée suivait les deux précédentes menées par l'armée de la Loire et l'armée du Nord. Garibaldi mena alors de Dijon une série d'initiatives d'accompagnement de l'offensive principale.
Entre temps la situation se précipitait. L'armée de Paris échouait dans ses efforts, pendant que la retraite de Bourbaki vers Besançon était interrompue par les allemands du Manteuffel et poussée vers la frontière suisse à Verrières-de-Joux le 31 janvier, cassés et affamés. Les 84.000 encore en armes sur les 150.000 partis, furent désarmés et internés dans la Confédération.
Suite à la retraite de l'armée principale Bourbaki, Garibaldi réduisit son action à la défense de Dijon et des "portes de Bourgogne", qu'ils empêchaient à l'ennemi l'avancé vers sud. Le 21-22-23 janvier la ville fut attaqué par 4.000 prussiens : Garibaldi sortit victorieux et en obtint la satisfaction de la capture des enseignes du 61° régiment Poméranie.

Le Gouvernement Provisoire entama les entretiens pour l'armistice, signé le 29 janvier. L'armistice exclût le département de Dijon (Côte D’or), les prussiens voulant ainsi humilier Garibaldi et les corps de volontaires.
Dijon resta occupée par l'armée allemande, devenue impériale à partir du 18 janvier 1871, pour environ huit mois et reçut la Légion d'honneur pour sa résistance le 30 octobre 1870.
Le 8 Mars 1871 Victor Hugo célébra ainsi l'aventure dijonnaise devant l'Assemblée Nationale :
de toutes les puissances d'Europe aucune ne s’est levée pour défendre cette France qui, tant de fois, avait fait sienne la cause de l'Europe... pas un roi, pas un état, personne... un homme est intervenu... le seul des généraux français qui... n'ait pas été vaincu
Et annonça sa démission de l'Assemblée.

 

 

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Published by Patrick R. Nastro - dans NAPOLEON III ET LA GUERRE
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