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8 août 2007 3 08 /08 /août /2007 19:47

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La bataille de Bailén est une série d’affrontements entre l’armée régulière espagnole, en liaison avec la guérilla, commandée par le général Castaños, et l’armée française commandée par le général Pierre Dupont de l'Étang, entre le 18 et le 22 juillet 1808, lors de la guerre d'indépendance espagnole. C'est une victoire décisive des Espagnols, et le premier échec important des armées napoléoniennes.
En avril, 1808 l’Empereur dépose le roi Charles IV et le remplace le 7 juillet par son frère Joseph (Joseph Ier). Le soulèvement du Dos de Mayo (soulèvement du 2 mai) ensanglante Madrid, marquant le début de la guerre d'indépendance.
Alors que la plus grande partie de l’Espagne est en révolte ouverte, le général Dupont est envoyé prendre la ville de Cadix.  La flotte française est au voisinage, sous le commandement de l’amiral François Rosily. Le IIe corps d’observation, dirigé par Gironda, compte environ 15 000 hommes, dont une majorité de recrues. Ils sont regroupés en trois divisions d’infanterie, placées sous les ordres des généraux Vedel, Barbou, et Gobert, ainsi qu’une division de cavalerie commandée par Fresia.
Le 24 mai, une des divisions d’infanterie et des éléments de cavalerie (au total 6 000 Français et 2 500 Suisses) sont battus à Tolède. Le 6 juin, le colonel Echavarri est battu, à la tête de guérilléros, par Alcolea. Le 7 juin, les Français prennent Cordoue et la mettent à sac pendant quatre jours. Ils quittent la ville le 16 juin. La veille, la flotte française à Cadix s’est rendue.
Face à l’insurrection victorieuse en Andalousie, Dupont décide de faire retraite vers la Sierra Morena, où il compte s’appuyer sur les renforts venus de Madrid. La retraite française est retardée par les de 500 charriots provenant du pillage de Cordoue, et à cause de la chaleur.
Le 18 juin, un camp est établi à Andujar, le reste de l’armée continue la route, et Dupont envoie une demande de soutien à Madrid. Le 15 juin, le général Vedel a quitté Tolède, avec 5 000 fantassins, 450 cavaliers et 10 canons. Le 26 juin, il défait quelques milliers de guérilléros au Paso de Despeñaperros. Il laisse un bataillon pour défendre la passe, et rejoint l’armée de Dupont avec le reste de ses forces.
Le 2 juillet, Gobert quitte Madrid avec Savary, pour rallier Dupont. Seule une brigade le rejoint, le reste devant être laissé en chemin pour protéger la retraite.
Après la réunion de ces troupes, Dupont divise ses forces en trois groupes : Gobert est à La Carolina, Vedel à Bailén et Dupont lui-même occupe Andújar.
Le général Castaños rassemble une armée de 33 000 hommes, parmi lesquels quelques régiments réguliers de Séville, un régiment de Suisses, et des formations de milice provinciales et de paysans. Au total, ses forces sont plus nombreuses que celles de Dupont. Celui-ci, informé, demande à Vedel de le rejoindre à Andújar. Quand Vedel quitte Bailén, une armée espagnole commandée par Théodore Reding prend la ville et la défend victorieusement contre la brigade de Gobert, qui est tué durant l’assaut. Sa brigade fait retraite sur La Carolina. En l’apprenant, Dupont ordonne à Vedel de reprendre la ville. Il y réussit, puis la quitte pour prendre position.
Le soir du 18 juillet, profitant de l'obscurité, Dupont quitte Andújar. Le 19, vers 2h00, les Espagnols affrontent l’arrière-garde française, lui infligeant de lourdes pertes. Vers 4h00 les combats commencent réellement. À 12h300 Dupont à la tête de ses hommes charge désespérément. La chaleur est intense, les hommes ont soif. Espérant sans doute recevoir l'aide de Vedel, Dupont demande une suspension des combats, qui est accepté par Reding.
Dès le matin, Vedel au bruit de la canonnade, s'est mis en route. Quand il arrive dans l'après midi aux abords du champ de bataille, c'est pour trouver les belligérants au repos. Entretemps, l’arrivée de Castaños a décidé Dupont à demander une trêve. Une estafette rapporte à Vedel l'ordre de ne plus bouger. Dupont qui a chargé le général Chabert de négocier les conditions d'une reddition, espère pouvoir quitter librement le champ de bataille avec armes et butin. Mais les Espagnols interceptent une dépêche du général Savary commandant à Dupont de regagner Madrid au plus vite. Le général Marescot a remplacé Chabert dans les négociations, mais il n'est plus question de permettre aux troupes de Dupont d'aller grossir l'armée française pour faire face à l'armées espagole des généraux Cuesta et Blake.
La position des Français est devenue critiques car au bruit de la victoire, la population hostile accourt de toutes parts et grossit les rangs espagnols. Chez les officiers français on hésite à attaquer de nouveaux et a profiter de la surprise pour prendre la fuite et rejoindre Vedel. Des ordres contradictoires sont donnés. Vedel se croit libre de se mettre en sureté et profitant de la nuit fait retraite en conséquence vers les montagnes. Les généraux espagnols l'accusent de rompre les négociations et menacent de massacrer ses soldats s’ils ne se rendent pas immédiatement. À contre-cœur Vedel se soumet.
Le 22 juillet, le IIe corps d’observation capitule. Dupont et ses soldats sont transportés par navires anglais dans le port de Rochefort. À part les officiers, tous les hommes sont placés sur des pontons (des navires transformés en prisons), dans des conditions infernales, et très peu d’entre eux survécurent jusqu'en 1814.
Les maréchaux Moncey et Bessières font retraite sur l’Èbre, où ils établissent des positions défensives.
Si parmi les Espagnols, ils sont nombreux a expliquer cette capitulation par le désir des Français de ne pas perdre leur immense butin, la victoire espagnole démontre que l’armée française n’est pas invincible, ce qui persuade les Autrichiens de repartir en guerre contre la France.
Dupont revient en France où il est emprisonné au fort de Joux. En 1814, il est fait ministre de la guerre par Louis XVIII.
La junte de Séville a créé une médaille en commémoration de la bataille de Bailén.


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8 août 2007 3 08 /08 /août /2007 19:45

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La Bataille de Medina del Rio Seco fut disputée pendant la guerre d'Espagne le 14 juillet 1808 et aboutit à la défaite écrasante de la seule armée espagnole capable de défendre la Vieille-Castille contre les Français.
Les récentes opérations françaises dans la région avaient sont bien loin des attentes de Napoléon. En juin, la colonne avancée de Jean-Baptiste Bessières tente de marcher sur Santander afin de sécuriser les communications françaises et garder la côte d'un possible débarquement britannique. Accablé par une résistance massive de la région, Bessières est forcé de tourner les talons.
Napoléon engage alors encore plus de troupes et formule une nouvelle stratégie. En juillet il ordonne à Bessières de renouveler son offensive à l'Est. En face des Français se trouve le général Joaquín Blake y Joyes, qui dans un partenariat difficile avec le Général Cuesta, rassemble une armée hétéroclite de recrues, miliciens et soldats réguliers en provenance de garnisons provinciales isolées. À eux deux les généraux espagnols commandent environ 24 000 hommes. Cette force prend position sur une faible élévation près de Medina del Rio Seco.
Le 14 juillet des éléments des deux divisions de l'armée de Bessières donnent l'assaut à la crête. La plupart des Espagnols combattent avec une volonté inflexible, infligeant aux Français des pertes de plus de 1 000 hommes, mais la fragile armée de Blake est finalement brisée par les assauts déterminés de l'ennemi et est mise en déroute vers l'ouest. Si quelque blâme doit être porté dans cette défaite, ce ne peut être que par Cuesta, qui pour des raisons absolument pas claires refuse de déployer ses 6 500 hommes.
A la suite de Medina del Rio Seco, Bessières capture aisément Léon et Zamora. Les Français se rendent coupables de sauvages représailles contre les prisonniers aussi bien qu'envers la populace des villes voisines, qui ironie du sort, étaient parmi les très rares villes à n'avoir pas été emportées par des soulèvements populaires.
La victoire de Bessières apporta une grande amélioration à la position stratégique de l'armée française dans le nord de l'Espagne. Enchanté, Napoléon affirmera: « Si le maréchal Bessières a été capable de battre l'Armée de Galice avec si peu de pertes et peu d'efforts, le général Dupont sera capable de renverser n'importe qui il pourrait rencontrer »

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8 août 2007 3 08 /08 /août /2007 19:44

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Le siège de Saragosse, durant la campagne d’Espagne, dure de juin 1808 à août 1809, et se conclut par la levée du siège par les Français.
François Louis Dedon-Duclos est désigné en 1809, pour prendre le commandement en chef de l'artillerie du siège de Saragosse et de l'armée d'Aragon.
Il avait réuni un équipage de soixante bouches à feu et fait construire sur le haut Ebre un pont de bateaux destiné à faire communiquer entre eux les différents quartiers de l'armée. Le siège avait commencé vers la fin de juin. Après une première attaque qui fut repoussée, il y eut une sorte d'interruption causée par l'insuffisance des troupes.
Le 11 juillet les Français passèrent l'Èbre, grâce aux travaux exécutés par le général Dedon. La ville put être entièrement investie à la fin de juillet. Dedon établit sept batteries contre le couvent de Santa-Engracia menaçant le front entre ce couvent et la porte del Carmen et en flanc le couvent des Capucins.
Le 1er août, le bombardement et un feu effroyable commencèrent. Ce feu dura jusqu'au 11. Des brèches étant ouvertes partout et l'assaut général commença. Après deux attaques repoussées, les assiégeants pénétrèrent dans Saragosse. Partagés en trois colonnes, ils éprouvèrent des pertes considérables et furent contraints de revenir à leur point de départ.
Le 7 août les Espagnols reçurent un renfort de 3 000 hommes et des munitions. Pendant huit jours le plus affreux combat se prolongea de rue en rue. Les Français n'occupaient plus qu'un huitième de la ville. Les femmes espagnoles rivalisaient de patriotisme et de dévouement avec les hommes. On cite entre autres une femme du peuple nommée Augustina, la comtesse Zurita, jeune femme, belle et délicate, que l'on vit partout au milieu du feu le plus terrible, des bombes, des obus et de la mousquèterie.
Le 14 août le général Verdier, commandant les opérations de siège, fit rétrograder les troupes, les événements qui suivirent la bataille de Baylen l'appelant sur un autre point.
Mais quatre mois plus tard, les maréchaux Moncey et Mortier entamaient le second Siège de Saragosse.

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6 août 2007 1 06 /08 /août /2007 20:33

Le siège du fort de Médine eut lieu en 1857 au Mali entre les troupes françaises commandées par le général Faidherbe, gouverneur du Sénégal et les guerriers toucouleurs d'El Hadj Oumar Tall.
Poussée par la rivalité de son puissant voisin le Royaume-Uni, la France avait l'ambition de créer un empire colonial dans l'ouest de l'Afrique. Une première tranche de crédit pour la ligne de chemin de fer du Dakar-Niger qui formera la colonne vertébrale avait été votée l'année précédente par le pouvoir législatif.
L'armée et ses tirailleurs avaient déjà fait une partie du travail : forçant son chemin vers l'est, elle avait réussi à établir une série de forts, ainsi qu'une ligne télégraphique, acheminant troupes et canons par les fleuves, sur des navires à vapeur apportés en pièces détachées au début des voies navigables.
L'armée toucouleure comptait de 20 000 à 25 000 hommes armés de fusils et elle fit le siège du fort de Médine, le plus avancé. Le siège dura 97 jours, durant lesquels, à chaque assaut, les assiégeants laissèrent des centaines de cadavres au pied du mur du fort. Rapidement, les monceaux de corps en putréfaction empestèrent la garnison. Le 18 juillet 1857, les militaires et les quelques 7 000 habitants du village allié relié au fort n'eurent plus rien à manger. Le commandant, le sergent Desplat, à court de munitions, prépara des grenades pour se faire sauter « quand il verrait l'ennemi dans la place ».
C'est alors que surgit Faidherbe lui-même, à bord d'un bateau à vapeur transportant « 500 combattants, dont 100 Blancs ». À quelques kilomètres, le navire fut bloqué par des hauts-fonds. Faidherbe clama : « Le devoir est de périr ou de sauver Médine. » On « surchargea les soupapes de sûreté et on poussa les feux ».
Le bateau s'arracha. La garnison fut sauvée.

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6 août 2007 1 06 /08 /août /2007 20:32

Le siège de la ville de Zaatcha à l'automne 1849 opposa les troupes françaises du général Herbillon aux troupes du cheikh Bouzian décidées, au nom de la guerre sainte, à chasser les Français.
Ceux-ci ne pouvant laisser leur crédibilité être mise en cause au risque de voir tout le pays se soulever, furent contraintes de déplacer plus de 7000 hommes afin d'enlever ce ksar fortifié et âprement défendu.
À cette époque, si Abd El-Kader s'est rendu aux forces françaises, le vent de la révolte commence à poindre. La Kabylie, toute proche au nord, qui résiste aux troupes françaises, oppose encore une résistance tenace. Les autochtones sentent le pouvoir colonial fragile et la tentation est grande de vouloir renvoyer les Français à la mer.
En mai 1849, le cheik Bou Zian, prétextant la hausse de la taxe sur les palmiers, harangue les populations. Il prétend avoir reçu un message divin pour chasser les infidèles.
Après une tentative d'enlevement de Bou Zian par un lieutenant des affaires arabes, le prédicateur proclame la guerre sainte.
Le 2e Étranger, en tournée de police entre Batna et Sétif est détourné vers Zaatcha.
Le colonel Carbuccia arrive avec ses légionnaires ainsi que le 3e bataillon d'Afrique le 16 juillet devant le ksar. Il est immédiatement attaqué et peine à repousser ses adversaires. Il décide de les poursuivre dans le village. Mais l'oasis se révèle un dédale de murets et Zaatcha, entourée d'une muraille crénelée et d'un fossé rempli d'eau leur barre la route. Il demande alors des renforts.
Le 7 octobre, le général Herbillon arrive devant l'oasis avec un corps expéditionnaire fort de 4000 hommes et du matériel de siège.
Appuyé par l'artillerie, le 2e Étranger, enlève alors un groupe de maisons au nord de la palmeraie. Mais l'occupation totale de l'oasis est toujours impossible.
Les troupes françaises tentent alors la construction d'ouvrages de siège afin de percer une brèche dans les murs du ksar. Le 20 octobre, les sapeurs donnent l'assaut appuyés et suivis par les légionnaires et le 43e régiment d'infanterie de ligne. C'est l'échec, les assaillants sont repoussés par des défenseurs bien protégés au prix de lourdes pertes.
Pendant ce temps, les troupes françaises repoussent sans cesse des colonnes de secours indigènes venues porter secours aux assiégés qui font désormais figure de héros.
Le 8 novembre, le colonel Canrobert arrive avec deux bataillons de zouaves. Le 12, arrive le 8e bataillon de chasseurs à pied, ce qui porte la garnison des assiégeants à 7000 hommes.
Mais les zouaves de Canrobert ont apporté avec eux le choléra et ce dernier fait désormais plus de mort que l'ennemi.
Le 24 novembre, les assiégés, profitant de l'effet de surprise assuré lors de la relève de la garde, effectuent une sortie. Les combattants berbères et les femmes du ksar se ruent dans les tranchées à l'arme blanche. Les chasseurs à pied, renforcés par les tirailleurs du commandant Bourbaki les repoussent dans un sanglant corps à corps.
Dans la nuit du 25 au 26 novembre, trois brèches sont ouvertes dans la muraille et le fossé partiellement comblé. A sept heure du matin, trois colonnes de 300 hommes chacune, aux ordres des colonels Canrobert, Barral et Lourmel donnent l'assaut simultanément pendant que les tirailleurs du commandant Bourbaki font diversion.
L'assaut est terrible, les ruelles sont petites, encaissées et les défenseurs, remarquablement préparés. Les combats sont terribles, mais les soldats français se rendent maîtres des terrasses puis, progressivement, prennent possession des maisons, une à une au prix de lourdes pertes.
Un massacre fut perpétré par l'Armée d'Afrique, dont le but, au-delà de la vengeance fut de décourager toutes tentatives de revoltes à venir. A propos de la sauvagerie de l’assaut final, Alfred Nettement dans son ouvrage note : « L’opiniâtreté de la défense (de Zaatcha) avait exaspéré les zouaves. Notre victoire fut déshonoré par les excès et les crimes […] Rien ne fut sacré, ni le sexe ni l’âge. Le sang, la poudre, la fureur du combat avaient produit cette terrible et homicide ivresse devant laquelle les droits sacrés de l’humanité, la sainte pitié et les notions de la morale n’existaient plus. Il y eut des enfants dont la tête fut broyée contre la muraille devant leurs mères ; des femmes qui subirent tous les outrages avant d’obtenir la mort qu’elles demandaient à grands cris comme une grâce. Les bulletins militaires insistèrent sur l’effet que produisit, dans toutes les oasis du désert, la nouvelle de la destruction de Zaatcha, bientôt répandue de proche en proche avec toute l’horreur de ces détails. […] ». in « Histoire de la conquête de l’Algérie »,op. cité, p.298-299
Bou Zian est finalement capturé par les zouaves du commandant Lavarande. Sur ordre du général Herbillon, il est exécuté et sa tête sera exposée sur la place de Biskra afin de faire taire la rumeur de son invulnérabilité et faire cesser la rébellion dans la région.
Dès le lendemain de la victoire française, les premières tribus se présentent au général Herbillon pour faire leur soumission.
Au cours de ce siège de 52 jours, l'armée d'Afrique a perdu plus de 2000 hommes dont 600 sont morts du choléra.
Tous les habitants de Zaatcha, sans exceptions, dont les femmes et les enfants, furent massacrés.

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6 août 2007 1 06 /08 /août /2007 20:29

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Le Siège de Paris est un épisode de la guerre franco-allemande de 1870-71.
Avec la capitulation de Sedan, les armées prussiennes et leurs alliés déferlent sur le Nord de la France et vont mettre le siège devant Paris. Dans la capitale, la nouvelle parvient dans l'après-midi du 3 septembre. Lors de la séance de nuit, Jules Favre présente une motion prononçant la déchéance de Napoléon III. La décision est remise au lendemain. Le 4 septembre, la foule et la Garde nationale envahissent le Palais Bourbon et réclament la déchéance de la dynastie. Alors que l'impératrice Eugénie et le comte de Palikao prennent le chemin de l'exil, Jules Favre entraîne les députés de tendance républicaine à l'Hotel de Ville et instaure un gouvenement de la République. Le général Jules Trochu, gouverneur de Paris en est porté à la présidence et donne la caution de l'armée au mouvement par lequel les républicains bourgeois prennent de court les révolutionnaires extrémistes (les rouges).
Les proclamations officielles de Trochu et Favre vont dans le sens d'une résistance à outrance contre l'envahisseur. Trochu a choisi de faire rentrer dans la capitale l'armée de 40 000 hommes de Vinoy sur des considérations peut-être plus politiques que militaires. Pendant les semaines qui suivent la proclamation de la République, les troupes prussiennes et alliés continuent donc leur avancée sur le territoire sans grande opposition. Le gouvernement ayant choisi de rester dans Paris, une délégation est envoyé à Tours pour coordonner l'action en province sous les ordres de Adolphe Crémieux, ministre de la Justice, accompagné par Glais-Bizain et l'amiral Fourichon. Le 15 septembre, Adolphe Thiers est mandaté et envoyé en mission auprès des capitales européennes pour rechercher des appuis dans l'espoir, qui s'avèrera vain, de peser sur les exigences prussiennes.
A partir du 15 septembre, on signale un peu partout la présence des uhlans autour de Paris. Dès le 19 septembre l'encerclement de Paris et des forts extérieurs est terminé. Les armées ennemies se tiennent à distance dans un rayon de 10 à 12 kilomètres et s'étirent en un long cordon d'une centaine de kilomètres.
Alors que Jules Favre a demandé une entrevue avec Otto von Bismarck, entrevue qui se déroule le 19 et 20 septembre à Ferrières, Ducrot convainc un Trochu sceptique de reprendre la redoute de Châtillon aux prussiens. Les moyens engagés sont insuffisant et Ducrot doit se replier dans l'après-midi du 19 sur l'ordre formel de Trochu. Ce double évènement montre déjà une certaine duplicité de la part du gouvernement.
Bismarck et Moltke ont décidé d'éviter d'exposer leurs troupes dans un combat de rues. Ils comptent sur la lassitude et la faim pour obtenir la capitulation de Paris. Ils se contentent donc de repousser toutes tentatives de percées.
Le commandement allemand s’est installé à Versailles (ville choisie par Thiers pour faire siéger le futur gouvernement de février 1871) ; Paris est dès lors le pôle tactique, stratégique et symbolique de la guerre. Dans un rayon de 10 kilomètres autour de la capitale, les Allemands installent leurs cantonnements mais prudemment, ils ne lancent pas l’attaque attendue par les Parisiens. Manipulés par les Prussiens et démoralisés par l’inaction, les Parisiens ne tentent que quelques sorties contre les Prussiens qui se soldent par des échecs et de lourdes pertes humaines (Malmaison, Chevilly, le Bourget en octobre, Champigny en novembre, Buzenval en janvier). À Paris, la garnison comprend des troupes de métier bien exercées mais surtout des troupes levées à la hâte parmi les Parisiens.
Coupée du reste du pays, la capitale va rapidement subir la rigueur exceptionnelle d’un hiver que les bombardements allemands agravent dès janvier 1871. Le rationnement des denrées est organisé avec retard, les queues s’allongent devant les commerces de bouche littéralement pris d’assaut. Les prix de la viande, des conserves, du pain et des denrées alimentaires flambent. On mange même du chat, du chien, des rats. Dans les restaurants de luxe, on sert de l’antilope, du chameau, de l’éléphant (les animaux du Jardin des plantes sont sacrifiés). Ces privations affectent surtout les classes populaires, déjà réduites à la misère par l’arrêt des activités économiques. Le taux de mortalité double en quelques mois. Les clubs révolutionnaires se multiplient où l’on débat de la patrie en danger et où l’on fait revivre le souvenir de 1789-1793. Le 31 octobre et le 22 janvier de grandes manifestations éclatent demandant la Commune et la sortie en masse. Ces manifestations sont réprimés.
On a utilisé, pour communiquer avec l'extérieur de la ville, des boules de Moulins (du nom de la ville de Moulins située loin des combats par où transitait ce type de courrier) où l'on mettait des lettres qui sortaient de Paris en suivant le courant de la Seine (peu d'entres elles sont arrivées, on en a encore retrouvé dans les années 1980) et des ballons de baudruche, auxquels on accrochait des messages, appelés de Gravilliers du nom de cette rue du 3ème arrondissement d'où ils partaient.
Mais le moyen qui se révéla le plus sûr et le moins couteux fut l'utilisation de pigeons-voyageurs. Les microfilms sur pllicule de collodion pouvaient comporter 40 000 messages. Les allemands firent venir d'Allemagne des faucons pour combattre ces messagers volants.
Le transport des personnes s'effectura au moyen de ballons. Le premier à décoller fut le Neptune le 24 septembre. Ils étaient rempli de gaz d'éclairage, hautement inflammables. Certains arrivèrent en Norvège, en Allemagne ou tombèrent dans l'Atlantique, mais la plupart attérirent en province. Pendant le siège, 65 mongolfières transportèrent 164 passagers, 381 pigeons, 5 chiens et environ 2 millions de lettres. C'est le 7 octobre à 11 h que Léon Gambetta s'envola sur l'Armand Barbès. Il atterrit à 3 h de l'après-midi dans le bois de Favières (Oise), rejoint la délégation de Tours le 9 octobre par Montdidier et Rouen. Investit des pouvoirs du ministère de la guerre et de l'intérieur, il va y déployer une énergie peu commune à organiser les armées de province.

 

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6 août 2007 1 06 /08 /août /2007 20:27

Belfort est une ville stratégique située sur la Porte d'Alsace, une trouée entre le sud des Vosges et le massif du Jura. Lorsqu'au début de la guerre franco-allemande l'Armée du Rhin est mise en déroute dans le nord de l'Alsace, puis que Strasbourg est prise le 28 septembre, Belfort constitue le dernier rempart avant une invasion du centre de la France par les armées allemandes qui pourraient prendre en tenaille les forces françaises, alors basées en Lorraine et en Champagne.
Pierre Philippe Denfert-Rochereau est nommé gouverneur de la place de Belfort en 1870 et dès l'annonce de la progression allemande, il entreprend l'édification de fortifications supplémentaires pour compléter efficacement les fortifications héritées de Vauban. Leur organisation était devenue obsolète, mais elles avaient le grand mérite d'être très résistantes à l'impact des obus ennemis.
Lorsque les troupes allemandes, commandées par le général von Werder et son adjoint le général von Tresckow, investissent les pourtours de la ville le 3 novembre, elles se heurtent à une résistance plus vive que prévue. Tout au long du premier mois, la garnison de Belfort parvient à mener des sorties, appuyées par ses canons à longue portée, avec pour résultat l'obligation répétée pour les Allemands de reculer, abandonnant les villages qu'ils pouvaient avoir pris auparavant. Inférieurs numériquement et confrontés à un hiver rigoureux, les Allemands ne peuvent progresser que lentement dans le développement de leur siège.
Ce n'est qu'à partir du 3 décembre que les Allemands, équipés de canons de faible portée, peuvent procéder à un bombardement de la ville, suivi d'une rapide interruption du fait d'une riposte énergique de la garnison. Mais dès le 13 décembre, les assiégeants progressent, conquièrent certaines positions et fortins qui leur permettent de bombarder de façon intensive et quasi continue la ville, d'autant qu'ils reçoivent de nouveaux canons en renfort et que les défenseurs sont depuis le début de janvier affaiblis par une épidémie de typhus et de variole.
Parallèlement, une armée de l'Est a été constituée dans le but de libérer Belfort, puis, pour une part de porter la guerre à l'est du Rhin et pour l'autre part de couper les arrières des armées allemandes positionnées au nord-est de la France. Le général Bourbaki est à son commandement, mais l'armée progresse lentement et von Werder organise une ligne de défense efficace qui lui permet de concentrer ses troupes au point où les Français font signe de lancer leur attaque principale. Cette attaque à lieu le 16 janvier, après une journée de préparation d'artillerie. Malgré quelques erreurs d'organisation, l'armée de l'Est parvient à durement affaiblir ses ennemis et à les faire reculer à proximité de Belfort, où la population, pleine d'espoir, peut entendre le bruit des bombardements. Mais, à l'image de ce qui s'est passé à Mars-la-Tour six mois plus tôt, Bourbaki, surestimant l'adversaire et sous-estimant ses forces, donne l'ordre de revenir sur les positions initiales, refusant de poursuivre l'avantage. Le 17, ses troupes repoussent victorieusement une attaque surprise d'un régiment badois, mais restent encore sur place, puis le 18, Bourbaki ordonne la retraite. C'en est fini des espoirs de libération pour Belfort.
C'est avec des troupes renforcées et du matériel supplémentaire que von Tresckow peut redoubler d'intensité dans le siège des fortifications. Mais son désir de voir chuter Belfort le rend imprudent ou impatient, et le 27 janvier, il lance une offensive prématurée et insuffisamment protégée sur la redoute des Perches, qui lui coûte la vie de 500 hommes. Il doit alors se résoudre à une avance en tranchées, plus prudente et plus adaptée à son infériorité numérique persistante. C'est le 8 février qu'il parvient à s'emparer de la redoute des Perches, ouvrant la voie à l'attaque directe du château. L'issue du siège est désormais jouée : les défenseurs ne seront plus capables de résister bien longtemps.
Mais les opérations sont suspendues à l'annonce de l'intégration de Belfort dans l'armistice général (15 février) et le 18 février, Denfert-Rochereau reçoit un ordre exprès du gouvernement de la Défense nationale, présidé par Louis Adolphe Thiers, lui intimant l'ordre de rendre les armes. C'est donc après un siège de 103 jours où sa garnison et la population firent preuve d'une résistance héroïque que Belfort fut quittée par ses défenseurs, munis d'un laissez-passer et portant fièrement leurs armes.
La garnison comprenait initialement 17 700 hommes, dont 4 750 trouvèrent la mort, ainsi que 336 civils, tandis que presque tous les bâtiments de la ville avaient été endommagés par les bombardements. Les Allemands ont quant à eux perdu environ 2 000 hommes pendant le siège.
La résistance de Belfort sauva l'honneur d'une France humiliée par la défaite de Mac-Mahon à Sedan et la honteuse reddition de Bazaine à Metz. Elle offrit aussi la possibilité à Thiers de négocier la conservation de l'arrondissement de Belfort au sein de la France, alors qu'il faisait auparavant partie de l'Alsace, désormais revendiquée par les Allemands.
En hommage à cette résistance, il fut offert à la ville un monument réalisé par Bartholdi et placé sur le flanc de la falaise dominant la ville : le Lion de Belfort.

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6 août 2007 1 06 /08 /août /2007 20:26

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La bataille de Sedan eut lieu le 31 août et le 1er septembre 1870 pendant la guerre franco-allemande. Avec la capitulation des troupes françaises et la capture de Napoléon III le 2 septembre, elle fut décisive pour l'issue de la guerre.
Les troupes françaises comptent une armée d'environ 120 000 hommes répartis en quatre corps d'armée ( 1er, 5e, 7e et 12e ), relativement liés entre eux dans l'espace de Sedan. Le commandement des troupes françaises dépend d'abord du maréchal Mac-Mahon. Mais celui-ci est blessé dès le début de la bataille sur une colline du village de Balan, alors qu'il observait le déroulement des combats sur Bazeilles. Le général Ducrot le remplace, mais il est obligé de s'effacer devant le général de Wimpffen, plus ancien en grade et muni d'un ordre du ministre le désignant en cas d'empêchement de Mac-Mahon. Cette succession de commandants en chef est à l'origine d'ordres, de contrordres et de tergiversations sur la stratégie. Napoléon III est avec l'armée Mac-Mahon à Sedan, mais ne se mêle pas des opérations militaires.
Les troupes allemandes sont divisées en deux armées : la IIIe armée( environ 130 000 hommes ) sous les ordres du prince héritier Frédéric-Guillaume de Prusse et la IVe armée ( environ 110 000 hommes )sous les ordres du prince héritier Albert de Saxe. À von Moltke revient le commandement suprême des deux armées des Etats Allemands Coalisés. Le roi Guillaume de Prusse et son état-major ainsi que son ministre Otto von Bismarck sont présents, ils vont assister à la bataille depuis une colline près de Frénois, un village au sud-ouest de Sedan.
Après les défaites subies en Alsace le 4 août 1870 à Wissembourg et à Woerth-Froeschwiller le 6 août, le maréchal de Mac-Mahon reconstitue une armée (dite armée du camp de Châlons) pour protéger Paris mais il reçoit l'ordre de secourir l'armée du maréchal Bazaine, assiégée à Metz depuis le 20 août par la I e et II ème armée allemande. Cependant Mac-Mahon a sous-estimé l'importance des forces allemandes et leur rapidité. Renseigné de l'objectif de Mac-Mahon, Von Moltke dispose de plus de 200 000 hommes (IIIe et IVe armée), il a envoyé la IIIe armée à marche forcée au devant des troupes françaises en direction de Châlons. Le 21 août, Mac-Mahon se dirige vers Reims, où il complète ses effectifs et le camp de Châlons est incendié pour éviter qu'il ne tombe aux mains du prince royal de Prusse (IIIe armée).
Le 23 août, la régente et le conseil des ministres ordonnent à Mac-Mahon d'aller secourir Bazaine. Pour éviter les Prussiens de la IIIe armée, il décide alors de remonter au nord vers le département des Ardennes pour ensuite se diriger sur Metz. Or la IVe armée du prince royal de Saxe s'est postée sur la rive droite de la Meuse. La stratégie de Mac-Mahon est alors compromise, car la route directe de Metz par Montmédy ou par Verdun est bloquée par les troupes saxonne. Les options pour Mac-Mahon sont celles-ci: soit il prend la direction de Metz, avec la perspective de se voir couper la route par les saxons et voir aussi l'armée prussienne remonter des environs de Châlons en le prenant en tenaille. Mac-Mahon tergiverse, ses corps d'armée piétinent entre le 25 et 28 août entre le secteur de Rethel et de Vouziers. Pendant ce temps l'armée du prince royal de Prusse se dirige vers lui.
Le 27 août Mac-Mahon décide de remonter au Nord sur Mézières pour redescendre ensuite sur Paris et de renoncer à sauver Bazaine. Mais à Paris la régente et le conseil des ministres lui ordonnent encore de secourir Bazaine, en lui affirmant que les troupes prussiennes sont à 48 heures de marche, or celles-ci talonnent l'armée Mac-Mahon. Ce dernier reprend l'option d'aller sur Metz et de passer la Meuse vers le secteur de Stenay, mais à force de tergiverser sous la pression des autorités et sous l'action combinée des deux armées des princes allemands, la situation de Mac-Mahon parait compromise.
Le 30 août, les troupes françaises (Ve corps) chargées de protéger le flanc droit de l'armée de Mac-Mahon sont défaites par une partie de la IVe armée allemande le 30 août 1870, à la bataille de Beaumont (au sud-est de Sedan). Poursuivi par la IIIe armée et menacé par la IVe Mac-Mahon décide alors de de se réfugier aux alentours de la ville de Sedan, ville citadelle située non loin de la frontière belge. Sedan est situé dans une gigantesque cuvette entourée de collines avec deux défilés vers Mézières (ouest) et Carignan (est), ce qui réduit fortement les possibilités de s'en échapper. Mac-Mahon a le choix entre la retraite sur Mézières, située à 20 km de Sedan, ou l'offensive en forçant le passage vers Carignan ou se trouve la IVe armée du prince de saxe pour se diriger vers Metz.
Le 30 août en soirée, Mac-Mahon réussit à faire passer la Meuse à une partie de son armée (1er et 7e corps et une partie du 5e corps défaità Beaumont) prés de Sedan sous la menace de la IIIe armée du prince de Prusse. Le même jour, le reste du 5e corps défait à Beaumont et le 12e corps l'ont passé à Mouzon et se dirige vers Sedan sous la menace de la IVe armée allemande. La bataille va débuter, l'armée du camp de Châlons va faire face à des troupes nettement supérieures en nombre car les deux armées allemandes font faire jonction autour de Sedan.
Mac-Mahon décrète placidement : « Repos pour toute l’armée demain 1er septembre. » Sans se donner la peine de couper les ponts sur la Meuse, il se borne à concentrer son armée sur une hauteur boisée, juste au nord-est de Sedan, dans le triangle Floing-Illy-Bazeilles, entre la Meuse élargie par les inondations et deux ruisseaux, le Floing et la Givonne. Les corps d'armée français se positionnent: Le 1er entre Givonne et la Moncelle, le 5e éprouvé par la bataille de Beaumont dans la citadelle de Sedan, le 7e entre Floing et Givonne enfin le XIIe sur Bazeilles et Balan
L’après-midi du 31 août, les Allemands commencent à encercler Sedan ; l’armée du prince héritier de Prusse occupe Frénois et Donchéry à l’ouest ; celle du prince royal de Saxe attaque Bazeilles à l’est. Le général Ducrot conseille au maréchal de concentrer toutes les troupes au nord de Sedan, sur le plateau d’Illy, puis de filer sur Mézières sans attendre que les Prussiens ne viennent couper le passage. Mac-Mahon l’écoute d’une oreille distraite : « Nous ne sommes pas ici pour nous éterniser. » L’Empereur pourrait aussi se retirer sur Mézières tant que la route est libre ; il y serait en sûreté et pourrait revenir activer la défense de Paris ou traiter de la paix avec l’ennemi.
Le 31 août 1870, une avant-garde du quatrième bataillon de chasseur bavarois(IIIème armée) réussit à occuper le pont de chemin de fer de Remilly-Aillicourt avant que les troupes françaises n'aient le temps de le faire sauter. Les éléments les plus avancés du bataillon peuvent ainsi traverser la Meuse et atteindre Bazeilles, à environ 5 km au sud-est de Sedan. Les troupes de marine de la division dite bleue commandée par le général de Vassoigne reçoivent l'ordre de reprendre le village, la 2ème brigade du général Martin des Pallières engage une contre-attaque, appuyée par la 1ère brigade du général de Reboul. Les combats sont acharnés. Les « marsouins » reprennent le village dès la tombée de la nuit et repoussent même les Bavarois jusqu'au pont, tant la contre-attaque est énergique. Mais sur le soir, le premier, le deuxième et le quatrième corps bavarois passent le pont.
Le 1er septembre avant l’aube, la bataille commence. Les deux armées allemandes se déploient vers le nord, celle du prince héritier de Prusse par le flanc ouest, celle du prince de Saxe par le flanc est pour ensuite converger vers Illy. A sept heures, Mac-Mahon, blessé à la fesse par un éclat d’obus, abandonne son commandement, pour le remplacer, il désigne Ducrot, qui ordonne aussitôt la retraite en direction d’Illy et de Mézières. Mais le mouvement est à peine commencé que Wimpffen, exhibant une lettre du ministre Palikao lui confiant l’intérim de Mac-Mahon en cas d’empêchement, revendique le commandement et annule les instructions de Ducrot. Trois commandants en chef en trois heures, chacun avec un plan différent.
Le 1er septembre à 4 heures du matin, une partie du premier corps bavarois s'infiltre dans Bazeilles sur le flanc est de la citadelle de Sedan. Une forte résistance des troupes de marine françaises force les Bavarois à y faire pénétrer le 1er corps tout entier. La bataille commence à tourner en faveur des Français. Ayant remplacé Mac-Mahon bléssé, le général Ducrot, partisan de la retraite sur Mézières, ordonne le repli pour réorganiser les forces et se concentrer sur le flanc ouest, seule possibilité de sortir de Sedan sans trop combattre. Finalement commandant en chef en place de Mac-Mahon, De Wimpffen réfute la stratégie de la retraite et ordonne de réoccuper Bazeilles. Vers une heure de l’après-midi, Wimpffen donne ses ordres : contre-attaquer vigoureusement du côté de Bazeilles, en direction de Metz. Et, pour s’en donner les moyens, il prélève les réserves de Douay et de Ducrot, les obligeant à dégarnir le front nord. Cela ne va pas sans mal : des commandants, faute de cartes, se trompent de direction, des régiments hésitent à se déplacer sous les tirs d’artillerie, d’autres trouvent la route bloquée par des chariots. Les Bavarois, nettement plus nombreux et surtout appuyés par une artillerie moderne et très efficace, ont repris le village. Néanmoins les marsouins excellent dans le combat de rues : ils repoussent par deux fois les Bavarois du village. Un bataillon du 4e corps bavarois progresse jusqu'au village de Balan, coupant ainsi Bazeilles de Sedan.
Dans le village se déroulent alors des combats acharnés, maison par maison. Se battant à un contre dix, les marsouins commencent à être submergés. Ils manquent de munitions, plient sous les obus percutants et la chaleur des incendies. De nombreux civils prennent part aux combats. Désormais coupés de leurs lignes, les troupes françaises cèdent peu à peu le village qui est presque complètement détruit. Des maisons ont servi de bases de défense ; ces combats épiques et acharnés seront plus tard symbolisés par l'épisode de la résistance héroïque dans la Maison de la dernière cartouche.
La bataille tourne au désastre, car l'armée prussienne du prince héritier Frédéric de Prusse traverse la Meuse à Donchery, au sud-ouest de Sedan, afin de réaliser la jonction avec les corps armées du prince Albert de Saxe venus de Beaumont après la bataille. Malgré tout, Wimpffen a réussi à avancer de quelques kilomètres lorsque, sur ses arrières, déferle une marée humaine. A deux heures, sur le plateau d'Illy, sur le flanc nord-ouest de la citadelle de Sedan, les deux armées allemandes ont effectué leur jonction: la boucle est bouclée. Non seulement l'hypothétique fuite vers Mézières ou la Belgique initiée par Ducrot avant l’arrivée intempestive de Wimpffen n’est plus possible, mais l’ennemi a enfoncé un coin entre le corps d’armée de Douay et celui de Ducrot. Privés de leurs réserves, les deux chefs de corps tentent de jeter dans la brèche, pêle-mêle, tout ce qu’ils ont pu rallier, mais en vain. Malgré des charges désespérées et courageuses des cavaliers du général Margueritte, les forces françaises ne peuvent rompre l'encerclement sur le plateau d'Illy. Là était la seule possibilité pour l'armée française de pouvoir s'échapper et de rejoindre Mézières. Le roi de Prusse observant les charges des chasseurs d'Afrique depuis son point de vue du village de Frénois se serait exclamé " Ah les braves gens !" (en allemand, "Die tapferen Leute")
Encerclée et complètement désorganisée, l'armée française reflue en désordre à l'intérieur de la ville citadelle de Sedan. Alors, de toutes parts, c’est un flot épouvanté d’hommes, de chevaux, de chariots, de canons, qui reflue vers Sedan, comme si, derrière les vieux remparts se trouvait le salut. Fantassins, cavaliers, équipages du train, voitures d’ambulance, fourgons de toute sorte se mettent à converger vers le centre de Sedan, se mêlant, s’étouffant, s’écrasant sur les les ponts-levis. C’est une tempête de gémissements et de malédictions. Les obus allemands tombent, éclatent et font des vides. En sept ou huit endroits, la ville se met à flamber. Les soldats se disputent les abris et menacent les officiers. La plupart des généraux se regroupent autour de l’Empereur à la sous-préfecture. Leurs soldats, exténués, ne sont plus en état de résister. Tous lui disent que la lutte est devenue sans espoir. Tous, sauf un, Wimpffen, toujours en train de rallier des hommes sur la route de Bazeilles. Alors Napoléon III se ressaisit. Sans doute a-t-il abdiqué ses pouvoirs, mais il n’en reste pas moins l’Empereur. Et il est peut-être le seul à pouvoir jouer une dernière carte : rencontrer en tête-à-tête le roi Guillaume de Prusse – qu’il a reçu trois ans auparavant aux Tuileries à l’occasion de l’Exposition universelle - , tenter de le fléchir, d’arrêter l’effusion de sang et d’épargner l’honneur de ses généraux. Peut-être, en se constituant lui-même prisonnier, obtiendra-t-il un sauf-conduit pour ses troupes en France ou en Belgique après avoir déposé les armes ? Et l’Empereur donne l’ordre de hisser le drapeau blanc sur la citadelle pour demander un armistice. Le général Faure, chef d’état-major, estimant n’avoir à obéir qu’à Wimpffen, fait retirer le drapeau. L’Empereur insiste et le fait hisser à nouveau, cette fois pour de bon.
A 16 heures 30, le roi de Prusse envoie un officier à l'entrée sud de la citadelle (porte de Torcy). Ce dernier est conduit à la sous-préfecture de Sedan et présenté à l'empereur qui écrit une lettre au roi de Prusse: « Monsieur mon frère, n’ayant pu mourir au milieu de mes troupes, il ne me reste qu’à remettre mon épée entre vos mains. » A 18 heures, le général Reille remet la lettre de l'empereur à Guillaume qui se trouve toujours sur les hauteurs de Frénois. Après délibération, les vainqueurs acceptent la reddition de l'armée française et demandent à l'empereur de désigner un de ses officiers pour traiter de la capitulation. Le roi de Prusse désigne son commandant en chef von Moltke, puis se retire sur le village de Vendresse, au sud de Sedan.
En début de soirée, le général de Wimpffen, plénipotentiaire désigné par l'empereur, se rend à l'état-major allemand à Donchery au sud-ouest de Sedan. Il veut négocier mais von Moltke, accompagné du chancelier Otto von Bismarck, exige une capitulation sans condition.
Le 2 septembre, vers 8 heures, l'empereur quitte Sedan car il veut s'entretenir avec le roi de Prusse. Il se rend par la route impériale menant de Mézières au bourg de Donchery, pensant que le Roi Guillaume s'y trouve. Prévenu, Bismarck vient à sa rencontre à l'entrée du village. Une entrevue a lieu dans la maison d'un tisserand sur le bord de la route. Se doutant que l'empereur veut tenter d'adoucir les conditions de la capitulation, le ministre du roi de Prusse refuse que Napoléon III rencontre Guillaume à Vendresse. Bismarck lui indique en outre que le roi ne le verra qu'après la signature de l'acte de reddition.
A 10 heures 30, l'empereur est conduit à Frénois au château de Bellevue qui domine la Meuse et la ville de Sedan. C'est en ce lieu que les généraux en chef des deux camps signent une heure plus tard l'acte de reddition de l'armée française, en présence des deux souverains. Cet acte précise que la place forte ainsi qu'armes, munitions, matériels, chevaux et drapeaux seront remis aux vainqueurs et que l'armée prisonnière sera conduite sur la presqu'île d'Iges à l'ouest de Sedan. -Voir la carte-.
Cet endroit bordé par une boucle du fleuve Meuse et un canal et d'une superficie de plusieurs centaines d'hectares sera une véritable prison à ciel ouvert, pouvant être facilement gardé par les armées des États allemands. Il est aussi prévu dans l'acte de reddition que les officiers et employés civils ayant rang d'officier ont la possibilité de ne pas être faits prisonniers, sous réserve de déclarer sur l'honneur de ne pas se battre ultérieurement.
Le 3 septembre, environ 80 000 hommes sont conduits sur la presqu'île d'Iges et parqués pratiquement sans abris et sans vivres. Beaucoup de soldats vont mourir de faim ou de maladie, tant les conditions étaient épouvantables. Le lieu sera baptisé par la suite "le camp de la misère". Le même jour, l'empereur, prisonnier, part en Belgique ; il prend le train à Libramont pour se rendre à Kassel, site de son internement en Allemagne.
En dépit de leur bravoure et du fusil Chassepot, les troupes françaises étaient commandées par des chefs qui manquaient de stratégie d'ensemble. Les Français, qui ont déclaré la guerre à la suite de la Dépêche d'Ems, étaient très mal préparés à la faire, malgré les déclarations bravaches du ministre le maréchal Edmond Le Bœuf " Nous sommes prêts, archi-prêts. La guerre dût-elle durer deux ans, il ne manquerait pas un bouton de guêtre à nos soldats". Or au début du conflit l'armée ne disposait que de 270 000 hommes opérationnels.
Beaucoup de responsables militaires n'avaient même pas de cartes d'état-major du territoire français. L'artillerie était obsolète et surtout mal utilisée. Les canons, en bronze, se chargeaient par la gueule. Les pièces, lourdes et lentes à manier, étaient de très courte portée et utilisaient des obus à fusées chronométriques qui explosaient souvent trop tôt. La stratégie de Mac-Mahon fut très confuse. Cette armée qui devait protéger Paris va, à la suite d'ordres venus de Paris, se voir confier la mission de délivrer Metz. À cause de ces divergences et l'indécision de Mac-Mahon, l'armée de Châlons va quasiment errer jusqu'à Sedan, s'épuisant en marches et contre-marches pour échouer dans la cuvette fatale.
Les armées des états allemands coalisés étaient commandées par des chefs ayant une stratégie d'ensemble. Les troupes étaient d'une valeur militaire remarquable, plus nombreuses (550 000 hommes) et bien équipées, à part le fusil Dreyse qui était nettement moins performant que le Chassepot. Mobilisées plus rapidement, elles se sont déplacées rapidement jusqu'à la frontière grâce au chemin de fer. La supériorité des effectifs fut en outre appuyée par une artillerie plus fournie et d'une plus grande portée, composée de pièces en acier se chargeant par la culasse avec des obus à fusées percutantes plus efficaces. von Moltke, véritable stratège moderne, tacticien hors pair, méthodique conçut la guerre de façon quasi scientifique. Mac-Mahon, naguére victorieux en Crimée et en Italie, a adopté une stratégie indécise et confuse. Il a utilisé et manœuvré ses troupes comme au début du siècle; en somme, il était en retard d'une guerre.
Le 4 septembre, malgré l'opposition du corps législatif et sous la pression des Parisiens en colère, Léon Gambetta annonce la déchéance de l'empereur. Un peu plus tard, à l'Hôtel de Ville, en compagnie de Jules Ferry, de Jules Favre et d'autres députés, il proclame la République. En dépit de la reddition de Sedan, un gouvernement de défense nationale est instauré, composé de 11 députés de Paris. Malgré le désastre de Sedan, et alors que Bazaine est enfermé dans Metz, le gouvernement refuse la défaite et reconstitue une armée. Dès le 20 septembre, Paris est assiégé. Malgré quelques batailles victorieuses qui viennent donner raison au gouvernement, Bazaine se rend, libérant des troupes allemandes qui s'ajoutent aux forces ayant vaincu à Sedan. Les Français sont définitivement battus après la fin du Siège de Paris, le 28 janvier 1871. Un armistice général est signé au château de Versailles. Guillaume est proclamé Empereur du deuxième Reich allemand. Otto von Bismarck a pu réaliser l'union des états allemands comme il le souhaitait avant les hostilités.
La défaite humiliante de Sedan a donc pour conséquence la fin d'un empire et la naissance d'une nation qui va dominer durablement l'Europe. Un traité de paix, signé à Francfort le 10 mai 1871, ampute la France de l'Alsace sauf Belfort, d'une partie de la Lorraine et des Vosges. Une somme de cinq milliards de francs or est demandée à titre de dommages de guerre. Les armées allemandes se retirent progressivement des 21 départements qu'elles occupaient au fur et à mesure des versements. En septembre 1873, les Allemands évacuent complètement le territoire après versement du solde de la dette. Ce traité engendrera un désir de revanche chez les Français, qui n'auront de cesse de vouloir récupérer les territoires perdus. Une émission de la chaîne de télévision franco-allemande Arte, le 22 novembre 2006, émit l'hypothèse que cette guerre fut la "mère" des deux guerres mondiales du XXe siècle.
La défaite de Sedan a été un révélateur. La France a certes réalisé la révolution industrielle, mais les stratèges militaires n'ont pas su intégrer les évolutions du modernisme. Trop sûrs d'eux, les officiers se reposaient sur les succès passés : Conquête de l'Algérie, Sébastopol, Solférino, Magenta. Ils n'ont pas retenu les enseignements de la victoire des états allemands sur l'Autriche à Sadowa. Certes, les armées françaises ont enregistré quelques succès avant Sedan, mais ils ont été mal exploités. Si quelques autres suivront Sedan, la capitulation de Bazaine va permettre le déferlement allemand sur tout le nord de la France. La défaite, en précipitant le changement de régime et en plongeant le pays dans une quasi guerre civile (La Commune), va servir d'électrochoc : la IIIe République va réorganiser son armée, la moderniser, imposer le service militaire obligatoire et stabiliser ses institutions.
Le 2 septembre, jour de la capitulation française, devint fête nationale (jour de Sedan, "Sedan Tag") dans l'Empire allemand et fut célébré jusqu'en 1918. Aujourd'hui, dans de nombreuses villes allemandes, des rues de Sedan (" Sedan Strasse") rappellent cette victoire.
Au cours des deux guerres suivantes, Sedan sera encore siège de batailles : en aout 1914 avec la bataille des frontières, mais surtout les 12 et 13 mai 1940, quand la Wehrmacht réussit la décisive Percée de Sedan, prélude d'une défaite française encore plus humiliante. Cette ville, qui engendra la IIIe République, fut aussi 70 ans plus tard à l'origine de son agonie.
Elles vont être très importantes pour cette ancienne principauté protestante indépendante, à cette époque très prospère économiquement mais engoncée dans ses remparts. Sur 110 hectares de superficie communale, les 14 à 15 000 habitants et les industries que comptait Sedan devaient se serrer sur 18 hectares. La défaite va précipiter le déclassement de la place forte. Dés le 31 mars 1871, en pleine occupation allemande, le conseil municipal fait la demande de déclassement pour permettre l'extension de la ville. Le 3 août 1875, la place forte de Sedan est déclassée par les députés au vu du rapport du maire de Sedan. Seul le château de Sedan et les casernes militaires sont conservés. L'État cède à la ville de nombreux bastions et bâtiments militaires et apporte son aide matérielle et financière. Le 27 avril 1877, le conseil municipal adopte le plan d'agrandissement et le chantier d'extension démarre.
Des travaux herculéens vont être entrepris : démolition de bastions monumentaux, comblement de canaux, déviation du cours de la Meuse, construction de bâtiments (lycée, gare, marché couvert), d'un pont, ouverture d'avenues et de de places. La ville va s'étendre de façon significative, pour en quelque sorte effacer les stigmates de la honte de Sedan.
Les travaux se termineront sept ans plus tard. Le 18 août 1884 a lieu l'inauguration de la ville nouvelle. Un photographe, François Willème, a pris des clichés des travaux à la demande d'Auguste Philippoteaux, député-maire de Sedan et de l'architecte Édouard Depaquit. "Sedan ville nouvelle", un ouvrage de Jacques Rousseau, reprend ces photos qui témoignent de travaux gigantesques entrepris avec une technologie qui n'est plus la nôtre.

 

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6 août 2007 1 06 /08 /août /2007 20:25

La bataille de Saint-Privat (appellation française) ou bataille de Gravelotte (appellation allemande) s'est déroulée le 18 août 1870 lors de la Guerre franco-prussienne, à quelques kilomètres au sud de Metz.
A noter que les historiens emploient généralement la double appellation : bataille de Gravelotte/Saint-Privat.
Le 16 août 1870, l'armée allemande occupe la route principale reliant Metz à Verdun, ville que souhaite rejoindre le maréchal Bazaine à la tête de l'armée du Rhin française pour se rallier à l'armée du maréchal Mac-Mahon. La bataille de Mars-la-Tour débute alors. Malgré un répit des combats favorable aux Français, Bazaine refuse de lancer une contre-attaque générale qui aurait probablement engendrée la défaite totale des Ve et Xe corps prussiens. L'armée du Rhin est alors définitivement coupée du reste de l'armée française et se replie sur une position défensive à quelques kilomètres au sud de Metz.
Deux jours plus tard, le 18 août, les armées vont s'affronter à nouveau lors de la bataille de Saint-Privat, les prussiens voulant en finir avec l'armée du Rhin.
Le chef d'état-major prussien Helmuth von Moltke lance dans la bataille la Ire et la IIde Armée commandées respectivement par le général Steinmetz et le prince Fédéric-Charles neveu du roi de
Prusse Guillaume Ier.
Les troupes françaises, sous les ordres de Bazaine, sont adossées aux forts de Saint-Quentin et de Plappeville et s'étalent de Rozérieulles à Saint-Privat.
La bataille débute le 18 août 1870 à 8 heures lorsque Moltke ordonne l'avancée de ses troupes en direction des positions françaises. Vers 12:00, le général Manstein ouvre la bataille devant le village d'Amanvillers avec l'artillerie de la 25e division d'infanterie. Mais le camp français s'est organisé durant la nuit en creusant des tranchées et des fosses afin de placer son artillerie et ses mitrailleuses et de masquer ses positions. Connaissant finalement l'avancée des troupes prussiennes, les français lancent une contre-attaque massive. La bataille paraît tout d'abord tourner à l'avantage des Français, ceux-ci possédant de meilleurs fusils, les Chassepot. Cependant, l'artilerie prussienne est mieux équipée de par ses canons issus des usines Krupp, compagnie industrielle allemande du secteur de l'acier, spécialisée dans la fabrication d'armes.
À 14:30, le général Steinmetz, désobéissant aux ordres de von Moltke lance une attaque sur l'aile gauche avec la Ire Armée. Par deux fois, il est repoussé par les tirs français, organisés et puissants. Suit alors une importante contre-attaque française qui disperse les deux corps en présence : les VIIe et VIIIe Corps. Mais von Moltke réussit à éviter une percée française grâce à ses dernières troupes de réserves.
Vers 16:50, la IIde Armée ouvre une attaque à Saint-Privat, village occupé par les hommes du général français Canrobert. Les troupes prussiennes sont vivement repoussées, mais les positions françaises sont anéanties par l'artillerie ennemie. Canrobert demande désespérément et à plusieurs reprises des renforts à Bazaine, mais ne les obtient pas. Ce dernier ne juge en effet pas Saint-Privat comme une bataille importante et refuse d'engager ses troupes de réserves, pourtant nombreuses.
À 20:00, le XIIe corps allemand déborde sur l'aile droite. Le 6e corps français est contraint de se replier suivi par le 4e corps, sous la protection de la Garde impériale arrivée en renfort et commandée par le général français Bourbaki. Celui-ci considère alors ce repli comme la défaite de son camp et refuse de lancer une contre-attaque.
Les combats cessent vers 22:00 pour la nuit après des corps-à-corps sanglants à Saint-Privat. Le lendemain matin, l'armée du Rhin préfère se replier dans Metz plutôt que de reprendre le combat.
Une grande partie des forces françaises n'a pas été engagée dans la bataille. Une grave erreur de la part de Bazaine qui prévoyait depuis plusieurs jours le repli sur Metz, considérant Saint-Privat comme une bataille mineure.
Ainsi les Allemands se sont retrouvés en supériorité numérique. Et grâce à une habilité tactique et malgré une résistance héroïque de certains corps français, ils sont parvenus à remporter la victoire.
Les Prussiens achèvent l'encerclement de Metz le 20 août en coupant le télégraphe et la voie ferrée Metz-Thionville. L'armée du Rhin est prise au piège, le siège de Metz commence...

 

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6 août 2007 1 06 /08 /août /2007 20:25

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La bataille de Mars-la-Tour (également appelée bataille de Rezonville ou bataille de Vionville) eut lieu le 16 août 1870, lors de la guerre franco-prussienne. Elle se déroula dans les environs de Mars-la-Tour, village situé à une quinzaine de kilomètres au sud de Metz. Il s'agit de la dernière grande bataille de cavalerie d'Europe.
Après avoir essuyé de multiples défaites en Alsace et en Moselle, notamment lors de la bataille de Forbach-Spicheren, l’armée du Rhin, bat en retraite vers l'ouest en direction de Metz.
Napoléon III malade et discuté, rejoint Châlons-sur-Marne et abandonne le commandement au maréchal Bazaine le 12 août 1870. Il lui ordonne au préalable de s'occuper du repli de l'armée française sur Châlons. Mais Bazaine n'est pas de l'avis de Napoléon III. Il souhaite en effet livrer bataille rapidement, car il a confiance en la puissance de la place de Metz et omet l'incapacité de celle-ci à tenir un siège. Il ne met donc aucun empressement à exécuter l'ordre reçu et emprunte lentement la route de Verdun.
Dans l'après-midi du 14 août, les avant-gardes de l'armée du général allemand Steinmetz, probablement avertis de la retraite française, livrent bataille dans les environs du village de Borny. Les Allemands en infériorité numérique se retirent dans la soirée craignant d'être la cible de l'artillerie des forts français. Malgré une défaite apparemment incontestable, les Prussiens ont rempli leur objectif. Ils ont en effet retardé le repli de l'armée du Rhin et permis ainsi au prince Frédéric-Charles, neveu du roi de Prusse Guillaume Ier et commandant de la IIe Armée, de poursuivre sa progression au sud de Metz sans être inquiété.
Ce dernier franchit la Moselle le 15 août à Novéant. En fin d'après-midi, les avant-gardes de son armée atteingent Mars-la-Tour et barrent la route de Verdun. Les Français sont contraint de livrer bataille le lendemain.
Le 16 août 1870, la bataille de Mars-la-Tour débute. Vers 10 heures, le corps du général Canrobert est attaqué à Vionville par le IIIe Corps prussien commandé par Von Alvensleben II. Le corps du général Le Bœuf est engagé à son tour vers midi. Les Français se regroupent et font face aux unités prussiennes. La bataille tourne alors en mêlée confuse. Les assauts prussiens sont contenus par l'artillerie adverse.
Au début de l'après-midi, le 2e corps français est relayé par le 6e corps et par des éléments de la Garde impériale, commandée par le général Bourbaki. Les troupes prussiennes sont à bout et la bataille semble tourner à l'avantage des Français. Mais des renforts allemands arrivent en fin d'après-midi. Ces derniers lancent alors les cuirassiers et les uhlans (équivalent des lanciers) de la brigade Bredow dans la bataille. Cette charge fantastique transperce à deux reprises les lignes françaises, mais sonne le glas d'une grande partie de l'élite de la cavalerie prussienne.
Le général Frossard lance à son tour les cuirassiers de la Garde impériale sur la partie gauche du champ de bataille. Ce fut le dernier grand affrontement de cavalerie d'Europe marqué par de célèbres charges telle la charge de la brigade du général Joseph Bachelier.
Les Français gardent l'avantage et gagnent du terrain. Comprenant qu'ils sont désormais sur le point d'être battus, les Allemands lancent une dernière offensive sur leur flanc droit, pour éviter l'encerclement. Piégés par le relief et par la présence de renforts français insoupçonnables derrière la crête, leurs troupes sont décimées et battent finalement en retraite désordonnée, à la merci de la chasse lancée par les Français. Ces derniers capturent alors leur premier drapeau ennemi de cette guerre.
A la fin de la journée, les deux armées bivouaquent à quelques centaines de mètres l'une de l'autre. L'attaque allemande a été repoussée. L'armée française reste maître du champ de bataille et dispose d'un avantage numérique.
Bazaine peut alors choisir, soit de poursuivre les combats le lendemain avec l'appui de renforts venus de Metz, et avec de bonne chance de battre l'armée du prince Frédéric-Charles ; soit de profiter de l'avantage de son camp pour rejoindre Verdun puis Châlons. Mais contre toute attente, il ordonne le repli de tous les corps sur le flanc ouest de Metz entre la Moselle et l'Orne, prétextant un manque de vivres et de munitions. Il laisse ainsi aux Prussiens la possibilité de continuer vers le nord-ouest et de barrer définitivement la route de Verdun.
Le 18 août l’armée du Rhin est confrontée à une nouvelle bataille, celle de Saint-Privat, où sa défaite lui ferme définitivement la route vers l'ouest, l'enfermant à Metz.

 

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Published by Patrick R. Nastro - dans NAPOLEON III ET LA GUERRE
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