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6 août 2007 1 06 /08 /août /2007 18:11
Gros-2C-Napoleon-at-Eylau.jpg

La bataille d'Eylau (Bagrationovsk, anciennement Preußisch Eylau) a eu lieu le 8 février 1807.
Les Prussiens ayant été écrasés à Iéna et Auerstaedt, Bennigsen que le Tsar avait envoyé avec 60 000 hommes pour les soutenir, se trouve obligé de temporiser en attendant des renforts russes sous les ordres de Buxhovden. Sans faire jonction avec le corps d'armée prussien du général Lestocq survivant il se replie sur la ville d'Ostrołęka en Pologne.
Napoléon Ier, irrité par la reprise des hostilités par la Russie, qu'il croyait avoir relativement épargnée lors de la paix de Presbourg, franchit la Vistule et tente alors d'envelopper la retraite des Russes par un mouvement de sa gauche, qui du fait des conditions atmosphériques échoue, ne provoquant que des combats d'arrière garde à Pułtusk et à Golymin (26 décembre 1806).
Les renforts russes, 50 000 hommes avec Buxhovden et 30 000 de la Garde impériale russe, étant arrivés, Bennigsen dispose alors de 140 000 hommes en Pologne et se résout à passer à l'offensive en attaquant le corps du maréchal Bernadotte, situé au nord du dispositif français et après l'avoir défait, s'engager dans les arrières des Français. Cependant Bernadotte réagit promptement en prenant l'offensive à Mohrungen, le 25 janvier 1807, ce qui permet de dégager son corps d'armée, face à des forces deux fois supérieures en nombre.
Napoléon, averti, lui ordonne ainsi qu'à Ney de se replier plus en arrière, pensant attirer Bennigsen, pour le prendre de flanc et l'adosser à la Baltique. Mais la prise d'un courrier français met celui-ci au courant du piège tendu et le pousse à nouveau à la retraite. Napoléon, décide alors de le contraindre à la bataille générale en marchant directement vers Königsberg où il sait se trouver la majorité des approvisionnement russes. Bennigsen, après deux combats d’arrière-garde à Hof et Heilsberg le 6 février, acculé choisit le village de Preussisch-Eylau pour tenter de l'arrêter.
Le 7 février:
Arrivés vers 14 heures, Soult et Joachim Murat attaquent l’avant-garde russe commandée par Bagration, située à l’ouest sur la route de Lansberg et dans le village même. Les premières attaques menées par les brigades Schiner et Vivies, sur la droite à travers les bois, et les brigades Levasseur et Essards, au centre à travers le lac gelé, se font sèchement repousser. Mais l’arrivée de la division Leval et du corps d’Augereau qui menacent d’envelopper par la gauche, contraint les Russes à se replier sur le village et en début de soirée, la division Legrand appuyée par celles de Saint-Hilaire et de Leval arrache le village aux Russes lors d’un corps à corps où se distingua la brigade Essards. Bagration, battu, recula sur la gauche des positions qu’occupait son général en chef sur les hauteurs à l’est du village. Napoléon arrivé à 23 heures à Eylau ne dispose que de 46 000 hommes et 300 canons, le corps de Davout, et celui de Ney étant encore respectivement, à 18 km au sud et 30km au nord tandis que celui de Bernadotte encore plus éloigné. Face à lui, Bennigsen a 80 000 hommes appuyés par 400 pièces, il décide néanmoins de livrer bataille le lendemain pour éviter une nouvelle dérobade russe.
Le 8 février:
Dès sept heures, l’artillerie russe répartie en trois grandes batteries pilonne les positions de Soult et le village. Rapidement l’artillerie française répond provoquant un gigantesque duel que les troupes des deux camps n’ayant pas mangé et dormi sans feu, subissent pendant deux heures. À neuf heures, Davout arrive, et immédiatement attaque par le sud, mais son infériorité numérique, malgré les succès initiaux, le met en difficulté, l’Empereur, pousse donc le corps d’Augereau et la division de Saint-Hilaire pour l’appuyer. Mais aveuglées par la neige, les colonnes de ceux-ci se présente de flanc contre la batterie centrale russe et se font décimer, les généraux de division Desjardins et Heudelet sont tués et le maréchal d’Augerau est blessé. Le 14e régiment d'infanterie encerclé est anéanti, sous les yeux même de Napoléon (qui ordonne a Augereau de tenter une opération de sauvetage et ce qui laissera un fameux passage dans les Mémoires du Général Marbot avec sa jument Lisette), par la contre-attaque générale lancée avec la garde impériale russe, la cavalerie et la division du général Somov qui vise à couper les Français en deux au niveau du village en profitant de la brèche créé. Napoléon, alors dans le cimetière d'Eylau, ne recule pas et fait donner la Garde. Électrisés par la présence de leur Empereur, les grenadiers de Dorsenne et les chasseurs à cheval de Dahlman, stoppent net la colonne russe de grenadiers qui vise le cimetière dans un titanesque corps à corps à l’arme blanche, c'est l'une des rares batailles où l'infanterie de la Garde impériale intervient. Il provoque ensuite Murat : « Nous laisseras-tu dévorer par ces gens-là ? », qui enlève une énorme charge de toute la cavalerie disponible, 12 000 hommes, la plus grande charge de tous les temps. Celle-ci sabre, à l’aller et au retour, les deux divisions que Bennigsen avait engagées dans l’exploitation de l’anéantissement des troupes d’Augerau, rétablissant la situation.
Le combat reste indécis toute l’après-midi, malgré l’apparition du Prussien Lestocq et de ses 10 000 hommes attaquant la droite de Davout, qui est contre-balancé par l’arrivée de Ney et de ses 8 000 hommes. La nuit tombée, Bennigsen à court de munitions, sans réserves, contre l’avis de Knorring, Osterman et Lestocq, décide de se replier vers Königsberg.
La victoire est française, mais elle a coûté fort cher :
Le corps d’Augerau est quasiment détruit, les autres corps sont très entamés.Plusieurs généraux de grande valeur sont perdus : 
maréchal Augereau est blessé grièvement.
Général de division Desjardins
Général de division Heudelet
Général de division d'Hautpoul (malgré une cuisse brisée et l’avis de Larrey, il refuse l’amputation et meurt le 14 février)
Général de division Dahlmann
Lochet
Varé
D'Hommières
L’aide de camp de Napoléon, Claude Corbineau...
Napoléon, très affecté par les pertes subies, contrairement à son habitude, restera huit jours sur le champ de bataille pour activer le secours aux blessés. De plus, elle n’est pas décisive car Bennigsen, quoique très entamé, s’est retiré en bon ordre et n’a pas été réellement poursuivi du fait de l’état d’épuisement de l’armée française. Il faudra une autre grande bataille pour contraindre les Russes à la paix, décisive celle-là, ce sera Friedland.
Fiction : Le colonel Chabert (héros du roman de Balzac) réputé mort à la bataille d'Eylau lors de la grande charge de Murat, réapparaît à Paris sous la Restauration, au grand dam de sa femme qui a hérité de sa fortune et s'est remariée.
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6 août 2007 1 06 /08 /août /2007 18:07
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La bataille de Pułtusk eut lieu le 26 décembre 1806 pendant les guerres napoléoniennes près de Pułtusk, en Pologne, entre 35 000 soldats russes sous les ordres du général Levin Bennigsen et 25 000 soldats français sous les ordres du maréchal Jean Lannes. Les Russes ont résisté aux attaques françaises, avant de se retirer le jour suivant.
Après la conquête de la Prusse en automne 1806, Napoléon entre en Pologne pour affronter l'armée russe, disposée à soutenir les Prussiens jusqu'à leur défaite soudaine. Traversant la Vistule, l'armée française prend Varsovie le 28 novembre.
L'armée russe est commandée par le maréchal Mikhail Kamensky, âgé et presque infirme. La première armée russe d'environ 55 000 à 68 000 hommes, commandée par le comte Levin Bennigsen, attend en arrière de la Vistule le long de la rivière Ukra, afin de s'unir à la deuxième armée, forte d'environ 37 000 hommes, sous le commandement de Buxhowden, qui vient de Russie et est encore à 15 jours de marche de la première armée. Début décembre, réalisant qu'il laisse ainsi aux Français l'occasion de traverser la Vistule, Kamensky avance pour essayer de regagner les rives du fleuve. Les Français traversent la Bug à Modlin le 10 décembre, tandis que les Prussiens commandés par Lestocq échouent à reprendre Toruń. le 11 décembre Bennigsen donne l'ordre de tenir le cour de l'Ukra.
À la nouvelle, Napoléon pense que les Russes sont en train de faire retraite. Il commande à Murat, qui à sous ses ordres le 3e corps de Davout, les 7e d'Augereau, le 5e de Lannes et la 1er corps de cavalerie de réserve, de poursuivre vers Pultusk tandis que 6e corps de cavalerie de Ney, le 1er de Bernadotte et le 2e de réserve de Bessières, contourneront les Russes par la droite et le que le 4e corps de Soult fera le lien entre les deux ailes.
Kamensky commande d'avancer pour soutenir les troupes sur la rivière Ukra. Cela retarde les Français qui éprouvent des difficultés à traverser la rivière, jusqu'à ce que Davout ne trouve, le 22 décembre, le moyen de traverser à la jonction de l'Ukra et de la Bug.
Le 23 décembre après un engagement à Soldau avec le 1er corps de Bernadotte, les Prussiens de Lestocq sont conduits au nord vers Königsberg. Réalisant le danger Kamensky commande la retraite sur Ostrołęka. Bennigsen désobéit et engage le combat le 26 décembre à Pultusk. Il a de disponible la 22e division d'Ostermann-Tolstoy, la 6e division de Sedmaratzki, et une partie de la 4e division de Golitsyn et de la 3e de Osten-Sacken.
Au nord-ouest la plus grande partie de la division du général Golitsyn et la 5e division du général Dokhturov sont arrêtes à Golymin près d'Ostrołęka.
Les conditions météo ont joué un rôle très important et occasionné bien des difficultés d'un côté comme de l'autre. Le temps doux d'automne avait duré plus longtemps que les autres année. Après les boues de l'automne, le gel et le dégel successifs avaient détruit les routes. Il y avait eu le 17 décembre un léger redoux, et un autre les 26 et 27 décembre. Les deux camps éprouvaient beaucoup de difficultés à manœuvrer, en particulier les Français qui avançaient plus vite que leur artillerie. Davout mis jusqu'à deux heures pour parcourir 4 km.
Il y avait également des difficultés avec l'approvisionnement. le capitaine Marbot, qui servait avec Augereau écrivit :
« Il a plu et neigé incessamment. Les provisions sont devenues très rares ; plus de vin, à peine plus de bière, et ce qui disponible est gâté, pas de pain, pour les rations nous avons dû abattre les porcs et les vaches. »
Pultusk se trouve sur les rives de la Narew. La route de Strzegociz traverse la rivière par un pont et se dirige au nord-ouest vers Golymin. Une deuxième route, venant de Varsovie entre dans la ville au sud-ouest, et conduit le long de la rive occidentale vers Rozan. Avant qu'elle n'atteigne Pultusk cette route est rejointe par celle de Nasilesk. Une dernière route se dirige au nord de la ville vers Markow.
Bennigsen range ses forces le long de la route de Pultusk à Golymin, sur trois lignes composées respectivement de 21, 18 et 5 bataillons. La gauche se repose sur la ville, la droite sur le bois de Mosin. L'artillerie est placée devant la première ligne. À l'extrême droite, le général Barclay de Tolly occupe une partie du bois de Mosin avec trois bataillons, un régiment de cavalerie et une batterie d'artillerie couvrant la route de Golymin. Le général Bagavout couvre la gauche de la ligne au pont qui enjambe la Narew, il tient une position située devant le ravin avec dix bataillons, deux escadrons des dragons et une batterie d'artillerie. 28 escadrons de cavalerie sont déployés en bordure de l'arête, et la cavalerie cosaque est déployée devant Barclay et Bagavout.
Lannes a ordre de traverser la Narew à Pultusk. Il se croit en sécurité jusqu'à ce qu'il découvre devant lui les forces Russes.

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1 août 2007 3 01 /08 /août /2007 20:10

La Bataille de Golymin eut lieu le 26 décembre 1806 pendant les guerres napoléoniennes de la quatrième coalition à Golymin (Pologne), entre les troupes russes du prince Dmitriy Vladimirovich Golitsyn et les troupes françaises du maréchal Joachim Murat. Malgré leur infériorité numérique, les Russes parvinrent à se désengager.
Le village de Golymin se trouve dans un secteur plat entouré de marais et de bois. De légères élévations au nord et au nord-est. Du village, une route conduit à Pultusk au sud-est, un autre va à Ciechanow au nord-ouest, et au nord-est une autre ce dirige vers Makow (vers où les Russes font retraite). Une voie relie Golymin au petit village de Garnow aux sud. Le village de Ruskowo se trouve au sud-ouest, et à celui de Kaleczin une courte distance à l'ouest. Wadkowo s'étend plus loin le long de la route de Ciechanow.
Au matin du 26 décembre, des éléments de la 4e division de Golitsyn atteignent Golymin. Ils sont trop épuisés pour continuer sur Makow et décident d'attendre les unités de la 3e division de Sacken. Dans le village ils trouvent Dokhturov, qui a envoyé la majeure partie de sa 5e division vers Makow, mais est resté à Golymin avec un régiment d'infanterie et un régiment de dragons. Golitsyn voudrait que ses hommes se repose avant de continuer la retraite.Le corps de réserve de la cavalerie de Murat et le 7e corps d'Augereau découvre la ville aux premières lueurs du jour. Vers 10 heures, la division de cavalerie de Lasalle arrive la première par le sud-ouest.Golitsyn a renforcé son arrière-garde, composé de deux escadrons de cavalerie, avec trois escadrons des cuirassiers, et les hommes de Lasalle doivent se réfugier dans les bois. Vers 14 heures les troupes d'Augereau apparaissent à l'est. Golitsyn abandonne son idée de retraite, car ses hommes sont trop épuisés pour avancer. Il envoie un régiment d'infanterie sous la commande du prince Shcherbatov dans les bois autour de Kaleczin et place le reste de sa division devant Golymin, en gardant sa cavalerie et les troupes de Dokhturov en réserve.Deux divisions d'Augereau avancent, celle de Haudelet venant Ruskow, du côté gauche et celle de Desjardins venant de Wadkow du côté droit. Cette dernière repousse d'abord Shcherbatov, avant de reculer quand il reçoit le renfort d'un bataillon d'infanterie et l'appui des canons Russes. La division de Heudelet progresse peu.Pendant que commençait l'attaque d'Augereau, Murat est arrivé autour de Garnow avec les divisions de cavalerie de Klein et de Milhaud et la cavalerie légère de Davout. Ils repoussent les Russes dans les bois aux sud de Golymin, mais le terrain ne convenant pas à la cavalerie, ne poursuivent pas plus loin.Les forces de Golitsyn sont maintenant renforcées par deux régiments de cavalerie des 7e et 8e divisions, qui sont passés après la cavalerie d'Augereau sur la route de Ciechanow. Cependant, la 1re division de Davout commandée par Morand arrive du sud-est. Golitsyn envoie trois bataillons d'infanterie dans les bois et les marais aux sud de Golymin, et deux régiments de cavalerie pour couvrir la route de Pultusk.À environ 15h30, la première brigade de Morand attaque et repousse les Russes. Davout a vu que ces derniers essayent de se retirer vers Makow. Il envoie la seconde brigade de Morand sur la route de Pultusk. Une unité de dragons menée par le général Rapp charge les Russes, mais tombe sur des fantassins en embuscade dans les marais de chaque côté de la route. Rapp est blessé, les dragons reculent. Après la prise du bois, pour éviter des pertes inutiles, la division du Morand n'a pas avancé davantage.La nuit est maintenant tombée et les Russes commencent à se retirer. Les hommes de Dokhturov mènent la marche sur Makow. À environ 21 heures, Golitsyn envoie ses canons, sa cavalerie, et son infanterie.
Golitsyn a bénéficié de l'avantage du terrain et de l'appui de ses canons, alors que les Français n'avait pas d'artillerie. Les attaques françaises n'était pas coordonnées, et trop tardives. Quand le crépuscule est tombé, les attaquants était éclairés comme des cibles par les villages incendiés derrière eux. La fière résistance des Russes fera dire à Murat à l'adresse de Napoléon :
« Nous pensions que l'ennemi avait 50 000 hommes »
On peu sans doute considérer que la bataille fut une victoire pour les Russes. Golitsyn poursuivit sa retraite et Murat abandonna la poursuite.
La résistance du général Golitsyn, combinée à l'échec de Soult à contourner le flanc droit russe, fait perdre à Napoléon une chance de rattraper les lignes russes et de les emprisonner devant le fleuve Narew.

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1 août 2007 3 01 /08 /août /2007 20:07

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La bataille de Saalfeld eut lieu le 10 octobre 1806 entre la France, le Veme corps de la Grande Armée commandé par le maréchal Lannes et une coalition de la Prusse et la Saxe, l'avant-garde de l'armée du général Hohenlohe commandée par le prince Louis Ferdinand de Prusse.
Alors que les autres coalisés reconstituent leurs forces après les défaites infligées par la Grande Armée de Napoléon la Prusse, poussée par les aristocrates et la reine, déclare la guerre. Les forces sont sensiblement égales numériquement mais celles de la France sont beaucoup mieux aguerries.
La division Suchet qui est devant les 41 000 hommes de la colonne est émoustillée lorsqu'elle descend du col par l'artillerie du poste de Saalfeld défendu par 2 000 cavaliers et 7 000 fantassins.
Lannes n'attend pas Augereau et donne immédiatement l'ordre d'attaquer. Suchet est envoyé à travers bois tourner le flanc gauche des Prussiens, pendant qu’une attaque de diversion est faite au centre. Le prince Louis comprend à temps le danger, renforce son aile gauche et avance au centre pour prendre le contrôle du village de Schwarza.
Récit par Napoléon :
« La canonnade n'a duré que deux heures ; la moitié de la division du général Suchet a seule donné ; la cavalerie prussienne a été culbutée par les 9e et 10e régiment de hussards ; l'infanterie prussienne n'a pu conserver aucun ordre dans sa retraite ; une partie a été culbutée dans un marais, une partie dispersée dans les bois. On a fait 1 000 prisonniers ; 600 hommes sont restés sur le champ de bataille ; trente pièces de canon sont tombées au pouvoir de l'armée. Voyant ainsi la déroute de ses gens, le prince Louis de Prusse, en brave et loyal soldat, se prit corps-à-corps avec un maréchal-des-logis (Guindet) du 10e régiment de hussards. “Rendez-vous, Colonel, lui dit le hussard ou vous êtes mort.” Le prince lui répondit par un coup de sabre ; le maréchal-des-logis riposta par un coup de pointe, et le prince tomba mort. Si les derniers instants de sa vie ont été ceux d'un mauvais citoyen, sa mort est glorieuse et digne de regret ; il est mort comme doit désirer de mourir tout bon soldat. Deux de ses aides de camp ont été tués à ses côtés. »
Les pertes françaises ne se montent qu'à 172 hommes.

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1 août 2007 3 01 /08 /août /2007 20:01

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La bataille d'Iéna s'est déroulée le 14 octobre 1806, à Iéna, (Allemagne actuelle), et s'est terminée par une victoire des Français commandés par Napoléon contre les Prussiens commandés par le général de Hohenlohe.
En août 1806, l'Europe semble en paix : l'Autriche désarme ; le Royaume-Uni, ruiné par la guerre et démoralisé par la victoire française sur le continent, fait tout pour trouver un accord avec la France, surtout depuis la mort de William Pitt et son remplacement par Fox tandis que le royaume de Naples est occupé, obligeant son roi à s'exiler en Sicile.
Pourtant, Frédéric-Guillaume III de Prusse est très inquiet lorsque Napoléon réorganise, sans le tenir informé, le Saint-Empire en Confédération du Rhin, cette dernière trop favorable à la France : les principaux États qui la composent sont sous son protectorat. De plus, Napoléon voudrait restituer le Hanovre à son ancien propriétaire, le Royaume-Uni. Or, depuis moins de six mois, ce territoire est occupée par la Prusse, en échange de sa neutralité avec la France, pendant que la Grande Armée est occupée en Bavière et en Moravie contre les unités russes et autrichiennes de la troisième coalition.
Pendant les mois d'août à septembre, la belle reine de Prusse, Louise de Mecklembourg-Strelitz, attise la haine de l'armée et de la population prussiennes à l'encontre des Français : les officiers de l'armée royale se plaisent à aiguiser leurs sabres sur les marches de l'ambassade de France à Berlin tandis que Frédéric-Guillaume III de Prusse lance à qui veut l'entendre:
« Pas besoin de sabres, les gourdins suffiront pour ces chiens de Français
. » 
Alexandre Ier, Tsar de toutes les Russies et Frédéric-Guillaume III de Prusse se rencontrent à Potsdam, et jurent sur le tombeau du grand Frédéric II de Prusse de ne plus jamais se séparer avant la victoire sur la France.
La Prusse, la Russie, la Suède, la Saxe et le Royaume-Uni (à la mort de son Premier ministre Fox, le 14 septembre), forment la quatrième coalition et mobilisent leurs troupes le 9 août. L'armée prussienne est divisée en trois groupes : Un sous les ordres de Charles Guillaume Ferdinand, duc de Brunswick (70 000 hommes), un autre sous le commandement du prince de Hohenlohe (50 000 hommes) et un troisième sous Rüchel et Blücher (30 000 hommes).
Le 4 octobre, Napoléon reçoit un ultimatum l'invitant à se retirer de la rive droite du Rhin avant le 8 octobre. Le 6, on fait lire à la Grande Armée un bulletin qui annonce :
« Soldats ! L'ordre de votre rentrée en France était déjà donné, des fêtes triomphales vous attendaient. Mais des cris de guerre se sont faits entendre à Berlin. Nous sommes provoqués par une audace qui demande vengeance
. » 
Immédiatement, la Grande Armée (180 000 hommes), tel un torrent, submerge l'Allemagne, ayant pour objectif Berlin. L'avant-garde, sous les ordres du maréchal Lannes, repousse un corps prussien à Saalfeld le 10 octobre. Le prince Louis Ferdinand de Prusse, le neveu du grand Frédéric, y trouve la mort en combat singulier. Pourtant, l'armée adverse résiste. La cavalerie de Murat est envoyée en reconnaissance dans la plaine de Leipzig, mais sans résultat. En fait, les Prussiens ont décidé de se replier vers le Nord, ne laissant sous les ordres de Hohenlohe qu'une forte arrière garde à Iéna. Napoléon s'y dirige alors avec le gros de ses troupes. Il donne l'ordre à Davout de marcher sur Naumbourg, à une soixantaine de kilomètres au sud de Leipzig, pour prendre l'ennemi à revers et frapper ses arrières. Bernadotte est laissé en réserve, sur les hauteurs de Dornbourg, et doit prêter main-forte à Davout en cas de problèmes.
L'armée prussienne est divisée en deux colonnes : une sous le commandement de Brunswick, et l'autre sous les ordres de Hohenlohe avec 50 000 hommes et 120 canons. Ce dernier a pour but de protéger la retraite du premier. C'est le corps de Hohenlohe qui soutiendra l'affrontement avec Napoléon.
Les forces françaises comprennent le 4e corps de Soult, le 5e de Lannes, le 6e de Ney et le 7e d'Augereau (ces deux derniers sont incomplets au début de la bataille) et la garde impériale, soit 55 000 hommes. La réserve de cavalerie s'y ajoute, soit 10 000 hommes. L'artillerie comprend 173 canons. Le tout est commandé par Napoléon.
Le 13 octobre, à la tombée de la nuit, Lannes arrive devant Iéna, que les Prussiens viennent d'abandonner. La ville est ravagée par les incendies nés des pillages. Ce site convient mal pour une bataille rangée. Il s'agit d'une vallée très encaissée, entourée d'une dense forêt. À l'est, le plateau de Landgrafenberg atteint 350 mètres, mais les Prussiens ont négligé de le garder, estimant ses pentes infranchissables.
La légende raconte que c'est un prêtre saxon, n'admettant pas l'alliance forcée de son pays avec la Prusse, qui guida l'état-major de Lannes, par un sentier étroit et caillouteux, qui servait habituellement à conduire les chèvres jusqu'au sommet. Napoléon fit aussitôt armer ses bataillons de pics et de pelles pour élargir le passage afin de faire passer l'artillerie française, bloquée en bas du chemin. L'Empereur dirigeait lui-même l'opération, n'hésitant pas à encourager et aider ses soldats. Tout le centre était « massé » sur ce plateau, la poitrine de chaque homme touchant le dos du soldat placé devant lui. La seule route d'accès vers la vallée est bien gardée par les troupes saxonnes.
Napoléon improvise aussitôt une manœuvre inverse de celle d'Austerlitz : Il conquiert à l'insu de son ennemi un plateau qui lui assure une situation dominante. Il surplombe ainsi l'armée prussienne concentrée juste devant lui.
L'armée française progresse, avec de gauche à droite, les corps d'Augereau, de Lannes, de Ney et enfin de Soult. La garde impériale est en retrait, entre Augereau et Lannes, ainsi que la cavalerie de Murat, placée à l'extrême droite. Par contre, l'armée prussienne entre en ordre de bataille, en deux colonnes parfaitement alignées, comme pendant la guerre de Sept Ans. Le corps du prince Rüchel (30 000 hommes) est placé sur le flanc droit prussien, en renfort. Mais celui-ci trop éloigné et mal commandé, ne peut participer à la bataille.
À six heures du matin, Napoléon donne l'ordre de l'attaque. Les Prussiens, mal réveillés et ébahis, s'attendent à voir déboucher les Français sur leur droite. Ils soutiennent avec succès l'assaut d'Augereau, mais il s'agit d'une opération de diversion. La surprise des Prussiens est totale lorsqu'ils voient surgir du brouillard 30 000 hommes qui prennent leurs flancs. Immédiatement, Lannes bouscule la réserve du général Tauertzien tandis que Soult progresse par la droite et Augereau par la gauche.
Napoléon stabilise le front en alignant ses ailes par rapport à son centre, mais Ney, enthousiaste, continue son avancée et fait charger ses troupes. Il se retrouve vite au milieu des lignes adverses. Hohenlohe contre-attaque avec toute sa cavalerie, soit vingt escadrons. Aidé de l'artillerie, Ney redresse la situation.
Le général prussien Hohenlohe, visionnaire militaire de son temps, sait que ses hommes n'ont pas été entraînés, et que la bataille va sûrement être perdue. Son ami, le général Messembach, le rejoint au moment où la situation devient critique. Vers midi, les lignes prussiennes sont enfoncées. Les Saxons forment les carrés mais la cavalerie française entre en action et les décime. Les débris de l'armée prussienne sont pillonnés par l'artillerie française, au grand complet.
Contrairement à Austerlitz, où Napoléon n'avait pas fait poursuivre par un nombre de soldats conséquents les Russes et les Autrichiens battant en retraite (seule la cavalerie de Murat s'est élancée sur leurs traces,sans intention de détruire ce qui restait de l'armée ennemie), cette fois, il donne l'ordre de s'élancer sur les traces des Prussiens. Murat progresse si vite qu'il saisit à l'entrée de Weimar l'artillerie et les bagages des Prussiens. La reine de Prusse, "âme damnée" de la guerre, s'enfuit par une porte de la ville tandis que les Français entrent par l'autre. Meilleure cavalière et surtout plus légère, elle avait, quelques heures plus tôt, déjà réussi à semer les dragons français.
Les troupes prussiennes subissent de lourdes pertes : 49 généraux (dont 19 saxons), 263 officiers, 12 000 hommes, tués ou blessés, 14 000 prisonniers, 40 drapeaux et 112 canons capturés.
Les Français perdent 6 officiers supérieurs (dont les colonels de 20e chasseurs et Barbanègre du 9e hussards), 288 officiers et environ 6 000 hommes, tués ou blessés.
La bataille d'Iéna est combinée à celle d'Auerstaedt, qui se déroule le même jour, et voit le triomphe de Davout, qui avec seulement 27 000 hommes, vainc les 60 000 soldats de Brunswick. L'armée prussienne perd dans la même journée environ 45 000 hommes et toute son artillerie. Ces défaites jettent les Prussiens dans le désarroi. Ainsi, on vit trois hussards français capturer à eux seuls et sans résistance un escadron ennemi. Il n'y a plus d'armée prussienne. le 17 octobre, Bernadotte écrase le prince de Wurtemberg.
Le 27 octobre 1806, soit moins d'un mois après être entré en campagne, Napoléon entre à Berlin. Le 28, Murat capture le prince de Hohenlohe et toute son armée (16 000 hommes, 6 régiments de cavalerie, 60 canons et autant de drapeaux). Le 7 novembre, Blücher capitule à Lübeck. Enfin, Ney met fin à la chasse à courre, selon l'expression d'un général prussien, s'empare de Magdebourg, et capture 15 000 hommes et un parc d'artillerie de plusieurs centaines de canons, fraîchement livrés par les Britanniques.
L'armistice est signé le 30 novembre. Le sort de la Prusse est décidé le 9 juillet 1807 par le traité de Tilsit. Elle est amputée de la moitié de son territoire et de la majorité de ses places fortes (Magdebourg, Erfurt, Stettin, Graudeuz, Dantzig), la plupart à l'ouest de l'Elbe. Elle perd 5 millions d'habitants et doit payer une indemnité de guerre considérable, soit 120 millions de francs de l'époque.
Il a été dit qu'Hegel, qui était alors professeur à l'université d'Iéna, avait complété son chef d'œuvre, la Phénoménologie de l'Esprit, pendant que la bataille faisait rage. Hegel considérait que cette bataille était « la fin de l'Histoire », en termes d'évolution des sociétés humaines vers ce qu'il appelait « l'État universel et homogène ». Ce thème sera repris par Kojève qui verra ensuite la réalisation de "l'État universel et homogène" de Hegel dans Staline puis dans la "construction européenne" dont il sera un des activistes jusqu'à sa mort en 1968. Avec la chute du communisme, le thème revient dans le livre de Francis Fukuyama : La Fin de l'histoire et le Dernier Homme qui voit l'unification du monde sous l'emblème de la démocratie libérale.

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1 août 2007 3 01 /08 /août /2007 19:58

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La bataille d'Auerstaedt opposa l'armée prussienne à l'armée française menée par Louis Nicolas Davout le 14 octobre 1806, parallèlement à la bataille d'Iéna.
Le 14 octobre 1806 l'armée prussienne, référence européenne depuis un demi-siècle, est mise en déroute au cours de deux batailles simultanées. Le maréchal Davout, commandant l'aile droite de l'armée française, affronte les Prussiens à Auerstaedt.
L'Empereur mène une campagne visant à atteindre Berlin. Après un engagement à Saalfeld, il poursuit l'armée prussienne. Pensant qu'elle se trouve à Weimar en retraite vers Leipzig, il joue de vitesse pour l'affronter à Iéna. Ses éclaireurs lui apprennent dans la journée du 13 octobre qu'il rejoint l'ennemi. Napoléon Ier pense avoir devant lui le gros de l'armée prussienne.
Dans la nuit du 13 au 14, il envoie Davout en avant pour la prendre à revers. Mais en fait, c'est l'arrière-garde que Napoléon affronte à Iéna, alors que Davout se trouve face à l'avant-garde suivie du gros des troupes ennemies, celles-ci pensant affronter le gros de l'armée française.
Le mouvement tournant des trois divisions de Davout devait passer par Auerstaedt où stationnaient au même moment les trois corps d'armée prussiens. En fin de journée du 13 octobre, Naumbourg est occupée et les Français tiennent le pont de Kösen, les Prussiens se disposent en retrait du village d'Hassenhausen.
En face de Napoléon, Schmettau avait pour mission de disposer ses troupes en écran pour permettre le reflux du gros de l'armée prussienne, il ne cherche donc pas la bataille.
À six heures du matin, dans le brouillard, la division Gudin à l'avant-garde se dirige sur le village d'Hassenhausen. Un premier peloton de cavalerie française traverse le village pour se retrouver face à la cavalerie de Blücher, les Français font quelques prisonniers qui apprennent l'arrivée d'une division.
La cavalerie du général Blücher, qui déjà débordait la droite du maréchal Davout, menaçait de la tourner et de l'envelopper. Davout ordonne au 25e régiment d'infanterie de ligne d'aller tenir le village. Avant d'y arriver ils doivent affronter les troupes avancées de l'ennemi (hussards et artillerie) mais après un court combat occupent le village et en contrôlent les accès.
À neuf heures, alors que le brouillard se dissipe la division Gudin est fermement établie autour du village lorsque qu'apparait la division prussienne signalée. Voyant les Français, Blücher décide immédiatement d'attaquer, les charges successives de sa cavalerie se brisent sur les carrés des Français et finissent par une débandade.
Au nord une batterie à cheval prend alors position pour canonner la droite des Français, cependant Davout avait ordonné à la division Friant de manœuvrer sur ce côté qui bouscule cette batterie et dans la foulée occupe le village de Spielberg, mais ne parvient à pousser plus loin.
En même temps, le village de Popel était enlevé par le colonel Higonet qui prit aux Prussiens un drapeau et trois pièces de canon. Le maréchal Davout, toujours à la tête de la division Friant qui marchait en colonnes serrées, se porta en avant, laissant Auerstadt sur sa gauche. Le feu des batteries que l'ennemi avait sur ce point n'empêcha pas le général Friant de continuer son mouvement ; il s'appuya à droite pour couper la retraite à l'ennemi.
Les Prussiens font avancer leur deuxième ligne et la division Wartenselen menace de contourner au sud. Depuis quatre heures, la division Gudin luttait contre des forces supérieures, et se trouvait livrée à elle-même par le mouvement de la division Friant. Les Prussiens font reculer les Français qui sont sur le point de céder, dans le village, lorsque la division Morand entre en ligne vers onze heures. Une charge de la cavalerie prussienne est à nouveau décimée. La première brigade de ce corps enleva, à la baïonnette, le village de Hassenhausen.
Le duc de Brunswick, qui commandait personnellement la charge, est blessé grièvement à dix heures, ce qui accentue la défaillance des troupes prussiennes.
A onze heures du matin, le roi de Prusse ordonna une attaque générale ; le prince Henri, son frère, se mit à la tête d'un corps nombreux de cavalerie prussienne, et tomba avec impétuosité sur la division Morand, qui se défendait contre une division d'infanterie prussienne. Le prince Henri ayant été blessé dans une charge, ses troupes se replièrent et vinrent se ranger derrière l'infanterie, et le général Morand, les attaquant à son tour, les dispersa dans la plaine.
Tandis que ces événements se passaient à la gauche de l'armée française, le général Friant lança ses tirailleurs dans la direction des villages de Poppel et de Tauchwitz, qui obligèrent la brigade du prince Henri à se retirer.
Les trois divisions prussiennes engagées ayant été forcées de rétrograder, la droite de la division Morand gagna du terrain. Le général de Billy, à la tête du 61e régiment, s'avança vers la tête du ravin qui conduit à Rehausen.
Les Prussiens firent renforcer leur droite pour arrêter les progrès de l'aile gauche des Français, tandis que quelques compagnies de tirailleurs filaient le long du vallon. Depuis que le duc de Brunswick avait été forcé de quitter le champ de bataille et avait eu un cheval tué sous lui, le roi de Prusse conduisait en personne toutes les attaques.
La gauche des Français étant dégarnie de cavalerie, ce prince voulut tenter d'enfoncer l'infanterie pour tourner ensuite la division Gudin ; mais le maréchal Davout, devinant les intentions du roi de Prusse, envoya le général Morand pour empêcher cette manœuvre. Le maréchal Davout profitant du succès de ses deux ailes, fit avancer le centre de son corps d'armée, et faisant attaquer le village de Tauchwitz par le général Gudin, l'armée prussienne se retira en désordre laissant sur les hauteurs de Hussenhausen la plus grande partie de son artillerie.
Les deux divisions de réserve, commandées par le général Kalkreuth, se mirent alors en ligne. Le prince de Prusse, commandant les grenadiers, et le général Blücher qui avait rallié toute la cavalerie appuyaient le mouvement. Le maréchal Davout se rendit à l'aile droite qui achevait de décider la victoire par un mouvement de conversion, dirigea sa gauche sur le Sonneberg, et envoya sur la gauche des plateaux d'Eckartsberg la division Gudin, qui débouchait des villages de Tauchwilz et de Poppel.
Une des deux divisions de réserve de l'armée prussienne étant presque tournée, prit position vers les quatre heures en avant d'Eckartsberg. Une forte batterie la soutenait. Pendant ce temps, le général Grandeau, en tête de la division Friant, arrivait par la droite sur le plateau avec le IIIe régiment.
A la vue de ce renfort, les Prussiens abandonnèrent précipitamment leur position, la dernière qui leur restât, laissant vingt-deux pièces de canon au pouvoir des Français. L'ennemi fut poursuivi jusqu'à la nuit ; il éprouva une telle panique, que le général Vialannes, le chassant devant lui jusqu'à trois lieues du champ de bataille, ramassa sur son chemin, sans éprouver aucune résistance, un grand nombre de prisonniers, de chevaux et plusieurs drapeaux.
Le roi Frédéric Guillaume III hésite, malgré son avantage numérique, puis fait sonner la retraite vers quatorze heures. Davout le presse de près, et lance la poursuite à dix sept heures, qui provoque la déroute des troupes prussiennes qui se mélangent aux fuyards de la bataille d'Iéna.
Ce grand fait d'armes aurait probablement dû rendre Davout plus célèbre, si Napoléon n'avait remporté le même jour la bataille d'Iéna. Le IIIe corps eut tout de même le privilège d'entrer le premier à Berlin.
À noter que du fait d'un conflit de personnes le corps de Bernadotte (20 000 hommes) erre lors de la journée du 14 et ne participe ni à la bataille d'Iéna ni à celle d'Auerstaedt.

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1 août 2007 3 01 /08 /août /2007 19:56

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Mack et 25.000 Autrichiens furent défaits par 6.000 Français à la bataille d'Haslach ou d'Albeck le 11 octobre 1805.
Albeck est un village de Wurtemberg, à 10 km d'Ulm.

La bataille de Haslach Jungingen n’a sûrement pas été voulue par les parties en présence. Quand le Général de Division Dupont (1ère Division du 6ème Corps de Ney) arrive devant Ulm, il ne croît pas être face à une armée conséquente mais plutôt devant l’arrière garde de Mack. Dans son mouvement stratégique, Napoléon a souhaité arriver sur les arrières du général autrichien. Il a demandé à Lannes de faire une démonstration devant la Forêt Noire afin de capter l’attention de cette armée stationnée à Ulm, dans l’attente du renfort austro-russe. Le plan a parfaitement fonctionné. Après quelques engagements à Wertingen puis Gunzburg, l’armée française a pris position près de Ausbourg. Napoléon confie alors à Murat le soin de commander une armée composée de la Réserve de Cavalerie et des 5ème et 6ème Corps (Lannes et Ney). Elle a pour objectif de suivre Mack vers le sud quand celui-ci prendra la décision de quitter Ulm. A cette fin, Murat souhaite que son effectif entier soit sur la rive droite du Danube. Ney ne partage pas cet avis; il pense que le général adverse pourrait essayer de s’échapper vers le nord, et demande à son supérieur hiérarchique, lors d’un entretien houleux, l’autorisation de ramener tout son Corps sur la rive gauche. Le 10 octobre, le 6ème Corps d’Armée est en effet partagé en deux; si l’essentiel est au sud du Danube avec le gros de l’Armée française, il en va autrement du Général Dupont qui a reçu l’ordre de faire mouvement vers Ulm pour fixer ce que l’Etat Major pense être l’arrière garde autrichienne. Durant ces évènements, la 1ère Division avance, avance encore.
La voici à Ulm. Les hussards chargés d’éclairer le mouvement rapportent que l’effectif adverse est important. Le général français part en observation et ne peut que confirmer… L’alternative est simple :
Faire un mouvement rétrograde qui va probablement entraîner les autrichiens dans une poursuite, et il n’est pas aisé de faire front en reculant, 
Continuer le mouvement, en ordre de bataille, pour laisser penser à l’adversaire que les 5000 hommes ne composent que l’avant garde d’une armée.
Le général français n’hésite pas. Dans un premier temps, il prévoit d’ancrer sa ligne de défense sur Haslach et de s’étendre au sud vers le Danube. Cette organisation ne lui semble pas très sûre car elle laisse un couloir au nord où les autrichiens vont probablement s’engouffrer pour inquiéter son aile droite. Dupont observe le petit village de Jungingen plus à l’ouest. Eloigné de Haslach,  il verrouille cependant cette allée dangereuse qui menace sa droite. Sa décision est prise : les compagnies de grenadiers et carabiniers des six régiments sont réunies afin de composer un bataillon provisoire qui occupera Jungingen, avec en soutien le 9ème léger ; sur le secteur d'Haslach  il va déployer le 96ème, le 32ème de ligne et l’artillerie à pied. La cavalerie jouera le rôle de réserve. Il envoie de plus un message au général Baraguey d’Hilliers de le rejoindre avec sa division de dragons à pied. Coté autrichien, la réaction est rapide ; cependant, la cavalerie légère n’a pas réalisé son travail d’observ ation. Mack ne sait pas, malgré l’altitude de Ulm, si ce qu’il voit constitue l’avant garde d’une armée plus importante ou un groupe isolé de combattants. On peut penser cependant qu’il penche plutôt vers la première solution. Dupont l’a trompé et ce stratagème va empêcher les Autrichiens d’engager tout leur potentiel. Tout est en place pour le premier acte qui va se dérouler dans et autour de Jungingen.

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1 août 2007 3 01 /08 /août /2007 19:56

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La Bataille navale de San Domingo se déroule le 6 février 1806 près de Santo Domingo, à proximité de l'île d'Hispaniola, quand un escadron important anglais dirigé par le Vice-Amiral Duckworth combattit contre un plus petit escadron français dirigé par l'Amiral Leissegues.
Le 22 frimaire an XIV, onze vaisseaux appareillèrent: ils avaient pour chefs les amiraux Leissègues et Willaumez. Ils devaient former deux escadres et ne se séparer qu'à la mer. Ils naviguèrent de conserve pendant deux jours, et firent route ensuite pour leur destination respective: Leissègues, avec cinq vaisseaux, deux frégates et une corvette, avait pour mission de porter à Santo-Domingo 900 hommes de troupes et des munitions de guerre.
Après quarante jours de traversée, il entra à Santo-Domingo dans un état complet d'avaries causées par les vents. Quatorze jours suffirent à peine aux réparations les plus urgentes, et lorsqu'il se disposait à partir, il vit apparaître une escadre anglaise de neuf vaisseaux et plusieurs frégates.
Il sortit aussitôt et donna l'ordre de se préparer au combat. Les manœuvres de l'amiral ont reçu une part peut-être égale d'éloges et de blâme ; il ne nous appartient pas de les apprécier. Peut-être devait-il éviter le combat en présence de forces supérieures.
Sa réponse à ce reproche est : « Élève du bailli de Suffren, dit-il, j'ai appris de lui à ne jamais compter mes ennemis. »
Sa défense fut héroïque : le vaisseau amiral avait perdu 150 hommes et 30 officiers supérieurs, il avait 500 boulets dans le corps du vaisseau ; le mât d'artimon, le grand mât et le petit mât de hune étaient coupés; le feu avait pris trois fois, les batteries de 24 et de 18 étaient désemparées des deux bords , il y avait vingt pieds d'eau dans la cale, un boulet resté dans l'étambraie empêchait le jeu du gouvernail; le capitaine, le second et six officiers étaient blessés. Décidé à ne point amener son pavillon, Leissègues profita d'un moment où le feu s'était éteint de part et d'autre pour diriger l'Impartial sur la côte au moyen de la misaine, seule voile qui lui restait, et il échoua à dix lieues environ dans l'est de Santo-Domingo.
Trois jours après, malgré le feu des vaisseaux ennemis, il avait débarqué ses blessés et ce qui restait de l'état-major et de l'équipage, et il descendait à terre emportant avec lui son aigle et son pavillon.
Après avoir lu le récit de cette action, l'Empereur dit: « C'est un des beaux combats de la marine française. »

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1 août 2007 3 01 /08 /août /2007 19:54

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Bataille du Cap-Vert

Réduit à la nécessité de réparer son navire fatigué par un long séjour dans les mers lointaines et criblé du feu de l'ennemi, l'amiral Linois se décida à faire route pour l'Europe. La frégate la Belle-Poule, qui avait rallié depuis peu, devait le suivre dans cette dernière traversée vers les côtes.
Lors du voyage de retour vers la France, l'escadre française de l'amiral Linois rencontre en 1806 au large du Cap-Vert une importante escadre britannique sous le commandement de l'amiral Warren.
Le 22 ventôse an XIV, les deux fidèles compagnons de route, se trouvant déjà à la hauteur des îles du cap Vert aperçoivent à deux heures du matin une voile courant à contre-bord d'eux. Bientôt cette voile, dont l'obscurité de la nuit permettait à peine d'observer tous les mouvements, fut suivie de deux autres voiles. Le premier de ces trois navires portait des feux à sa corne d'artimon : c'était un signal de ralliement. Quelques fusées romaines, lancées dans les airs par un des bâtiments en vue, ne laissèrent plus de doute au Marengo sur l'espèce de rencontre qu'il venait de faire.
Ce sont des navires de guerre, dit Linois à son capitaine Vrignaud, qui commandait sous les ordres de l'amiral ; ils escortent sans doute un fort convoi, faites faire un branle-bas de combat à notre bord, et gouvernez de manière à passer près d'eux, pour que nous puissions les reconnaître.
Cet ordre est bientôt exécuté. A trois heures l'amiral s'aperçut qu'au lieu de redouter la chasse qu'il voulait leur appuyer, les navires rencontrés avaient manœuvré de manière à attaquer le Marengo et la Belle-Poule, dont la marche était inférieure à celle du vaisseau. A cinq heures du matlin, alors que le jour commençait à poindre et à jeter quelque clarté à portée de fusil dans les eaux du Marengo , un vaisseau à trois ponts, couvert de toile, et battant pavillon anglais à sa corne d'artimon.
Les couleurs nationales furent aussitôt hissées à bord du vaisseau français, et, pour assurer le signal, Linois fit envoyer au même moment toute sa volée dé tribord dans l'avant du vaisseau chasseur. Le feu, ainsi commencé, ne fut interrompu que lorsque le London approchant le Marengo, à la largeur d'écouvillon, sembla vouloir présenter l'abordage. Trompé par ce simulacre d'attaque, Linois ordonne au capitaine Vrignaud de faire monter tout le monde sur le pont et de jeter des grapins à bord de l'ennemi : les grapins, hissés au bout des vergues qui se sont déjà croisées avec les vergues plus élevées d'un trois points, tombèrent à bord du London, tant l'équipage français; perché sur les bastingages, ou suspendu dans le gréement est prêt, à commencer le carnage. Mais à l'instant où les deux vaisseaux vont s'accoster et s'étendre pour ne plus se séparer que vainqueurs ou vaincus, le London laisse brusquement arriver, emportant avec lui, au large du Marengo, les grapins rompus qui lui déchirent les plats bords, et qui devaient attacher un instant sur ses flancs le vaisseau français.
Il fallut, après cet abordage manqué, reprendre la canonnade meurtrière que le Marengo, trompé par la ruse du London, avait suspendue avec trop de joie et de confiance. Les ponts et les gaillards balayés par des volées de mitraille, sont jonchés de blessés et de morts. L'officier de manœuvre est déjà mis hors de combat. Les écoutes et les amures sont hachées; les haubans et les étais coupés sur la mâture chancelante; les voiles criblées sur leurs vergues à moitié rompues, et cependant, à la lueur des pièces qui tonnent à bord des deux vaisseaux, Linois, sans être ébranlé dans sa résolution, veut encore se projeter et défiler, dans l'épaisse fumée dont le Marengo est environné, les voiles menaçantes des navires anglais qui viennent de secourir le London. La Belle-Poule, engagée déjà avec la frégate l'Amazone, combat à la fois le London et le nouvel assaillant qui lui prête le travers. La résistance était belle, mais désespérée : c'étaient deux navires luttant bord à bord avec toute une escadre, sans qu'une voix se fût élevée à bord de ces navires pour parler de se rendre. Un seul incident est remarqué sur le gaillard d'arrière du Marengo : l'amiral vient d'être transporté au poste des chirurgiens, et à la place qu'il occupait est monté le capitaine Vrignaud ; le capitaine de frégate Chasseriau remplace son commandant, qui, lui-même, quelques minutes auparavant, a remplacé sur sou banc de quart l'amiral Linois, grièvement blessé. « Tous nos officiers passeront sur ce banc de quart
 » se disent tout bas les hommes de l'équipage; et tout l'équipage continue à combattre en silence et toujours avec fureur.
A chaque minute, l'amiral Linois et le commandant Vrignaud, l'un avec le mollet droit enlevé, et l'autre avec un bras de moins, donnaient au lieutenant Armand des ordres que celui-ci s'empressait de transmettre au capitaine de frégate devenu si vite le commandant du Marengo.
A neuf heures et demie enfin et après six heures de combat, le Marengo et la Belle-Poule, entourés par sept vaisseaux de ligne et plusieurs frégates, sentirent l'inutilité de la résistance, et commencèrent à concevoir l'impuissance des moyens qui leur restaient pour résister. Huit pièces seulement, à bord du vaisseau français, se trouvaient encore en état de faire feu; les batteries, commandées par les lieutenants Ravin et Keridrain, épuisées par le nombre d'hommes qu'elles avaient été obligées de fournir pour remplacer les morts dont les dunettes et les gaillards étaient couverts, ne tiraient plus qu'à de longs intervalles quelques coups de canon de retraite.
Tous les officiers étaient blessés, il n'y avait plus que des victimes à offrir à la supériorité invincible des forces de l'ennemi. L'état-major et les maîtres furent consultés; et, à neuf heures quarante minutes, le pavillon en lambeaux fut amené lentement sur les tronçons des mâts du vaisseau le Marengo haché, percé à jour et à moitié coulant bas d'eau sous la volée de toute l'escadre ennemie rassemblée autour de ses débris fumants.
Le mot de l'amiral John Varrens, sur ce combat, mérite d'être rapporté : « Voilà dit-il en apprenant à quel bâtiment il venait d'avoir affairé, un vaisseau qui s'est montré digne du nom qu'il porte. »
Les vainqueurs comptèrent sur le vaisseau amiral 60 hommes tués, 82 blessés, et parmi ces derniers, Linois et son capitaine de pavillon.

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1 août 2007 3 01 /08 /août /2007 19:52

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La bataille d’Austerlitz, surnommée la « bataille des Trois Empereurs », se déroule le 2 décembre 1805 au sud de la Moravie (République tchèque), et plus précisément entre Brünn et Austerlitz. Après neuf heures de combats, la Grande Armée de Napoléon Ier bat les forces autrichiennes de l’empereur François Ier et celle du tsar Alexandre. L'Angleterre, bien qu'invaincue, reste seule, ce qui met fin à la troisième coalition.
Outre son importance stratégique, cette bataille, ainsi que la campagne qui l'a précédée, menant la Grande Armée, du sable de Boulogne-sur-Mer jusqu’à la neige d’Austerlitz, est considérée comme le chef d'œuvre tactique de Napoléon Bonaparte, et, encore de nos jours, enseignée dans de nombreuses écoles militaires.
Austerlitz semble être la seule bataille où Napoléon ait pu choisir le terrain, y amener l'ennemi et lui imposer son plan : la totalité des autres furent soit des batailles de rencontre plus ou moins improvisées (Marengo, Iéna, Eylau, Lutzen, Dresde), soit des forcements de positions où l'ennemi préféra attendre l'Empereur (Friedland, Wagram, la Moskowa). Il faudra attendre la Bérézina pour qu'un chef ennemi croie pouvoir attaquer l'Empereur avec des chances de succès, à tort...
En mars 1802, la France et l’Angleterre, saignées par dix ans de guerre, signent à Amiens un traité de paix (voir l’article Paix d'Amiens pour les conditions de paix). Mais farouchement anti-français, le nouveau Premier ministre anglais William Pitt ne respecte pas le traité de paix et refuse de quitter l’île de Malte. En mai 1803, l’Angleterre ouvre les hostilités en saisissant 1200 bateaux de commerce français et hollandais dans les ports anglais sans déclaration de guerre. Les Français réagissent quelques jours plus tard en arrêtant tous les Anglais se trouvant en France et Bonaparte mobilise son armée.
Napoléon Bonaparte a déjà eu l’occasion de commander l’armée de Nord (ou des Côtes de l’Océan) en 1797. Mais devant l’impréparation de ses troupes et la puissante flotte anglaise croisant dans le détroit du Pas-de-Calais, il préfère mener une expédition en Égypte (voir Campagne d'Égypte). En 1803, Napoléon, fort de son expérience, assemble ses corps d’armées tout le long du littoral français (Augereau à Brest, Ney à Étaples, Lannes et Soult à Boulogne-sur-Mer, Davout à Ambleteuse, Marmont à Anvers et à Amsterdam et Bernadotte à Hanovre). Pendant un an, la Grande Armée s’équipe, s’entraîne, forme ses conscrits, sous l'encadrement d'officiers compétents. En effet, ces derniers sont le support de la Grande Armée : la plupart sont d’anciens simples soldats levés en 1793, qui ont acquis en 1804 l'expérience du combat et gardent un attachement pour les nouvelles recrues.
Les Britanniques ont certes une puissante flotte, mais leur armée de terre peu nombreuse, essentiellement composée de milices sans discipline est médiocre et faiblement armée. Conscient que cette armée serait incapable de s’opposer à la Grande Armée une fois débarquée, William Pitt, le Premier Ministre britannique, décide pour éloigner la menace française d’invasion, de former fin 1804 une nouvelle coalition contre la France avec l’Autriche, la Russie et la Suède qui ne mènera dans la guerre qu’un rôle anecdotique .
Le tsar Alexandre Ier de Russie, sacré en 1801, adhère à la coalition pour des raisons de prestige : vaincre l’empereur des Français confirmerait la puissance de la Russie en pleine expansion depuis cinquante ans (voir partitions de la Pologne et Traité d'Iaşi contre les Ottomans).
L’empereur François II connait le talent de Napoléon, qui par deux fois a battu les armées autrichiennes en quatre ans (voir première et deuxième coalition). Mais l’annexion de l’Italie du Nord par la France (Napoléon s’étant fait couronner roi d’Italie) et les premières tentatives pour réunir les États allemands sous protection française, domaine tenu par l’Autriche depuis des siècles, poussent François II à adhérer à la coalition. Enfin, toutes les cours européennes ont vivement réagi à l’exécution du duc d’Enghien et au sacre de Napoléon.
Le 4 juillet, la Russie et l’Autriche signent une convention de guerre où les Russes s'engagent à envoyer en Allemagne 140 000 hommes pour aider les 100 000 Autrichiens. Les Anglais, financeurs de la coalition, s'engagent à verser à leurs alliés 1 250 000 livres pour 100 000 hommes mis en campagne.
À la mi-août 1805, la situation de Napoléon est difficile : les mouvements royalistes s’intensifient Malgré la vigilance de Fouché, le Trésor Public est vide. De plus Napoléon apprend que l’amiral Villeneuve, jugeant sa flotte trop faible par rapport à celle de Nelson, s’enferme à Cadix ; tandis que la Bavière (alliée de la France) est envahie par les troupes du général autrichien Mack. Devant ces événements, Napoléon décide le 23 août de « pirouetter » son armée sur le Rhin.
Le 29 août, 150 000 fantassins, 40 000 cavaliers et 350 canons déferlent du littoral pour gagner l’Allemagne avec une étonnante précision : chaque unité de la Grande Armée a un itinéraire et des lieux d’étapes précis à respecter. Cette marche forcée (jusqu’à 40 km par jour) à travers le nord de la France a pour but d’atteindre Vienne avant que les Russes ne rejoignent les Autrichiens, et qu'ils ne bénéficient ainsi de la supériorité numérique.
Le 26 septembre, après trois jours de repos, les « 7 torrents » (pour les 7 corps de la Grande Armée) traversent le Rhin en direction de la Bavière envahie. Mack attend de pied ferme Napoléon à Ulm, verrou de la route la plus courte entre le Rhin et Munich, la capitale bavaroise, c’est-à-dire à travers la Forêt-Noire. Napoléon décide alors de contourner Ulm par le nord puis de couper Mack de ses arrières, en insérant les ¾ de son armée entre Ulm et la ville de Ratisbonne, tandis que Lannes et la cavalerie de Murat font diversion en faisant croire aux Autrichiens que la Grande Armée est toujours en face d’eux. Après la victoire de Ney à la bataille d'Elchingen, Mack doit se replier avec ses 25 000 hommes dans Ulm. Après une semaine de siège, la meilleure armée autrichienne se rend et défile devant Napoléon. La route de Vienne est ouverte.
Même si Napoléon a vaincu une première fois les Autrichiens, il est loin d’avoir vaincu l’ensemble des forces de la coalition : Napoléon poursuit l’armée russe de Koutousov. Au fur-et-à-mesure que celui-ci bat en retraite, il ne cesse de se renforcer tandis que la Grande Armée se dilue, à 1000 km de ses bases. En Italie, Masséna est incapable de battre l’archiduc Charles malgré son écrasante supériorité numérique ; Napoléon doit alors se priver de Ney et de Marmont qui partent pour le Tyrol (afin d’éviter que l’archiduc Charles n’échappe à Masséna puis menace l’aile droite de la Grande Armée). L’empereur des Français doit aussi se priver d’Augereau, car un autre archiduc, Jean, tente de lever une armée en Bohême. Pis encore, la Prusse prépare son entrée en guerre et promet à Alexandre Ier d’attaquer les Français à la mi-décembre.
Le lendemain de la capitulation d’Ulm survient le désastre naval de Trafalgar, mais Napoléon n’apprend cette nouvelle que le 1er novembre. Après avoir libéré Munich, la Grande Armée descend le Danube pour prendre Vienne et chercher la bataille décisive avec les Russes. Napoléon estime les effectifs de Koutousov à plus de 100 000 hommes. En fait, le maréchal russe ne dispose que de 36 000 soldats fatigués renforcés par 22 000 Autrichiens démoralisés. Informé de la défaite d’Ulm, Koutousov décide de battre en retraite pour faire liaison avec des renforts russes et autrichiens, malgré les suppliques de François II pour défendre Vienne et il charge Bagration, son meilleur subordonné, de couvrir sa retraite avec ses divisions.
Pendant ce temps, Napoléon espère livrer bataille à Saint-Pölten, mais le 11 novembre, Koutousov, renforcé par 10 000 Autrichiens et ayant repris de l’assurance, fond avec 15 000 hommes sur la division de Mortier, dans le défilé de Dürrenstein. Pris de front, de flanc et par l’arrière, les Français résistent et combattent à un contre trois, et mettent finalement hors de combat 2 600 Russes.
Napoléon ordonne à Murat de prendre Vienne, l’accusant d’avoir laissé Mortier seul et de ne pas avoir contre-attaqué les Russes, tandis que Bernadotte franchit difficilement le Danube à cause d’une subite crue de fleuve. Le 13 novembre, Murat et Lannes prennent Vienne sans coup de feu.
Les deux lieutenants de Napoléon parviennent alors à s’emparer du pont de bois de la ville en affirmant à l’officier chargé de le faire sauter qu’un armistice a été signé entre Napoléon et François II. Aussitôt, Bessières et Soult franchissent le fleuve. Le lendemain, Murat attaque avec sa cavalerie l’arrière-garde de Bagration. Les Russes parviennent à s’échapper en employant le même stratagème : ils font croire à Murat qu’une négociation d’armistice est en train de se dérouler et celui-ci arrête son attaque.
Koutousov arrive à Olmütz, en Moravie, où il opère sa jonction le 19 novembre avec la 2e armée russe du général Buxhowden et le corps autrichien du prince de Lichtenstein. L’armée coalisée compte alors 86 000 hommes. Le surlendemain, Napoléon arrive à Austerlitz, à 100 km de Vienne. Il n’a plus que 73 000 hommes;
Ce piège consiste à faire croire à l'ennemi que les forces de Napoléon sont trop faibles pour vaincre. Pour ce faire, il utilise de nombreuses ruses (organiser le repli de ses troupes lors d'affrontements ou d'escarmouches, demander à être reçu par les autres empereurs comme pour négocier, etc.). Les ennemis pensent alors que Napoléon ne dispose que de 40 000 hommes (au lieu de 73 000). Koutouzov n'en est pas persuadé mais les jeunes généraux (nobles ayant acheté des charges, donc peu expérimentés) veulent briller devant leur empereur et foncent dans le piège, sans attendre les renforts du sud.
Le champ de bataille d’Austerlitz est un vaste rectangle de huit kilomètres sur douze. Il est délimité au nord par la route Olmütz-Brünn et à l'ouest par la route Vienne-Brünn. Au sud, des étangs gelés ferment le champ de bataille. Entre le Goldbach et la Littawa, deux ruisseaux formant un V, le plateau de Pratzen est la pièce maîtresse de la zone. La neige hivernale, encore peu épaisse, gomme les dénivellations.
Pendant deux jours, Napoléon étudie scrupuleusement le futur champ de bataille qu’il a choisi : il mémorise chaque haie, chaque fossé, chaque bosquet… Il conseille alors à ses maréchaux : « Jeunes gens, étudiez bien ce terrain, nous nous y battrons ; vous aurez chacun un rôle à jouer ».
Après la réunion des armées alliées, les Austro-Russes ont une nette supériorité numérique. Napoléon se résout donc à une bataille défensive ; il rassemble ses forces et convainc ses adversaires qu’il refuse la bataille en battant en retraite et en abandonnant, le 28 novembre, le plateau de Pratzen, de haute valeur tactique. Le même jour, il sacrifie aux Cosaques les cavaliers du général Treilhard. Après une marche agressive de trois mois, ce repli et cette défaite apparaissent aux yeux des coalisés comme un aveu de faiblesse et réconforte le tsar, qui a refusé la proposition de Koutousov de retraiter jusqu’en Galicie.
Napoléon, pour persuader psychologiquement ses adversaires qu’il est à la veille d’une défaite certaine, envoie Savary, son aide-de-camp, faire des propositions de paix. Le tsar refuse, mais le 30 novembre, il envoie tout de même Dolgorukov, un prince arrogant et impertinent. « Celui-ci, plus habitué aux bals à Saint-Pétersbourg qu’aux bivouacs, est saisi de surprise quand il voit Napoléon sortir d’un fossé, la figure sale et mal accoutrée » raconte dans ses Mémoires le général Langeron, un émigré français qui a proposé ses services au tsar. Dolgorukov donne les conditions de paix du tsar : l’abandon de la rive gauche du Rhin par la France. Napoléon refuse net mais Dolgorukov est convaincu de la victoire des coalisés. À son retour, il déclare : « Napoléon tremblait de peur. J’ai vu l’armée française à la veille de sa perte. Notre avant-garde suffirait à l’écraser ».
Pour persuader tactiquement les alliés, Napoléon place peu de troupes sur son flanc droit. Il prévoit que les Alliés, voyant le point faible du dispositif français, quitteront leur position dominante, c’est-à-dire le plateau de Pratzen, pour envelopper les Français et leur couper la route de Vienne, car ils croient qu'elle est indispensable aux Français pour battre en retraite en cas de défaite, alors qu'en fait L'Empereur se serait replié sur Paris. Au centre, Soult et ses 20 000 hommes, contre-attaquera et coupera l’armée ennemie en deux en attaquant le plateau de Pratzen laissé sans défense. Lannes (15 000 fantassins) et Murat (8 000 cavaliers), au nord, défendront leurs positions. Pour renforcer son flanc droit, Napoléon prie Davout de quitter Vienne, où ses troupes sont stationnées, et de le rejoindre à marche forcée. Les 8 000 soldats de Davout parcourront alors les 110 km qui les séparent du champ de bataille en 48 heures (36 heures de marche). De plus, il place la cavalerie de Margeron au château de Sokolnitz et dispose la division Legrand à Sokolnitz (il ordonne également au 3e régiment de ligne de Legrand de tenir Telnitz jusqu’à l’arrivée de Davout). Enfin, la Garde Impériale (5 000 grenadiers) et le 1er corps de Bernadotte (12 000 hommes) restent en réserve. L’artillerie française compte 139 canons.
Le 1er décembre, un conseil de guerre se réunit pour discuter du plan de bataille pour l'affrontement du lendemain. Koutousov et Langeron, méfiants devant la conduite de l’Empereur des Français, veulent temporiser pour attendre l’archiduc Charles. Celui-ci, parti d’Italie, est le seul qui puisse se mesurer à Napoléon, l’ayant déjà beaucoup rencontré dans le passé. Mais le tsar, encouragé par de jeunes nobles ambitieux mais sans expérience, choisi Weyrother, un général autrichien. Celui-ci a organisé les manœuvres de l’armée des Habsbourg l’année précédente sur ce même emplacement. Son plan d’attaque prévoit d’utiliser le corps de Bagration pour faire une attaque de diversion au nord tandis que la majeure partie de l’armée alliée attaquera au sud le flanc droit dégarni des Français avec 40 000 hommes en quatre colonnes et prendre les Français dans un mouvement tournant : « J’emploierai demain contre Buonaparte la même manœuvre qui lui avait servi à battre les Autrichiens à Castiglione. La victoire est certaine » déclare Weirother au tsar.
L’armée austro-russe compte 85 000 hommes, dont 15 000 Autrichiens. À la droite du dispositif allié se trouve le corps de Bagration (environ 15 000 hommes) ; au centre, Kolowrat (17 000 hommes) et à gauche, 43 000 hommes (formés en quatre colonnes) sous les ordres de Przybyszewky, Langeron, Dovtorov et Kienmayer). En réserve, Weirother place les 4 000 hommes de la Garde Impériale russe (sous les ordres du frère du tsar, le grand-duc Constantin) et la cavalerie du prince de Lichtenstein (7 000 cavaliers). L’ensemble de l’artillerie allié compte 278 canons.
La nuit du 1er au 2 décembre:
Le 1er décembre, à 20 heures 30, Napoléon réunit ses maréchaux pour un dernier conseil : chacun désormais sait précisément son rôle pour le lendemain. À 22 heures, il part à cheval avec une escorte de vingt chasseurs rejoindre le sud du champ de bataille afin d’entendre les Russes prendre leurs positions sur le plateau de Pratzen. Dans l’obscurité, ils dépassent les positions françaises et des Cosaques surgissent de la nuit, mais l’escorte de l’empereur les repousse. De retour dans les lignes françaises, ils s’arrêtent dans un bivouac tenu par un des régiments de Vandamme, du corps de Soult. Dans l’obscurité, l’Empereur se heurte à une souche d’arbre : un chasseur de son escorte l'éclaire en allumant une poignée de paille et en la fixant sur un bâton. Un an jour pour jour après le sacre de Napoléon, toute la compagnie l’imite et 70 000 hommes répartis en douze bivouacs, font de même puis renouvellent les feux pendant plus d’une heure. Voyant ce spectacle, les Russes et les Autrichiens croient que les Français brûlent leurs campements, sûrs de leur défaite.
Confiant à ses aides de camps que cette nuit du 1er au 2 décembre était la plus belle soirée de sa vie, Napoléon s’endort vers minuit, rassuré du mouvement des Russes sur sa droite, dans l'auberge où il a établi son quartier général, non loin de la route Olmütz-Brünn. Dans le château d’Austerlitz, Alexandre ne se réveille qu’à quatre heures du matin tandis que François II a attendu l’aube, soucieux.
Dans la nuit, des patrouilles de reconnaissance françaises remarquent que les Russes marchent plus au sud que prévu : Napoléon ordonne alors à Davout de gagner Telnitz, à l’extrême sud du champ de bataille, afin de stopper les Russes entre les villages de Telnitz et Sokolnitz, distants l’un de l’autre de 800 mètres. La division Friant, harassée de fatigue après sa marche, quitte son bivouac vers 4 heures du matin et part pour Telnitz.
Le 2 décembre 1805, à 4 heures du matin, les 4 colonnes alliées quittent le plateau de Pratzen et marchent sur le flanc droit des Français. À 6 heures, les divisions de Soult (Vandamme et Saint-Hilaire), cachées par le brouillard, franchissent le Goldbach en silence et attendent le signal de l’attaque.
À 7 heures, Kienmayer envoie son avant-garde à l’assaut de Telnitz, mais elle est repoussée par le 3e régiment de ligne de Legrand. Quelques minutes plus tard, Kienmayer lance 3 000 Autrichiens et 600 cavaliers pour prendre la petite bourgade. Ceux-ci arrivent à percer la ligne française jusqu’à l’église du village, mais les Français culbutent les Russes dans une contre-attaque. À 7 heures 30, les troupes de Davout relèvent le 3e régiment.
À 8 heures, l’état-major allié s’impatiente : Kienmayer a perdu l’ensemble de ses troupes dans une troisième attaque vaine tandis que la 2e colonne de Langeron a perdu une heure dans l’exécution de sa manœuvre. En effet, à 6 heures, Langeron est bloqué par 4 000 cavaliers de Jean de Liechtenstein; or cette cavalerie devrait se trouver à 2 km derrière lui. Excédé, il alerte le général de cavalerie et lui démontre son erreur : ce dernier a confondu les villages de Krzeniwitz et de Pratzen. Mais ce dernier préfère attendre le jour pour replacer son unité car il ne veut plus se perdre dans l’obscurité. Langeron finit par passer outre et fait marcher sa colonne devant les Autrichiens, tandis que Doctorov ou Dokhturov, ne voyant ni Langeron sur sa droite ni Kienmayer devant lui, arrête sa colonne. Tout le plan de Weirother est compromis.
À partir de 8 heures 30, Langeron attaque Sokolnitz. Après un violent bombardement, la colonne de Langeron pénètre dans Sokolnitz que les Français ont abandonné. Mais ceux-ci se reforment à l’arrière tandis qu’une poignée d’hommes se réfugie dans le château, résistant à tous les assauts des Russes. Finalement, les Français contre-attaquent et repoussent les Russes hors du village. Au même moment, Doctorov lance régulièrement plusieurs attaques sur Telnitz, forçant les Français à battre en retraite derrière le village, mais à chaque fois, une charge de dragons force les Russes à quitter la bourgade. Telnitz change ainsi trois fois de mains en une demi-heure. Finalement à 9 heures, Doctorov et Langeron prennent Telnitz et Sokolnitz dans une dernière attaque. Davout et ses aides de camps se demandent alors combien de temps ils pourront encore empêcher avec 1 500 hommes l’avancée des Russes. En regardant leurs rangs, Davout aperçoit stupéfait que les Russes ont cessé leurs attaques : Napoléon vient d’attaquer.
La surprise est totale chez les Russes : les colonnes de Przybyszewski et de Kolowrat sont assaillies de flanc et en plein mouvement. Les divisions de Saint-Hilaire et de Vandamme chargent et s’enfoncent à l’arme blanche dans les rangs russes. Le massacre, d’une rare violence, ne dure que quelques minutes. Les Russes de Kollowrath sont culbutés, entraînant les soldats de Pryzbyszewski dans leur débandade. À 9 heures, les Français sont maîtres du plateau, au sommet duquel Soult installe ses canons.
Koutousov, voyant ses pires craintes se confirmer, prélève alors des unités de Langeron et de Doctorov pour reprendre Pratzen. Ces ordres provoquent ainsi dans la 1re et 2e colonne une véritable cohue entre les unités descendant du plateau et celles montant à l’assaut. Langeron envoie un de ses régiments à l’attaque : l’artillerie de Soult le harcèle pendant qu’il remonte le plateau, creusant de larges trous dans les rangs serrés des Russes, puis une décharge de la mousqueterie de Saint-Hilaire force Langeron à abandonner. Pour aider Soult Napoléon envoie Bernadotte, jusque-là tenu en réserve, au nord du plateau tandis que la Garde Impériale est envoyée à Pratzen.
Vers 11 heures, Koutousov envoie toutes ses réserves reconquérir le plateau : il envoie les 4 000 soldats de la garde à pied russe. Mais celle-ci, mal commandée et peu entraînée, part de trop loin et arrive essoufflée devant le 4e régiment de ligne français. Commandés par Joseph, le frère aîné de Napoléon, les voltigeurs français prennent rapidement le dessus sur l’élite de l’armée russe et les poursuivent, la baïonnette dans les reins.
Profitant de la faiblesse de cette unité qui n’aura pas le temps de se former en carré, Koutousov envoie dix escadrons de cavalerie lourde. Le choc est brutal et après une vaine résistance des Français, les cavaliers russes s’emparent de l’aigle du régiment. Aussitôt, Rapp et ses 375 mamelouks de la cavalerie de la Garde chargent les Russes en criant : « Faisons pleurer les dames de Saint Pétersbourg ». À un contre quatre, les Français se battent furieusement (un mamelouk revient à trois reprises apporter à l’Empereur un étendard russe ; à la 3e fois, Napoléon veut le retenir, mais il s’élance de nouveau et ne revient plus) et les chevaliers de la Garde de Constantin sont battus.
Avec l’échec de la Garde russe, la bataille est perdue pour les Alliés: l’armée est coupée en deux. Au sud, Langeron et Doctorov, isolés, battent en retraite tandis qu’au nord, Bagration résiste aux assauts de Lannes et Murat, malgré de lourdes pertes, bat en retraite en bon ordre.
À 14 heures, Koutousov étudie seul les voies de retraite, le tsar et tout l’état-major ayant déjà fui une heure plus tôt. Au centre, Kollowrath, la Garde russe et la cavalerie de Lichtenstein sont en pleine déroute et retraitent vers l’est. Au sud, Napoléon ordonne à Soult de quitter le plateau de Pratzen et de couper la retraite aux 1e et 2e colonnes russes, tandis que Davout fait pression à l’ouest et reprend Sokolnitz.
A 15 heures 30, n’écoutant plus leurs officiers, 20 000 Russes fuient en désordre et espèrent échapper à l’encerclement en traversant les marais et les étangs gelés proches des villages de Menitz et de Satschan. Mais sous leurs poids, la glace se rompt tandis que l’artillerie française tire à boulet rouge pour briser les derniers îlots de glace. Paniqués et gelés, 2 000 Russes parviennent à regagner la rive où ils sont immédiatement faits prisonniers. La victoire française est indiscutable
Les Français comptent 1 305 morts et 6 500 blessés. Ils ont récupéré 173 prisonniers (la plupart appartiennent à la division Friant ou à la division Legrand) et ont perdu un drapeau : l’Empereur est particulièrement fâché de la perte de cet aigle.
Les alliés comptent 16 000 morts et blessés et 11 000 prisonniers. Ils déplorent également la perte de 45 drapeaux et de 185 canons.
Koutousov, qui a perdu son gendre Ferdinand von Tiesenhausen, organise inlassablement la retraite de l’armée russe : celle-ci se regroupe dans la nuit et part pour Göding en franchissant la March, une rivière large comme la Marne servant de frontière entre la Moravie et la Hongrie, puis il retourne en Russie via la Galicie. Langeron présente sa démission, Pryzbyszemski est ramené au rang de simple soldat tandis qu’Alexandre éloigne Koutousov de l’armée en le nommant gouverneur de Kiev.
Le 3 décembre, Napoléon envoie la cavalerie de Murat poursuivre les Russes, sans succès.
Au soir du 3 décembre, Napoléon reçoit un émissaire de François II : le prince de Liechtenstein. Celui-ci demande l’arrêt des combats pour négocier la paix. Le lendemain, Napoléon et François II se réunissent au Moulin brûlé, à une vingtaine de kilomètres au sud d’Austerlitz. Les deux souverains conviennent d’un armistice et des principales conditions de paix autour d’un simple brasier. Ils s’entendent même sur la responsabilité du conflit : « Les Anglais sont des marchands de chair humaine » s’exclame le roi autrichien. Après une heure d’entrevue, Napoléon demande : « Votre Majesté me promet donc de ne me plus faire la guerre ? » et François II répond : « Je le jure et je tiendrai parole ». De retour à Vienne, acclamé par ses sujets, François II dit à l'ambassadeur français : « Croyez-vous, Monsieur, que votre Maître pourrait ainsi retourner à Paris, ayant perdu une bataille comme je l'ai perdue ? ».
Le 26 décembre, l’Autriche signe le traité de Presbourg. Elle perd 4 millions de sujets et la Vénétie ainsi que ses dépendances d’Istrie et de Dalmatie. En outre, elle doit donner ses territoires allemands, comme le Tyrol, au profit de la Bavière et du Wurtemberg. La France a alors les mains libres pour réorganiser l’Allemagne : Bade devient un grand-duché tandis que la Bavière et le Wurtemberg un royaume. Ces trois États forment en juillet 1806 le noyau de la Confédération du Rhin. Le 6 août 1806, François II renonce à son titre d’empereur d’Allemagne, et dissout le Saint Empire romain germanique. Enfin, l’Autriche paye une indemnité de 40 millions de florins, soit un 1/7 de son revenu national.
La Prusse, effrayée par ce coup de tonnerre, signe, le 16 décembre, à Schönbrunn, un traité d’échange de territoire favorable à la Prusse. Napoléon donne à la Prusse le Hanovre, domaine du roi d’Angleterre, contre les villes de Neuchâtel, Clèves et Ansbach.
À la nouvelle du désastre de l’armée alliée, le Premier ministre anglais William Pitt, responsable de la coalition, demanda à son valet de détacher la carte d’Europe accrochée au mur : « Roulez là, elle ne servira plus de dix ans ». Et, sur ces paroles, il mourut.
« Soldats, je suis content de vous. »
« Vous avez, à la journée d'Austerlitz, justifié tout ce que j'attendais de votre intrépidité ; vous avez décoré vos aigles d'une immortelle gloire. Une armée de 100 000 hommes, commandée par les empereurs de Russie et d'Autriche, a été, en moins de quatre heures, ou coupée ou dispersée. Ce qui a échappé à votre fer s'est noyé dans les lacs. Quarante drapeaux, les étendards de la garde impériale de Russie, cent vingt pièces de canon, vingt généraux, plus de 30 000 prisonniers, sont le résultat de cette journée à jamais célèbre. Cette infanterie tant vantée, et en nombre supérieur, n'a pu résister à votre choc, et désormais vous n'avez plus de rivaux à redouter. Ainsi, en deux mois, cette troisième coalition a été vaincue et dissoute. La paix ne peut plus être éloignée ; mais, comme je l'ai promis à mon peuple avant de passer le Rhin, je ne ferai qu'une paix qui nous donne des garanties et assure des récompenses à nos alliés. »
« Soldats, lorsque le peuple français plaça sur ma tête la couronne impériale, je me confiais à vous pour la maintenir toujours dans ce haut éclat de gloire qui seul pouvait lui donner du prix à mes yeux. Mais dans le même moment nos ennemis pensaient à la détruire et à l'avilir ! Et cette couronne de fer, conquise par le sang de tant de Français, ils voulaient m'obliger à la placer sur la tête de nos plus cruels ennemis ! Projets téméraires et insensés que, le jour même de l'anniversaire du couronnement de votre Empereur, vous avez anéantis et confondus ! Vous leur avez appris qu'il est plus facile de nous braver et de nous menacer que de nous vaincre. »
« Soldats, lorsque tout ce qui est nécessaire pour assurer le bonheur et la prospérité de notre patrie sera accompli, je vous ramènerai en France; là, vous serez l'objet de mes plus tendres sollicitudes. Mon peuple vous reverra avec joie, et il vous suffira de dire, "J'étais à la bataille d'Austerlitz", pour que l'on réponde, "Voilà un brave". » 
« L'empereur était immobile. Autour de lui, ses officiers d'État Major. Il levait le bras et le premier venait prendre les ordres et ainsi de suite. Vers le milieu de la journée et alors que la bataille battait son plein, lui descendit de cheval et se fit étendre une couverture. "La bataille est gagnée" dit-il, et il s'allongea. Il s'endormit tandis que le combat continuait de se dérouler. » 
Les élèves officiers de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr à Coëtquidan identifient par les lettres du nom « Austerlitz » chacun des dix mois de leur scolarité en commençant par octobre (A) (décembre est donc S, par exemple). Août et septembre sont respectivement nommés Z' et Z". De plus, ils célèbrent ainsi que les élèves des Maisons d'éducation de la Légion d'Honneur de Saint-Denis la victoire française par une cérémonie tous les 2S.
Toutefois, le deux-centième anniversaire de la bataille n'a fait l'objet que d'une commémoration très limitée en France. La ville d'Austerlitz, située en République tchèque, a organisé le 2 décembre 2005 une reconstitution de la bataille. Seule la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a assisté aux cérémonies officielles de reconstitution, dans un contexte marqué en France par la remise en cause du rôle de Napoléon Ier de l'esclavage dans les colonies (qu'il a rétabli puis aboli) et par les émeutes qui venaient d'agiter les banlieues françaises à l'automne 2005.

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Published by Patrick R. Nastro - dans LES BATAILLES NAPOLEONIENNES
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