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6 août 2007 1 06 /08 /août /2007 20:22

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La bataille de Frœschwiller-Wœrth (ou bataille dite de Reichshoffen) s'est déroulée le 6 août 1870 en Alsace, au début de la Guerre franco-allemande de 1870. Elle est célèbre pour une série de charges de cuirassiers français (cavalerie lourde) .
Il y eut deux charges: celle sous les ordres du général Michel à Morsbronn aux environs de 13 h 30 et celle de Bonnemains à Elsasshausen (hameau de Frœschwiller) aux environs de 15 h 30, toutes deux faces à la IIIe armée prussienne qui avec ses 130 000 hommes avait un avantage numérique de 1 à 3 s'ajoutant à une supériorité du matériel.
Le sacrifice de ces hommes fut totalement inutile d'un point de vue militaire, mais a été copieusement utilisé par la propagande, notamment pour la reprise de l'Alsace (Hansi par exemple). Les survivants furent abondamment décorés. En 1870, un monument fut érigé au-dessus de Morsbronn à la gloire de ces héros. Sur ce monument on peut lire « aux cuirassiers dits de Reichshoffen ».
Après la défaite de Wissembourg, le
maréchal Patrice de Mac-Mahon fut mis à la tête d'un groupement d'armée rassemblant les 1er, 5e et 7e corps d'armée. Il décida de se battre sur la position de Frœschwiller, bien que ses forces fussent dispersées. Le 5 août, il ne disposait que de son 1er corps d'armée qui sera rejoint par la division Conseil-Dumesnil du 7e CA. Il disposait au soir du 5 de ses divisions dans cette disposition :
1re division (du 1er CA) entre Nehwiller et Frœschwiller,
3e division (du 1er CA) entre le bois de Frœschwiller et le calvaire de Wœrth,
division Conseil-Dumesnil (du 7e CA) entre le calvaire de Wœrth et le bois de Niederwald,
4e division (du 1er CA) du bois de Niederwald à Morsbronn inclus,
2e division (du 1er CA) en réserve dans le bois de Grosserwald (elle avait été éprouvé à Wissembourg).
La cavalerie du 1er CA derrière les division et une cavalerie de réserve (général de Bonnemains) dans le bois de Grosserwald.À l'aube du 6 août 1870, une unité de reconnaissance du Ve corps prussien à l'approche de Wœrth tombe sur les avant-garde françaises et engage le combat. Les bruits du combat amènent le IIe corps bavarois au nord et au XIe corps prussien au sud à lui porter assistance. Le IIe corps bavarois est intercepté par la 1ère division à hauteur de Langensoultzbach et le XIe corps prussien est engagé par la 4e division au sortir du bois de Kreuzeck.
S'ensuivent une série de combats ponctuels alors que le Kronprinz cherche à faire décrocher ses forces. À Wœrth, le Ve corps dispose d'une forte batterie (108 pièces) qui écrase la 3e division et permet aux Prussiens de franchir la Sauer. Une brusque contre-offensive du 2e régiment de zouaves permettra de les repousser. Au nord, les Bavarois s'infiltrent dans le bois de Langensoultzbach et doivent en être extirpés par le 1er régiment de zouaves. Au sud, les Prussiens sont repoussés par le 3e régiment de tirailleurs. Jusque midi, les combats restent indécis.
À ce moment, le Kronprinz, arrivé à Dieffenbach-les-Woerth, décide d'engager le combat et porte l'ensemble de sa force (90 000 hommes) contre les forces de Mac Mahon (45 000 hommes). À 13 h une manœuvre d'encerclement est initiée par le sud et s'achèvera à 17 h par la capture de Frœschwiller.
Au sud, les Français doivent décrocher de Morsbronn pour se replier dans le bois de Niederwald. C'est alors qu'eut lieu la charge désastreuse de la cavalerie du général Michel dite « Charge de Reichshoffen. Reichshoffen est un village à l'arrière du champ de bataille où avait été stationné cette cavalerie de réserve. Le bois de Niederwald est alors déjà le lieu de combats et le général de Lartigue ne tarde pas à en ordonner le repli.
Au centre après avoir opposé de brillantes contre-attaques les forces françaises qui ne sont pas renforcées sont contrainte à se replier sur Elsasshausen. C'est alors que se situe la charge de la division de Bonnemains. Dans le bois de Frœschwiller le 2e Zouaves oppose une forte résistance au IIe corps bavarois et parvient même à le refouler un moment sur la Sauer mais fini par y être encerclé. Seul un dixième de cette unité en sortira. Plus au nord, la 1re division, réduite d'une brigade entière pour renforcer le centre, ne tarde pas à retraiter.
À 16 h les Français sont refoulés dans Frœschwiller qu'abordent déjà les Allemands. La réserve (2e division) contre-attaque alors en direction de Elsasshausen. Contrairement aux charges de cavalerie, cette contre-attaque se révèle fructueuse, repousse les Allemand en dehors du village et permet de reprendre l'artillerie perdue. Cependant alors qu'ils arrivent à la limite de leur effort les Allemands débouchent du bois de Niederwald et les attaquent de flanc.
Entre temps, l'armée française se retirait du plateau protégée par le 1er régiment de zouaves.
Autour de Morsbronn la 4e division du général Lartigue était en danger d’être tournée par des unités d’infanterie prussienne. Les 8e, 9e régiments de cuirassiers et deux escadrons du 6e régiment de lanciers de la brigade du général Michel furent désignés pour la dégager, et se dirigèrent à vive allure vers Morsbronn.
Le terrain était parsemé de vignes et de houblonnières depuis lesquelles des éléments Prussiens embusqués engagèrent le combat. Après avoir bousculé ces éléments, les cuirassiers pénètrent dans Morsbronn par le nord, essuyant un feu nourri venant des maisons où les Prussiens s'étaient retranchés. Continuant leur charge, ils arrivèrent à la bifurcation de la rue principale du village. Les uns se dirigent à gauche vers la route de Wœrth-Haguenau, la majorité des autres, trompés par la largeur de la rue, s’y engagèrent au grand galop. Se rétrécissant progressivement jusqu’à l’église, cette rue devient une souricière où les cavaliers s’entassent pêle-mêle et deviennent la cible facile des tireurs prussiens. À leur tour, les deux escadrons du 6e lanciers s’engouffrèrent par le nord dans Morsbronn où ils subirent le même sort que les cuirassiers. En peu d’instants, ces escadrons furent anéantis.
Le général Michel tenta une action de secours, harangant ses troupes : « Camarades, on a besoin de nous, nous allons charger l’ennemi ; montrons qui nous sommes et ce que nous savons faire, vive la France ! ».
Les cavaliers subirent le feu de tireurs embusqués avant d'arriver sur Morsbronn, où trois régiments d'infanterie prussienne se préparaient à marcher sur le Niederwald, plusieurs de leurs bataillons déjà sortis du village. Pris sous un feu d'infanterie nourri, les cuirassiers subirent de très lourdes pertes, mais parvinrent à prendre le village en tenaille.
Alors qu'il tentait de charger Morsbronn, l'escadron de tête du 9e cuirassiers se jeta dans un ravin ; les escadrons suivants, menés par le colonel Guiot de la Rochère, contournèrent l'obstacle. Les cuirassiers parvinrent à pénétrer Morsbronn et le dégager malgré une forte résistance. Après s'être regroupés au sud du village, la cinquantaine de cavaliers survivants se heurtèrent à une unité de cavalerie prussienne, mais parvinrent à s'enfuir et à rejoindre les troupes françaises à Saverne.
Le 8e cuirassiers, après s’être séparé du 9e devant le centre de Morsbronn, s'avança vers l'Ouest sous le feu de l'artillerie prussienne pour rejoindre la route qui traversait Morsbronn. Culbutant une compagnie de pionniers, le régiment tenta de charger le village, pour y être anéanti par les troupes prussiennes qui s'y étaient fortifiées. Seuls 17 cavaliers parvinrent à se dégager et à retrouver les lignes françaises.

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Published by Patrick R. Nastro - dans NAPOLEON III ET LA GUERRE
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