Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
11 août 2007 6 11 /08 /août /2007 20:22

a-copie-8.jpg

Souvenirs funèbres de l'Empereur Napoléon Ier
Réunion de 10 pièces diverses contenues dans une boîte en carton, sur le couvercle est collé un papier avec titre manuscrit ; chaque « relique » est enfermée dans du papier, avec titre manuscrit du contenu ; dimensions de la boîte : 20.7*15.2*4.5 cm
Cette précieuse boîte contient 7 souvenirs de Sainte-Hélène et 1 d'Ajaccio.
En voici la description :
Une mèche de cheveux de Napoléon Ier.
4 brindilles « Belle Poule » [Retour des Cendres].
« 2 branches du cyprès de Sainte-Hélène pour Amédée » [son époux], c'était l'arbre près du Tombeau de l'Empereur.
« Fleur d'orange », de Sainte-Hélène.
Pains à cacheter (pour le courrier à cacheter de l'Empereur à Sainte-Hélène).
Feuilles de thé séchées que l'Empereur consommait à Sainte-Hélène.
2 morceaux du bois du cercueil de l'Empereur, avec inscription « La Belle Poule ».
Petit fragment du papier peint de la chambre à coucher de l'Empereur à Ajaccio, une feuille d'olivier greffé par l'Empereur dans sa propriété près d'Ajaccio, et une fleur cueillie sur sa terrasse.
Une mèche de cheveux de Mère Marie de la Croix (parente ou proche de la famille Bertrand).
Une page autographe d'Hortense THAYER.

Partager cet article
Repost0
11 août 2007 6 11 /08 /août /2007 07:32
MortNapoleon.jpgNAPOLEON-20MORT-32.jpg 
Napoléon Ier est décédé le 5 Mai 1821 à 17H49 à Longwood, propriété de l'ile de Sainte-Hélène (Grande-Bretagne), son corps fut autopsié le 6 Mai 1821 et conformément à ses dernières volontés, il a été inhumé le 9 Mai 1821 près d'une source dans la vallée du Géranium, dénommée depuis "vallée du tombeau".  Hudson Lowe avait placé, en armes, de part et d'autre du chemin qu'allait emprunter le convoi funèbre, les trois mille soldats anglais du 20ème régiment. C'est comme s'il avait peur que Napoléon, même mort, parvienne à lui échapper. L'Empereur avait lui-même choisi cet endroit car il le trouvait agréable et paisible. Il y avait là une source dont l'eau claire lui était portée chaque jour à Longwood.

tombeausthelene-r.jpgtombe-napoleon-sainte-helenne.jpg

La zone du tombeau était entourée d'une grille et la tombe recouverte d'une large plaque de ciment. Les Français voulaient y graver Napoléon mais Lowe exigeait que ce soit Bonaparte. C'est ainsi que la plaque resta nue et que l'Empreur reposa pendant dix-neuf ans dans une sépulture anonyme. Le 27 Mai 1821, toute la colonie Française quitte l'île de Sainte-Hélène.

a-copie-1.jpg



Partager cet article
Repost0
10 août 2007 5 10 /08 /août /2007 13:19
069.jpg

La trousse d'Antommarchi

Le médecin Antommarchi a cédé lui-même à la Faculté de Médecine la trousse contenant les instruments  qui lui avaient servi à pratiquer l'autopsie du corps de l'Empereur Napoléon Ier à Sainte-Hélène, le 6 Mai 1821.

Partager cet article
Repost0
10 août 2007 5 10 /08 /août /2007 12:54
Il y avait eu autopsie avant l'inhumation où l'on avait prélevé des organes (le coeur, l'estomac)
voici le rapport d'autopsie de Napoléon par Antommarchi:
Le Docteur Antommarchi pratiqua l'intervention le 6 mai 1821, au lendemain de la mort de l'Empereur.

“Le cadavre était gisant depuis vingt heures et demie. Je procédai à l'autopsie; j'ouvris d'abord la poitrine. Voici ce que j'observai de plus remarquable : Les cartilages costaux sont en grande partie ossifiés. Le sac formé par la plèvre costale du côté gauche contenait environ un verre d'eau de couleur citrine.
Une couche légère de lymphe coagulable couvrait une partie des faces des plèvres costale et pulmonaire correspondantes du même côté. Le poumon gauche était légèrement comprimé par l'épanchement, adhérait par des nombreuses brides aux parties postérieure et latérale de la poitrine et au péricarde; je le disséquai avec soin, je trouvai le lobe supérieur parsemé de tubercules et quelques petites excavations tuberculeuses. Une couche légère de lymphe coagulable couvrait une partie des faces des plèvres costale et pulmonaire correspondantes de ce côté.
Le sac de la plèvre costale du côté droit renfermait environ deux verres d'eau de couleur citrine. Le poumon droit était légèrement comprimé par l'épanchement; mais son parenchyme était en état normal. Les deux poumons étaient généralement crépitants et d'une couleur naturelle. La membrane plus composée ou muqueuse de la trachée-artère et des bronches était assez rouge, et enduite d'une assez grande quantité de pituite épaisse et visqueuse.
Plusieurs des ganglions bronchiques et du médiastin étaient un peu grossis, presque dégénérés, et en suppuration. Le péricarde était en état normal et contenait environ une once d'eau de couleur citrine. Le coeur, un peu plus volumineux que le poing du sujet, présentait, quoique sain, assez de graisse à sa base et à ses sillons. Les ventricules aortique et pulmonaire et les oreillettes correspondantes étaient en état normal, mais pâles et tout à fait vides de sang. Les orifices ne présentaient aucune lésion notable. Les gros vaisseaux artériels et veineux auprès du coeur étaient vides et généralement en état normal.
L'abdomen présenta ce qui suit :
Distension du péritoine, produite par une grande quantité de gaz.
Exsudation molle, transparente et diffluente, revêtant dans toute leur étendue les deux parties ordinairement contiguës de la face interne du péritoine.
Le grand épiploon était en état normal.
La rate et le foie durci étaient très volumineux et gorgés de sang; le tissu du foie, d'un rouge brun, ne présentait, du reste, aucune altération notable de structure. Une bile extrêmement épaisse et grumeleuse remplissait et distendait la vésicule biliaire. Le foie, qui était affecté d'hépatite chronique, était uni intimement par sa race convexe au diaphragme; l'adhérence se prolongeait dans toute son étendue, elle était forte, celluleuse et ancienne. La face concave du lobe gauche adhérait immédiatement et fortement à la partie correspondante de l'estomac, surtout le long de la petite courbure de cet organe, ainsi qu'au petit épiploon. Dans tous ces points de contact, le lobe était sensiblement épais, gonflé et durci.
L'estomac parut d'abord dans un état des plus sains; nulle trace d'irritation ou de phlogose, la membrane péritonéale se présentait sous les meilleures apparences. Mais en examinant cet organe avec soin, je découvris sur la face antérieure, vers la petite courbure et à trois travers de doigt du pylore, un léger engorgement comme squirreux, très peu étendu et exactement circonscrit. L'estomac était percé de part en part dans le centre de cette petite induration. L'adhérence de cette partie au lobe gauche du foie en bouchait l'ouverture.
Le volume de l'estomac était plus petit qu'il ne l'est ordinairement. En ouvrant ce viscère le long de sa grande courbure, je reconnus qu'une partie de sa capacité était remplie par une quantité considérable de matières faiblement consistantes et mêlées à beaucoup de glaires très épaisses et d'une couleur analogue à celle du marc de café; elles répandaient une odeur âcre et infecte. Ces matières retirées, la membrane plus composée ou muqueuse de l'estomac se trouva dans son état normal, depuis le petit jusqu'au grand cul-de-sac de ce viscère, en suivant la grande courbure. Presque tout le reste de la surface interne de cet organe était occupé par un ulcère cancéreux qui avait son centre à la partie supérieure, le long de la petite courbure de l'estomac, tandis que les bords irréguliers, digités et linguiformes de sa circonférence s'étendaient en avant, en arrière de cette surface intérieure, et depuis l'orifice du cardia jusqu'à un bon pouce du pylore. L'ouverture, arrondie, taillée obliquement en biseau aux dépens de la face interne du viscère, avait à peine quatre à cinq lignes de diamètre en dedans et deux lignes et demie au plus en dehors; son bord circulaire, dans ce sens, était extrêmement mince, légèrement dentelé, noirâtre, et seulement formé par la membrane péritonéale de l'estomac. Une surface ulcéreuse, grisâtre et lisse, formait d'ailleurs les parois de cette espèce de canal qui aurait établi une communication entre la cavité de l'estomac et celle de l'abdomen, si l'adhérence avec le foie ne s'y était opposée. L'extrémité droite de l'estomac, à un pouce de distance du pylore, était environnée d'un gonflement ou plutôt d'un endurcissement squirreux annulaire, de quelques lignes de largeur. L'orifice du pylore était dans un état tout à fait normal. Les bords de l'ulcère présentaient des boursouflements fongueux remarquables dont la base, dure, épaisse et squirreuse,s'étendait aussi à toute la surface occupée par cette cruelle maladie.
Le petit épiploon était rétréci, gonflé, extrêmement durci et dégénéré. Les glandes lymphatiques de ce pli péritonéal, celles qui sont placées le long des courbures de l'estomac, ainsi que celles qui avoisinent les piliers du diaphragme, étaient en partie tuméfiées, squirreuses, quelques-unes même en suppuration.
Le tube digestif était distendu par une grande quantité de gaz. A la surface péritonéale et aux replis péritonéaux, je remarquai de petites taches et de petites plaques rouges, d'une nuance très légère, de dimensions variées, éparses et assez distantes les unes des autres. La membrane plus composée de ce canal paraissait être dans un état normal. Une matière noirâtre et extrêmement visqueuse enduisait les gros intestins.
Le rein droit était dans un état normal; celui du côté gauche était déplacé et renversé sur la colonne lombo-vertébrale ; il était plus long et plus étroit que le premier; du reste, il paraissait sain. La vessie, vide et très rétrécie, renfermait une certaine quantité de gravier mêlé avec quelques petits calculs. De nombreuses plaques rouges étaient éparses sur la membrane plus composée ou muqueuse; les parois de cet organe étaient en état anormal.
Je voulais faire l'examen du cerveau. L'état de cet organe dans un homme tel que l'Empereur était du plus haut intérêt; mais on m'arrêta durement: il fallut céder.
J'avais terminé cette triste opération. Je détachai le coeur, l'estomac, et les mis dans un vase d'argent rempli d'esprit-de-vin. Je réunis ensuite les parties séparées, les assemblai par une suture, je lavai le corps, et fis place au valet de chambre ..."


Le corps a été lavé avec des liqueurs arômatiques et de l'eau de cologne. On a pris un masque mortuaire (cela a peut être donné une certaine rigidité à la peau du visage) et il faisait assez chaud les 3 jours écoulés entre sa mort et sa mise en terre à quelques mettres de profondeur, protégé par une tombe solide et quatre cercueils.

Partager cet article
Repost0
10 août 2007 5 10 /08 /août /2007 12:01
LE TESTAMENT PROPREMENT DIT:
(paginé 1 à 14 en 1853- Les pages 10-12 et13 sont blanches), entièrement autographié, signé, cacheté et daté de Longwood le 15 avril 1821. Il comprend trois états (a, A et B) donnant l'inventaire de certains objets, écrits par Marchand, son valet de chambre, et signés de Napoléon. Des états b (argenterie) et c (porcelaines) furent écrits le même jour mais ne figurent plus dans le testament; on les connaît par les copies.


Ce aujourd'hui 15 avril 1821, à Longwood, île de Sainte-Hélène.
Ceci est mon testament ou acte de ma dernière volonté.
 

1° Je meurs dans la religion apostolique et romaine, dans le sein de laquelle je suis né il y a plus de cinquante ans.
2° Je désire que mes cendres reposent sur les bords de la Seine, au milieu de ce peuple français que j'ai tant aimé.
3° J'ai toujours eu à me louer de ma très chère épouse Marie-Louise; je lui conserve jusqu'au dernier moment les plus tendres sentiments. Je la prie de veiller pour garantir mon fils des embûches qui environnent encore son enfance.
4° Je recommande à mon fils de ne jamais oublier qu'il est né prince français, et de ne jamais se prêter à être un instrument entre les mains des triumvirs qui oppriment les peuples de l'Europe. Il ne doit jamais combattre ni nuire en aucune manière à la France. Il doit adopter ma devise : Tout pour le peuple français.
5° Je meurs prématurément, assassiné par l'oligarchie anglaise et son sicaire. Le peuple Anglais ne tardera pas à me venger.
6° Les deux issues si malheureuses des invasions de la France, lorsqu'elle avait encore tant de ressources, sont dues aux trahisons de Marmont, Augereau, Talleyrand et de Lafayette: je leur pardonne. Puisse la postérité française leur pardonner comme moi !
7° Je remercie ma bonne et très excellente mère, le cardinal, mes frères Joseph, Lucien, Jérôme, Pauline, Caroline, Julie, Hortense, Catherine, Eugène, de l'intérêt qu'ils m'ont conservé.
Je pardonne à Louis le libelle qu'il a publié en 1820; il est plein d'assertions fausses et de pièces falsifiées. 
8° Je désavoue le Manuscrit de Sainte-Hélène et autres ouvrages sous le titre de Maximes, Sentences, que l'on s'est plu à publier depuis six ans. : car ne sont pas les règles qui ont dirigé ma vie. 
J'ai fait arrêter et juger le duc d'Enghien parce que cela était nécessaire à la sûreté, à l'intérêt et à l'honneur du peuple français, lorsque le comte d'Artois entretenait, de son aveu, soixante assassins à Paris. Dans une semblable circonstance j'agirais de même. 

1° Je lègue à mon fils les boîtes, Ordres et autres objets tels qu'argenterie, lit de camp, armes, selles, éperons, vases de ma chapelle, livres, linge, qui ont servi à mon corps et à mon usage, conformément à l'état annexé, coté A. Je désire que ce faible legs lui soit cher comme lui retraçant le souvenir d'un père dont l'univers l'entretiendra.
2° Je lègue à Lady Holland le camée antique que le Pape Pie VI m'a donné à Tolentino.
3° Je lègue au comte Montholon 2 millions de francs comme une preuve de ma satisfaction des soins filiaux qu'il m'a rendus depuis six ans, et pour l'indemniser des pertes que son séjour à Sainte-Hélène lui a occasionnées.
4° Je lègue au comte Bertrand, 500.000 francs.
5° Je lègue à Marchand, mon premier valet de chambre, 400 000 francs. Les services qu'il m'a rendus sont ceux d'un ami. Je désire qu'il épouse une veuve, sœur ou fille d'un officier ou soldat de ma vieille Garde.
6° A Saint-Denis, 100.000 francs ;
7° A Noverraz, 100.000 francs ;
8° A Pierron, 100.000 francs ;
9° A Archambault, 50.000 francs ;
10° A Coursot, 25.000 francs ;
11° A Chandellier idem;
12° A l'abbé Vignali, 100.000 francs. Je désire qu'il bâtisse sa maison près de Pontenovo di Rostino.
13° Idem Au comte Las Cases, 100.000 francs;
14° Au comte Lavallette, 100.000 francs ;
15° Idem Au chirurgien en chef Larrey, 100.000 francs ; c'est l'homme le plus vertueux que j'aie connu ;
16° Idem Au général Brayer, 100.000 francs ;
17° Idem Au général Lefebvre-Desnouettes 100.000 francs ;
18° Idem Au général Drouot, 100.000 francs ;
19° Idem Au général Cambronne, 100.000 francs ;
20° Idem Aux enfants du général Mouton-Duvernet, 100.000 francs ;
21° Idem Aux enfants du brave Labédoyère, 100.000 francs ;
22° Idem Aux enfants du général Girard, tué à Ligny, 100.000 francs ;
23° Idem Aux enfants du général Chartrand, 100.000 francs ;
24° Idem Aux enfants du vertueux général Travot, 100.000 francs ;
25° Idem Au général Lallemand l'aîné, 100.000 francs .
26° Au comte Réal, 100.000 francs ;
27° Idem A Costa, de Bastelica en Corse, 100.000 francs ;
28° Idem Au général Clausel, 100.000 francs ;
29° Idem Au baron Méneval, 100.000 francs ;
30° Idem A Arnault, auteur de Marius, 100.000 francs ;
31° Idem Au colonel Marbot, 100.000 francs; je l'engage à continuer à écrire pour la défense de la gloire des armées françaises et à en confondre les calomniateurs et les apostats ;
32° Idem Au baron Bignon, 100.000 francs; je l'engage à écrire l'histoire de la diplomatie française de 1792 à 1815;
33° Idem A Poggi, de Talavo, 100.000 francs ;
34° Idem Au chirurgien Emery, 100.000 francs.
35° Ces sommes seront prises sur les 6 millions que j'ai placés en partant de Paris en 1815, et sur les intérêts, à raison de 5 pour 100, depuis juillet 1815. Les comptes en seront arrêtés avec le banquier par les comtes Montholon, Bertrand et Marchand.
36° Tout ce que ce placement produira au-delà de la somme de 5.600.000 francs, dont il a été disposé ci-dessus, sera distribué en gratifications aux blessés de Waterloo et aux officiers et soldats du bataillon de l'île d'Elbe, sur un état arrêté par Montholon, Bertrand, Drouot, Cambronne et le chirurgien Larrey.
37° Ces legs, en cas de mort, seront payés aux veuves et enfants, et, au défaut de ceux-ci, rentreront à la masse.

1° Mon domaine privé étant ma propriété, dont aucune loi française ne m'a privé, que je sache, le compte en sera demandé au baron de la Bouillerie, qui en est le trésorier. Il doit se monter à plus de 200 millions de francs, savoir: 
1° le portefeuille contenant les économies que j'ai, pendant quatorze ans, faites sur ma liste civile, lesquelles se sont élevées à plus de 12 millions de francs par an, si j'ai bonne mémoire;
2° le produit de ce portefeuille ;
3° les meubles de mes palais, tels qu'ils étaient en 1814, les palais de Rome, Florence, Turin compris: tous ces meubles ont été achetés des deniers des revenus de la liste civile;
4° la liquidation de mes maisons du royaume d'Italie, tels qu'argent, argenterie, bijoux, meubles, écuries; les comptes en seront donnés par le prince Eugène et l'intendant de la couronne Campagnoni.

Charles Tristan Comte de Montholon au Royaume de la France, le premier exécuteur nommé dans ce testament, comme confirmé dans ce document maintenant appelé N.1 et dans les trois papiers écrits annexés à celui-ci  marqués État (a) [,] État (A) [et] État (B) avec sept codicilles qui y sont aussi annexés a dûment juré sur ceux-ci que les marchandises [,] des biens et les crédits du défunt ne dépassent pas en valeur la somme de six cents livres (dans la province de Cantorbéry) 
Fox 
Devant moi Stéphane Lushington Lungate 
Pouvoirs réservés à Henry Gratian Comte Bertrand et Louis Marchand et aux autres exécuteurs nommés dans le dit testament . 
5ème Le testamentaire Napoléon Bonaparte était retenu à l'Île de St Hélène et est mort en Mai dernier


Enregistré à Londres avec sept codicilles le 5 août devant le Docteur Stéphane Lushington protecteur des Lois et substitut, confirmé selon le serment de Charles Tristan Comte de Montholon exécuteur premier nommé à qui l'on a accordé l'autorisation d'abord dûment juré d'administrer les pouvoirs réservés, de faire le même octroi à Henry Gratian Comte Bertrand et Louis Marchand les autres exécuteurs nommés dans le testament quand ceux-ci ou d'autres  demanderont la même chose.  

État (a)
1° Il ne sera vendu aucun des effets qui m'ont servi; le surplus sera partagé entre mes exécuteurs testamentaires et mes frères.
2° Marchand conservera mes cheveux et en fera faire un bracelet avec un petit cadenas en or, pour être envoyé à l'Impératrice Marie-Louise, à ma mère et à chacun de mes frères, sœurs, neveux, nièces, au cardinal, et un plus considérable pour mon fils.
3° Marchand enverra une de mes paires de boucles à souliers en or au prince Joseph ;
4° Une petite paire de boucles en or à jarretières au prince Lucien ;
5° Une boucle de col en or au prince Jérôme.

ÉTAT (a) 
INVENTAIRE DE MES EFFETS QUE MARCHAND GARDERA POUR REMETTRE A MON FILS 
1° Mon nécessaire d'argent, celui qui est sur ma table, garni de tous ses ustensiles, rasoirs, etc.
2° Mon réveille-matin; c'est le réveille-matin de Frédéric II, que j'ai pris à Postdam (dans la boîte n° III);
3° Mes deux montres, avec la chaîne des cheveux de l'Impératrice et une chaîne de mes cheveux pour l'autre montre; Marchand la fera faire à Paris ;
4° Mes deux sceaux (un de France, enfermé dans la boîte n° Ill) ;
5° La petite pendule dorée qui est actuellement dans ma chambre à coucher ;
6° Mon lavabo, son pot à eau et son pied ;
7° Mes tables de nuit, celles qui me servaient en France, et mon bidet de vermeil ;
8° Mes deux lits de fer, mes matelas et mes couvertures, s'ils se peuvent conserver ;
9° Mes trois flacons d'argent où l'on mettait mon eau-de-vie, que portaient mes chasseurs en campagne;
10° Ma lunette de France ;
11° Mes éperons (deux paires);
12° Trois boîtes d'acajou n° I, II, III, renfermant mes tabatières et autres objets ;
13° Une cassolette en vermeil.

LINGE DE TOILETTE. 
6 chemises ;
6 mouchoirs ;
6 cravates;
6 serviettes;
6 paires de bas de soie ;
4 cols noirs ;
6 paires de chaussettes ;
2 paires de draps de batiste ;
2 taies d'oreiller ;
2 robes de chambre ; 2 pantalons de nuit ; I paire de bretelles ;
4 culottes, vestes en casimir blanc ; 6 madras;
6 gilets de flanelle ; 4 caleçons;
6 paires de gants ;
1 petite boîte pleine de mon tabac ; 1 boucle de col en or ,
1 paire de boucles à garniture en or, 1 paire de boucles en or à souliers,
[ces trois derniers objets] renfermés dans la petite boîte no III.

HABILLEMENT . 
1 uniforme de chasseur, 1 de grenadier,
1 de garde national ; 2 chapeaux;
1 capote grise et verte ;
1 manteau bleu (celui que j'avais à Marengo) ;
1 zibeline, petite veste
2 paires de souliers, 2 paires de bottes,
1 paire de pantoufles ; 6 ceinturons. 
NAPOLÉON

Longwood, île de Sainte-Hélène, le 15 avril 1821
ÉTAT A JOINT A MON TESTAMENT

I
 
I° Les vases sacrés qui ont servi à ma chapelle à Longwood.
2° Je charge l'abbé Vignali de les garder, et de les remettre à mon fils quand il aura seize ans.

II 
1° Mes armes, savoir: mon épée, celle que je portais à Austerlitz, le sabre de Sobieski; mon
poignard, mon glaive, mon couteau de chasse, mes deux paires de pistolets de Versailles.
2° Mon nécessaire d'or, celui qui m'a servi le matin d'Ulm, d'Austerlitz, d'Iéna, d'Eylau, de Friedland, de l'île Lobau, de la Moskowa, de Montmirail; sous ce point de vue, je désire qu'il soit précieux à mon fils; le comte Bertrand en est dépositaire depuis 1814.
3° Je charge le comte Bertrand de soigner et conserver ces objets, et de les remettre à mon fils lorsqu'il aura seize ans.

III 
1° Trois petites caisses d'acajou, contenant, la première, trente-trois tabatières ou bonbonnières ; la deuxième, douze boîtes aux armes impériales, deux petites lunettes et quatre boîtes trouvées sur la table de Louis XVIII, aux Tuileries, le 20 mars 1815; la troisième, trois tabatières ornées de médailles d'argent, à l'usage de l'Empereur, et divers effets de toilette, conformément aux états numérotés I, II, III ;
2° Mes lits de camp dont j'ai fait usage dans toutes mes campagnes ;
3° Ma lunette de guerre ;
4° Mon nécessaire de toilette, un de chacun de mes uniformes, une douzaine de chemises, et un objet complet de chacun de mes habillements et généralement de tout ce qui sert à ma toilette ;
5° Mon lavabo;
6° Une petite pendule qui est dans ma chambre à coucher de Longwood ;
7° Mes deux montres et la chaîne de cheveux de l'Impératrice :
8° Je charge Marchand, mon premier valet de chambre, de garder ces objets, et de les remettre à mon fils lorsqu'il aura seize ans. 

IV 
1° Mon médaillier ;
2° Mon argenterie et ma porcelaine de Sèvres dont j'ai fait usage à Sainte-Hélène (états B et C) :
3° Je charge le comte Montholon de garder ces objets, et de les remettre à mon fils quand il aura seize ans. 


1° Mes trois selles et brides, mes éperons qui m'ont servi à Sainte-Hélène ;
2° Mes fusils de chasse au nombre de cinq :
3° Je charge mon chasseur Noverraz de garder ces objets, et de les remettre à mon fils quand il aura seize ans.

VI 
1° Quatre cents volumes choisis de ma bibliothèque parmi ceux qui ont le plus servi à mon usage :
2° Je charge Saint-Denis de les garder, et de les remettre à mon fils quand il aura seize ans  
NAPOLEON.

ÉTAT (B)
INVENTAIRE DES EFFETS QUE J'AI LAISSÉS CHEZ MONSIEUR LE COMTE DE TURENNE 
 1 sabre de Sobieski (c'est par erreur qu'il est porté sur l'état A; c'est le sabre que l'Empereur portait à Aboukir qui est entre les mains de M. le comte Bertrand) ;
1 grand collier de la Légion d'honneur ;
1 épée en vermeil ;
1 glaive de consul ;
1  épée en fer;
1 ceinturon de velours;
1 collier de la Toison d'or ;
1 petit nécessaire en acier ;
1 veilleuse en argent ;
1 poignée de sabre antique ;
1 chapeau à la Henri IV et ma toque ;
les dentelles de l'Empereur ; 1 petit médaillier ; 2 tapis turcs ;
2 manteaux de velours cramoisi brodés, avec vestes et culottes. 

1° Je donne à mon fils: le sabre de Sobieski, le collier de la Légion d'honneur,
l'épée en vermeil, le glaive de consul, l'épée en fer,
le collier de la Toison d'or,
le chapeau à la Henri IV et la toque ;
le nécessaire d'or pour les dents, resté chez le dentiste.
2° A l'Impératrice Marie-Louise mes dentelles ; A Madame, la veilleuse en argent ;
Au cardinal, le petit nécessaire en acier ;
Au prince Eugène, le bougeoir en vermeil ; A la princesse Pauline, le petit médaillier ; A la reine de Naples, un petit tapis turc ; A la reine Hortense, un petit tapis turc ;
Au prince Jérôme, la poignée de sabre antique ; Au prince Joseph, un manteau brodé, veste et culottes; Au prince Lucien, un manteau brodé, veste et culottes. 
NAPOLÉON

Ceci est mon testament écrit tout entier de ma propre main.

NAPOLÉON

Le testament, les cinq codicilles et les deux lettres, annexées, déposé jusqu’à ce jour aux archives de la cour de Cantorbery, ont été remis ce jourd’hui 16 mars 1853 par Monsieur le Comte de Clarendon, principal secrétaire d’État de S.M.B.  ( Sa Majesté Britannique ) à Monsieur le Comte Colonna Waleswski ambassadeur de S.M. ( Sa Majesté ) Napoléon III près S.M. la Reine Victoria

En foi de quoi j’ai signé ainsi que suit
Fait à Londres le 16 Mars 1853
Alexandre Walewski

LE PREMIER CODICILLE
(paginé 15 à 18 en 1853), autographe, signé, cacheté et daté du 16 avril. Avec la pièce suivante, il représente les seules volontés destinées à être communiquées aux Anglais: le retour des cendres en France (reprise de l'article 2 du testament) et le partage des biens de l'Empereur à Sainte-Hélène entre le Grand Maréchal Bertrand, le comte de Montholon et Marchand, ceci pour prévenir une mise sous séquestre de ces biens. Des inventaires des « boîtes » (tabatières) numérotés I, II et Ill., dictés le même jour, y étaient primitivement annexés.


Avril, le 16, 1821
Longwood
Ceci est un codicille de mon testament.
1° Je désire que mes cendres reposent sur les bords de la Seine, au milieu de ce peuple français que j'ai tant aimé. 
2° Je lègue aux comtes Bertrand, Montholon et à Marchand l'argent, bijoux, argenterie, porcelaine, meubles, livres, armes, etc. et généralement tout ce qui m'appartient dans l'île de Sainte- Hélène.

Ce codicille, tout entier écrit de ma main, est signé et scellé de mes armes. 
NAPOLÉON

LE SECOND CODICILLE:
(paginé 1 et 2), autographe, signé, cacheté et daté du 16 avril. Cet acte complète le précédent, prescrit l'ouverture du testament en Europe, et institue pour exécuteurs testamentaires Montholon, Bertrand et Marchand.
 

Ceci est un second codicille à mon testament. Par mon premier codicille de ce jour, j'ai fait donation de tout ce qui m'appartient dans l'île de Sainte-Hélène aux comtes Bertrand, Montholon et à Marchand. C'est une forme pour mettre hors de cause les Anglais. Ma volonté est qu'il soit disposé de mes effets de la manière suivante :

1° On trouvera 300 000 francs en or et argent, desquels seront distraits 30 000 francs pour payer les réserves de mes domestiques. Le restant sera distribué: 50 000, à Bertrand; 50 000, à Montholon ; 50 000, à Marchand; 15 000, à Saint-Denis; 15 000, à Noverraz; 15 000, à Pierron; 15000, à Vignali; 10 000, à Archambault; 10 000, à Coursot; 5 000, à Chandellier. 
Le restant sera donné en gratifications aux médecins anglais, domestiques chinois et au chantre à la paroisse.
2° Je lègue à Marchand mon collier de diamants.
3° Je lègue à mon fils tous les effets qui ont été à mon usage, conformément à l'état A ci-joint.
4° Tout le reste de mes effets sera partagé entre Bertrand, Montholon, Marchand, défendant qu'il ne soit rien vendu de ce qui a
servi à mon corps.
5° Je lègue à Madame, ma très bonne et chère mère, les bustes, cadres, petits tableaux qui sont dans mes chambres, et les seize aigles d'argent, qu'elle distribuera entre mes frères, sœurs, neveux
(je charge Coursot de lui porter ces objets à Rome) ; ainsi que les chaînes et colliers de la Chine, que Marchand lui remettra pour Pauline.
6° Toutes les donations contenues dans ce codicille sont indépendantes de celles faites par mon testament.
7° L'ouverture de mon testament sera faite en Europe, en présence des personnes qui ont signé sur l'enveloppe.
8° J'institue mes exécuteurs testamentaires les comtes Montholon, Bertrand et Marchand.

Ce codicille, tout écrit de ma propre main, est signé et scellé de mes armes.
NAPOLÉON

LE TROISIEME CODICILLE:
(paginé 29 à 32 en 1853), écrit le 21, le 22 ou le 23, autographe, signé, cacheté et daté du 24 avril. Il dispose de l'avoir de l'Empereur sur les diamants de la couronne et de ses revenus de l'île d'Elbe. 

Ce 24 avril 1821, Longwood.
Ceci est un troisième codicille à mon testament du 15 avril.

I° Parmi les diamants de la Couronne qui furent remis en 1814, il s'en trouve pour 5 à 600.000 francs qui n'en étaient pas et faisaient partie de mon avoir particulier: on les fera rentrer pour acquitter mes legs.
2° J'avais chez le banquier Torlonia, de Rome 2 à 300.000 francs en lettres de change, produits de mes revenus de l'île d'Elbe; depuis 1815, le sieur Peyrusse, quoiqu'il ne fût plus mon trésorier et n'eût pas de caractère, a tiré à lui cette somme : on la lui fera restituer.
3° Je lègue au duc d'Istrie, 300.000 francs, dont seulement 100.000 francs réversibles à la veuve si le duc était mort lors de l'exécution du legs ; je désire, si cela n'a aucun inconvénient, que le duc épouse la fille de Duroc.
4° Je lègue à la duchesse de Frioul, fille de Duroc, 200.000 francs; si elle était morte avant l'exécution du legs, il ne sera rien donné à la mère.
5° Je lègue au général Rigaud, celui qui a été proscrit, 100.000 francs.
6° Je lègue à Boinod, commissaire ordonnateur, 100.000 francs.
7° Je lègue aux enfants du général Letort, tué à..., dans la campagne de 1815, 100.000 francs.
8° Ces 800. 000 francs de legs seront comme s'ils étaient portés à la suite de l'article 35 de mon testament; ce qui porterait à 6.400.000 francs la somme des legs dont
Je dispose par mon testament, sans comprendre les donations faites par mon second codicille.
Ceci est écrit de ma propre main, signé et scellé de mes armes.
 
NAPOLÉON
Sera ouvert le même jour et immédiatement après l'ouverture de mon testament.
Ceci est mon troisième codicille, à mon testament, tout entier écrit de ma main, signé et scellé de mes armes.
NAPOLÉON

QUATRIEME CODICILLE:
(paginé 33 à 36 en 1853), écrit le 21, le 22 ou le 23, autographe, signé et daté du 24 avril. Il contient des legs à des personnes qu'il a connues au début de sa carrière, prévoit des frais de succession, et la nomination d'un trésorier. Ce document a perdu l'enveloppe dans laquelle il était scellé.


Ce 24 avril 1821, Longwood.
Ceci est un quatrième codicille à mon testament.
Par les dispositions que nous avons faites précédemment nous n'avons pas rempli toutes nos obligations; ce qui nous a décidé à faire ce quatrième codicille.

1° Nous léguons au fils ou petit-fils du baron du Theil, lieutenant général d'artillerie, ancien seigneur de Saint-André, qui a commandé l'école d'Auxonne avant la Révolution, la somme de 100 000 francs Comme souvenir de reconnaissance pour les soins que ce brave général a pris de nous lorsque nous étions, comme lieutenant et capitaine, sous ses ordres,
2° Idem au fils ou petit-fils du général Dugommier, qui a commandé en chef l'armée de Toulon, la somme de 100 000 francs; nous avons sous ses ordres dirigé ce siège, commandé l'artillerie; c'est un témoignage de souvenir pour les marques d'estime, d'affection et d'amitié que nous a données ce brave et intrépide général.
3° Idem nous léguons 100 000 francs au fils ou petit-fils du député à la Convention Gasparin, représentant du peuple à l'armée de Toulon, pour avoir protégé et sanctionné de son autorité le plan que nous avons donné, qui a valu la prise de cette ville et qui était contraire à celui envoyé par le Comité de salut public. Gasparin nous a mis par sa protection à l'abri des persécutions de l'ignorance des états-majors qui commandaient l'armée avant l'arrivée de mon ami Dugommier.
4° Idem nous léguons 100 000 francs à la veuve, au fils ou petit-fils de notre aide de camp Muiron, tué à nos côtés à Arcole, nous couvrant de son corps.
5° Idem 10 000 francs au sous-officier Cantillon, qui a essuyé un procès comme prévenu d'avoir voulu assassiner lord Wellington, ce dont il a été déclaré innocent. Cantillon avait autant de droit d'assassiner cet oligarque que celui-ci de m'envoyer, pour y périr, sur le rocher de Sainte-Hélène. Wellington, qui a proposé cet attentat, cherchait à le motiver sur l'intérêt de la Grande-Bretagne. Cantillon, si vraiment il eût assassiné ce lord, se serait couvert et aurait été justifié par les mêmes motifs, l'intérêt de la France de se défaire d'un général qui, d'ailleurs, avait violé la capitulation de Paris et par là s'était rendu responsable du sang des martyrs Ney, Labédoyère, etc. et du crime d'avoir dépouillé les musées contre le texte des traités.
6° Ces 410.000 francs seront ajoutés aux 6.490.000 dont nous avons disposé, et porteront nos legs à 6 810 000 francs. Ces 410 000 francs doivent être considérés comme faisant partie de notre testament, article 35, et suivre en tout le même sort que les autres legs.
7° Les 9.000 livres sterling que nous avons données au comte et à la comtesse Montholon doivent, si elles ont été soldées, être déduites et portées en compte sur les legs que nous lui faisons par notre testament; si elles n'ont pas été acquittées, nos billets seront annulés.
8° Moyennant le legs fait par notre testament au comte Montholon, la pension de 20.000 francs accordée à sa femme est annulée; le comte Montholon est chargé de la lui payer .
9° L'administration d'une pareille succession jusqu'à son entière liquidation exigeant des frais de bureaux, de courses, de missions, de consultations, de plaidoiries, nous entendons que nos exécuteurs testamentaires retiendront 3 pour 100 sur tous les legs, soit sur les 6.810.000 francs, soit sur les sommes portées dans les codicilles, soit sur les 200 millions du domaine privé.
10° Les sommes provenant de ces retenues seront déposées dans les mains d'un trésorier et dépensées sur mandats de nos exécuteurs testamentaires.
11° Si les sommes provenant desdites retenues n'étaient pas suffisantes pour pourvoir aux frais, il y sera pourvu aux dépens des trois exécuteurs testamentaires et du trésorier, chacun dans la proportion du legs que nous leur avons fait par notre testament et codicilles.
12° Si les sommes provenant des susdites retenues sont au-dessus des besoins, le restant sera partagé entre nos trois exécuteurs testamentaires et le trésorier, dans le rapport de leurs legs respectifs.
13° Nous nommons le comte Las Cases, et, à son défaut, son fils, et, à son défaut, le général Drouot trésorier.
Ce présent codicille est entièrement écrit de notre main, signé et scellé de nos armes.
NAPOLÉON

CINQUIEME CODICILLE:
Disposant des fonds remis à l’Impératrice Marie-Louise (paginé 37 à 40 en 1853). Écrit entre le 21 et le 24, autographe, signé et daté du 24 avril. 

Ce 24 avril 1821, Longwood
Ceci est mon codicille ou acte de ma dernière volonté. Sur les fonds remis en or à l'Impératrice Marie- Louise, ma très chère et bien aimée épouse, à Orléans en 1814, elle reste me devoir 2 millions, dont je dispose par le présent codicille, afin de récompenser mes plus fidèles serviteurs, que je recommande du reste à la protection de ma chère Marie-Louise.

1° Je recommande à l'Impératrice de faire restituer au comte Bertrand les 30 000 francs de rente qu'il possède dans le duché de Parme et sur le Mont Napoléon, de Milan, ainsi que les arrérages échus.

2° Je lui fais la même recommandation pour le duc d'Istrie, la fille de Duroc, et autres de mes serviteurs qui me sont restés fidèles et qui me sont toujours chers; elle les connaît.
3° Je lègue, sur les 2 millions ci-dessus mentionnés, 300 000 francs au comte Bertrand, sur lesquels il versera 100 000 francs dans la caisse du trésorier pour être employés, selon mes dispositions, à des legs de conscience.
4° Je lègue 200.000 francs au comte Montholon, sur lesquels il versera 100.000 francs dans la caisse du trésorier pour le même usage que ci-dessus ;
5° Idem 200.000 francs au comte Las Cases, sur lesquels il versera 100.000 francs dans la caisse du trésorier pour le même usage que ci-dessus ;
6° Idem à Marchand 100.000 francs, sur lesquels il versera 50.000 dans la caisse pour le même usage que ci-dessus ;
7° Au maire d'Ajaccio au commencement de la Révolution, Jean-Jérôme Levie, ou à sa veuve, enfants ou petits-enfants, 100.000 francs ;
8° A la fille de Duroc, 100.000 francs ;
9° Au fils de Bessières, duc d'Istrie, 100.000 francs ;
10° Au général Drouot, 100.000 francs ;
11° Au comte Lavallette, 100.000 francs ;
12° Idem 100.000 francs, savoir: 25.000 à Pierron, mon maître d'hôtel; 25.000 à Noverraz, mon chasseur; 25.000 à Saint-Denis, le garde de mes livres; 25.000 à Santini, mon ancien huissier ;
13° Idem 100.000 francs, savoir 40.000 à Planat, officier d'ordonnance;
20.000 à Hébert, dernièrement concierge à Rambouillet, et qui était de ma chambre en Égypte; 
20.000 à Lavigne, qui était dernièrement concierge d'une de mes écuries et qui était mon piqueur en Égypte; 
20.000 à Jannet-Dervieux, qui était piqueur des écuries et me servait en Égypte.
14° 200.000 francs seront distribués en aumônes aux habitants de Brienne-le-Château qui ont le plus souffert.
15° Les 300.000 francs restants seront distribués aux officiers et soldats du bataillon de ma Garde de l'île d'Elbe actuellement vivants, ou à leurs veuves et enfants, au prorata des appointements et selon l'état qui sera arrêté par mes exécuteurs testamentaires. Les amputés ou blessés grièvement auront le double. L'état en sera arrêté par Larrey et Emery .

Ce codicille est écrit tout de ma propre main, signé et scellé de mes armes.
NAPOLÉON

Ceci est mon codicille ou acte de ma dernière volonté, dont je recommande l'exécution à ma très chère épouse l'Impératrice Marie-Louise.
 
NAPOLÉON 

SIXIEME CODICILLE:
Disposant des fonds de la liste civile d’Italie aux mains d’Eugène de Beauharnais 
(paginé 19 à 28 en 1853, les n° 20 et 27 omis par erreur). Écrit entre le 21 et le 24, autographe, signé et daté du 24 avril.


Ce 24 avril 1821, Longwood.

Ceci est mon codicille ou acte de ma dernière volonté.

Sur la liquidation de ma liste civile d'Italie tels qu'argent, bijoux, argenterie, linge, meubles, écuries, dont le vice-roi est dépositaire et qui m'appartenaient, je dispose de 2 millions, que je lègue à mes plus fidèles serviteurs. J'espère que, sans s'autoriser d'aucune raison, mon fils Eugène Napoléon les acquittera fidèlement; il ne peut oublier les 40 millions que je lui ai donnés, soit en Italie, soit par le partage de la succession de sa mère.


1° Sur ces 2 millions, je lègue au comte Bertrand 300.000 francs dont il versera 100.000 dans la caisse du trésorier pour être employés, selon mes dispositions, à l'acquit de legs de conscience ;

2° Au comte Montholon, 200.000 francs, dont il versera 100.000 à la caisse pour le même usage que ci-dessus ;

3° Au comte Las Cases, 200.000 francs, dont il versera 100.000 dans la caisse pour le même usage que ci-dessus ;
4° A Marchand, 100.000 francs, dont il versera 50.000 à la caisse pour le même usage que ci-dessus ;

5° Au comte Lavallette, 100.000 francs ;

6° Au général Hogendorp, Hollandais, mon aide de camp, réfugié au Brésil, 100.000 francs ;

7° A mon aide de camp Corbineau, 50.000 francs ;

8° A mon aide de camp Caffarelli, 50.000 francs ;

9° A mon aide de camp Dejean, 50.000 francs ;

10° A Percy, chirurgien en chef à Waterloo, 50.000 francs ;

11° 50.000 francs, savoir: 10.000 à Pierron, mon maître d'hôtel; 10.000 à Saint-Denis, mon premier chasseur; 10.000 à Noverraz; 10.000 à Coursot, mon maître d'office; 10.000 à Archambault, mon piqueur ;

12° Au baron Méneval, 50.000 francs;

13° Au duc d'Istrie, fils de Bessières, 50.000 francs ;

14° A la fille de Duroc, 50.000 francs ;

15° Aux enfants de Labédoyère, 50.000 francs ;

16° Aux enfants de Mouton-Duvernet, 50.000 francs ;

17° Aux enfants du brave et vertueux général Travot, 50.000 francs ;

18° Aux enfants de Chartrand, 50.000 francs ;

19° Au général Cambronne, 50.000 francs ;

20° Au général Lefebvre-Desnouettes, 50.000 francs ;

21° Pour être répartis entre les proscrits qui errent en pays étranger, Français, ou Italiens, ou Belges, ou Hollandais, ou Espagnols, ou des départements du Rhin, sur ordonnances de mes exécuteurs testamentaires: 100.000 francs ;

22° Pour être répartis entre les amputés ou blessés grièvement de Ligny, Waterloo, encore vivants, sur des états dressés par mes exécuteurs testamentaires, auxquels seront adjoints Cambronne, Larrey, Percy et Emery (il sera donné double à la Garde, quadruple à ceux de l'île d'Elbe) : 200.000 francs.
NAPOLEON


Ce codicille est écrit entièrement de ma propre main, signé et scellé de mes armes.

NAPOLÉON

Ceci est mon codicille ou acte de ma dernière volonté, dont je recommande l'exacte exécution à mon fils Eugène Napoléon. Il est tout écrit de ma propre main.

Napoléon

INSTRUCTIONS POUR MES EXECUTEURS TESTAMENTAIRES
(paginées 1 et 2), dictées à Marchand entre le 22 et le 25, signées de Napoléon et datées par Marchand le 26 avril. 

Ce 26 avril 1821, Longwood. 

1° J'entends que mes legs soient payés dans leur intégralité.

2° Les 5.280.000 francs que j'ai placés chez le banquier Laffitte devront avoir produit, au 1er janvier 1822, les intérêts étant comptés à 5 pour 100, ainsi que je le lui ai dit, environ 7 millions de francs. En cas de difficulté, il faut compter de clerc à maître, puisque des forces majeures m'ont empêché d'écrire et de disposer de mes fonds. Je n'entends aucune modification là-dessus.

3° Je n'ai connaissance que le banquier Laffitte ait payé pour mon compte que: 

1° 20.000 francs au général Lallemand aîné; 
2° 3.000 francs à Gillis, mon valet de chambre; 
3° 100.000 francs au comte Las Cases; 
4°  72.000 francs à Balcombe, sur une lettre de crédit du comte Bertrand; 
5° Une autorisation, envoyée par le canal du prince Eugène, de fournir 12.000 francs par mois, depuis 18 17 , à Londres, pour mes besoins: cette somme n'a pas été fournie, si ce n'est une partie chez MM. Parker, ce qui me rend redevable de sommes considérables au comte Bertrand, sommes dont il doit tout d'abord être remboursé. 

D'où il résulte que le règlement de ce compte doit porter les fonds que j'ai placés chez M. Laffitte à la somme de 6.200.000 francs, capital et intérêts, ou environ, disponibles au 1er janvier 1822.
4° La question de mon domaine privé est une question majeure; elle sera susceptible de beaucoup de débats: mais la restitution de l'argent de Peyrusse, qui a été versé à la Couronne, à ce que je crois; mais la liquidation de ma liste civile d'Italie, dont il doit me revenir plusieurs millions; mais la rentrée des meubles existants à la Couronne et qui m'appartenaient avant l'institution de la liste civile, du temps du Consulat et même lorsque j'étais général (dans le premier cas sont tous les meubles de Saint-Cloud, une partie de ceux des Tuileries ; dans le deuxième cas sont une grande partie des meubles de Rambouillet) ; mais les présents reçus évidemment soit des souverains, soit de la ville de Paris, tels que les beaux meubles de malachite de Russie, les lustres, les cristaux, etc., mais le service d'or de la ville de Paris, sont une question particulière. Ces divers objets doivent avoir une valeur de plusieurs millions.
5° Quant à tous les meubles de la Couronne qui m'appartiennent comme ayant été achetés des deniers des revenus de la liste civile, on opposera que, par un sénatus-consulte, les héritiers de l'Empereur ne pouvaient en hériter que lorsque la valeur dépassait 30 millions: mais cela était pour l'avenir; c'était une règle de famille, et l'on ne pourrait sans injustice ne pas considérer ces meubles comme ma propriété.

6° Laeken a été acheté des deniers du domaine extraordinaire; mais les meubles ont été payés par les deniers du domaine privé; cela forme un article de 800.000 francs, qui doivent être réclamés au roi des Pays-Bas.
7° Lorsque le roi de Sardaigne et le grand-duc de Toscane furent chassés de leurs États en 1799, ils emportèrent leur argenterie, leurs bijoux et autres effets précieux; on leur conserva même leurs domaines particuliers: de quel droit ces souverains prétendraient-ils garder mon argenterie et les meubles que j'ai envoyés de Paris et qui ont été achetés des deniers de ma liste civile ?
8° Le Pape a emporté de Rome son argenterie et ses objets précieux: l'argenterie et les meubles que j'ai envoyés à Rome, et qui ont été payés des deniers de ma liste civile, m'appartiennent de droit.
9° J'avais à l'île d'Elbe une petite métairie appelée Saint-Martin, estimée 200.000 francs, avec meubles, voitures, etc. Cela avait été acheté des deniers de la princesse Pauline : si on le lui a remis, je suis satisfait: mais, si on ne l'a pas fait, mes exécuteurs testamentaires doivent en poursuivre la remise, qui sera donnée à la princesse Pauline si elle vit, et qui rentrera à la masse de ma succession si elle ne vit plus alors.
10° J'avais à Venise 5 millions de vif-argent, qui ont été, je crois, en grande partie dérobés aux Autrichiens: les réclamer et en poursuivre la rentrée.
11° Il court des bruits sur un testament du patriarche de Venise : il faut les approfondir .
12° J'avais laissé à Malmaison, indépendamment de tous mes livres, 2 millions en or et bijoux, dans une cachette; donation spéciale n'en a jamais été faite à l'Impératrice Joséphine: je désire que cette somme ne soit réclamée qu'autant que cela serait nécessaire pour compléter mes legs.
13° J'ai donné à l'Impératrice Marie-Louise 2 millions en or, à Orléans, qu'elle me doit: mais je désire que cette somme ne soit réclamée qu'autant que cela serait nécessaire pour compléter mes legs.
14° J'ai chez Denon et d'Albe une grande quantité de plans qui m'appartiennent, puisque j'ai payé pendant plusieurs années 10 à 20.000 francs par mois pour la levée et confection de ces plans et dessins: s'en faire rendre compte et faire faire remise pour mon fils.
15° Je désire que mes exécuteurs testamentaires fassent une réunion de gravures, tableaux, livres, médailles, qui puissent donner à mon fils des idées justes et détruire les idées fausses que la politique étrangère aurait pu vouloir lui inculquer, afin qu'il soit dans le cas de voir les choses comme elles ont été. En imprimant mes campagnes d'Italie et d'Égypte, et ceux de mes manuscrits qu'on imprimera, on les dédiera à mon fils, ainsi que les lettres des souverains, si on les trouve; on doit pouvoir se les procurer des Archives; ce qui ne doit pas être difficile, puisque la vanité nationale y gagnerait beaucoup.
16° Si on peut se procurer une collection de mes quartiers généraux qui était à Fontainebleau, ainsi que les vues de mes palais de France et d'Italie, on en fera une collection pour mon fils.
17° Constant m'a beaucoup volé à Fontainebleau ; je crois que de lui et de Roustan on peut tirer beaucoup de choses précieuses pour mon fils et qui pour eux n'ont que des valeurs métalliques.
18° Il y avait dans mes petits appartements, au comble des Tuileries, un grand nombre de chaises faites par Joséphine et Marie-Louise, qui peuvent être agréables à mon fils.
19° Quand mes exécuteurs testamentaires pourront voir mon fils, ils redresseront ses idées, avec force, sur les faits et les choses, et le remettront en droit chemin.
20° Quand ils pourront voir l'Impératrice (je désire que ce soit isolément et aussitôt que la prudence le permettra), ils feront de même.
21° Sans désirer que ma mère, si elle n'est pas morte, fasse, par son testament, des avantages à mon fils, que je suppose plus riche que ses autres enfants, je désire cependant qu'elle le distingue par quelques legs précieux, tels que portrait de ma mère, de mon père, ou quelques bijoux qu'il puisse dire tenir de ses grands parents.
22° Aussitôt que mon fils sera en âge de raison, ma mère, mes frères, mes sœurs, doivent lui écrire et se lier avec lui, quelque obstacle qu 'y mette la maison d' Autriche, alors impuissante, puisque mon fils aura sa propre connaissance.
23° Je verrais avec plaisir ceux de mes officiers ou domestiques qui pourraient s'attacher au service de mon fils, soit les enfants de Bertrand, soit ceux de Montholon, soit...
24° Engager mon fils à reprendre son nom de Napoléon aussitôt qu'il sera en âge de raison et pourra le faire convenablement.
25° On doit trouver chez Denon, d' Albe, Fain, Méneval, Bourrienne, beaucoup de choses d'un grand intérêt pour mon fils.
26° En faisant imprimer mes mémoires d'Italie, se servir d' Albe pour les plans. J'ai fait relever tous les champs de bataille, il paraît même qu'il les a imprimés; on pourra se procurer au Dépôt de la guerre des plans que j'avais faits de plusieurs batailles; je soupçonne que Jomini en a eu connaissance.
27° Mes exécuteurs testamentaires doivent écrire au roi d' Angleterre en passant en Angleterre, et insister pour que mes cendres soient transportées en France; ils doivent écrire de même au gouvernement en France.
28° Si Las Cases remplit les fonctions de trésorier et que mes exécuteurs testamentaires jugent
nécessaire d'avoir un secrétaire, et que cela convienne à Drouot, ils pourraient le nommer .
29° J'ai une petite cousine à Ajaccio, qui a, je crois, 300 000 francs en terres et s'appelle Pallavicini : si elle n'était pas mariée et qu'elle convînt à Drouot, la mère, sachant que cela était mon désir, la lui donnerait sans difficulté.
30° Je désire qu'il soit manifesté à ma famille que je désire que mes neveux et nièces se marient entre eux ou dans les états Romains, ou dans la république Suisse, ou dans les États-Unis d' Amérique. Je blâme le mariage avec un Suédois, et, à moins d'un retour de fortune en France, je désire que le moins possible mon sang soit à la cour des rois.

31° On peut trouver chez Appiani, peintre à Milan, beaucoup de choses importantes pour mon fils; mon souvenir sera la gloire de sa vie; lui réunir , lui acquérir ou lui faciliter l'acquisition de tout ce qui peut lui faire un entourage dans ce sens.
32° S'il y avait un retour de fortune et que mon fils remontât sur le trône, il est du devoir de mes exécuteurs testamentaires de lui mettre sous les yeux tout ce que je dois à mes vieux officiers et soldats et à mes fidèles serviteurs.
33° Entretenir par lettres, et lorsqu'on pourra la voir, l'Impératrice Marie-Louise de la constance, de l'estime et des sentiments que j'ai eus pour elle, et lui recommander toujours mon fils, qui n'a de ressources que de son côté.
34° Si le député Ramolino est à Paris, on pourra se servir de lui et le consulter sur l'état de ma famille et la manière de correspondre avec elle.
35° Je désire que mes exécuteurs testamentaires se procurent les dessins les plus ressemblants de moi sous divers costumes, et les envoient à mon fils aussitôt qu'ils le pourront.
36° Ma nourrice à Ajaccio a des enfants et petits-enfants que le grand sort que je lui ai fait l'a mise à même de bien élever; ils ne seraient pas suspects à l'autorité autrichienne: tâcher d'en mettre au service de mon fils. Je la suppose morte. D'ailleurs je la crois fort riche; si cependant, par un caprice du sort, tout ce que j'ai fait pour elle n'avait pas bien tourné, mes exécuteurs testamentaires ne la laisseraient pas dans la misère.
37° Je ne serais pas fâché que le petit Léon entrât dans la magistrature, si cela était son goût. Je désire qu'Alexandre Walewski soit attiré au service de France dans l'armée.


Ceci est une instruction pour Montholon, Bertrand et Marchand, mes exécuteurs testamentaires.
J'ai fait un testament et sept codicilles dont Marchand est dépositaire.
 
Le 27 avril.

NAPOLÉON

LETTRE A LAFFITE, BANQUIER DE L'EMPEREUR,
rédigée sur ordre par Montholon,
recopiée par Marchand le 29 et signée par Napoléon ce jour, en antidatant du 25 avril. 

Monsieur Laffitte, je vous ai remis en 1815, au moment de mon départ de Paris, une somme de près de six millions, dont vous m'avez donné un double reçu. J'ai annulé un des reçus, et je charge le comte de Montholon de vous présenter l'autre reçu, pour que vous ayez à lui remettre après ma mort ladite somme avec les intérêts à raison de 5 pour 100 à dater du 1er juillet 1815, en défalquant les payements dont vous avez été chargé en vertu d'ordres de moi.
Je désire que la liquidation de votre compte soit arrêtée d'accord entre vous, le comte Montholon, le comte Bertrand et le sieur Marchand, et, cette liquidation réglée, je vous donne par la présente, décharge entière et absolue de ladite somme.
Je vous ai également remis une boîte contenant mon médaillier: je vous prie de la remettre au comte Montholon. Cette lettre n'étant à autre fin, je prie Dieu, Monsieur Laffitte, qu'il vous ait en sa sainte et digne garde. 
NAPOLÉON

LETTRE AU BARON DE LA BOUILLERIE, TRESORIER DU DOMAINE PRIVE DE L'EMPEREUR, 
rédigée sur ordre par Montholon, recopiée par Marchand le 29 et signée par Napoléon ce jour, en antidatant du 25 avril.

Monsieur le Baron la Bouillerie, trésorier de mon domaine privé, je vous prie d'en remettre le compte et le montant après ma mort au comte Montholon, que j'ai chargé de l'exécution de mon testament.
Cette lettre n'étant à autre fin, je prie Dieu, Monsieur le Baron la Bouillerie, qu'Il vous ait en sa sainte et digne garde. 
NAPOLÉON

Longwood, île de Sainte-Hélène, ce 25 avril 1821


LE SEPTIEME CODICILLE:
dont l' existence est attestée par tous les témoins (les 5ème et 6ème codicilles font d'ailleurs allusion à ces legs de conscience). Son texte est connu par les copies (celles du fonds Murat, aux Archives nationales, en particulier). Écrit entre le 23 et le 25, autographe, signé et daté du 25 avril, il renfermait en particulier des legs de conscience, dont un au comte Léon, fils de l'Empereur. Pour cette raison, il ne sera jamais imprimé, il restera secret: le Trésorier même n'en aura pas connaissance, il sera annulé aussitôt qu'il sera exécuté; communication en sera refusée comme contenant des affaires de conscience. Le codicille suivit le sort du testament. Son existence est encore attestée en Angleterre le 5 août 1825. En voici un extrait :
.../...    
   
Je lègue 20.000 francs à l'habitant de Bocognano qui m'a tiré des mains des brigands qui voulurent
m'assassiner ;
                   10.000 francs à M. Vizzavona, le seul de cette famille qui fût de mon parti ;
                   100.000 francs à M. Jérôme Lévy ;
                   100.000 francs à M. Costa de Bastelica ;
                   20.000 francs à l'abbé Reccho."


LE HUITIEME CODICILLE:
dont l'existence a été contestée par Frédéric Masson. Il fut écrit par l'Empereur le 29 et antidaté par lui du 27:

Aujourd'hui 27 avril I82I
Malade de corps, mais sain d'esprit, j'ai écrit de ma propre main ce 8ème codicille à mon testament :
1° j'institue mes exécuteurs testamentaires Montholon, Bertrand et Marchand, et Las Cases ou son fils thrésorier ,.
2° je prie ma bien-aimé Marie-Louise de prendre à son service mon chirurgien Antommarchi, auquelle je lègue une pension pour sa vie durant de 6000 frs ( six mille francs) qu'elle lui payera,.
3° de prendre idem Vignaly pour aumônier et l' attacher en cette qualité à mon fils ,.
4° je lègue ma maison d'habitation à Ajaccio et tous mes biens, terres, vignes, jardins, meubles, troupeau à ma mère ,.
5° je lègue tout ce que je possède à l'isle d'Elbe maison, meubles, vignes terres troupeaux à ma très chère et très honorée sœur la princesse Pauline ,
6° je lègue à la comtesse Bertrand et à la comtesse Montholon la moitié de mon cabaret de Sèvres.
/'autre moitié à mon fils.
7° je lègue tout ce que je possède d'indivis avec le cardinal Fesch en Corse au dit cardinal. 

 
UN LEGS INFORME AU DUC DE REICHSTADT:
dicté rapidement à Marchand sur le dos d'une carte à jouer le 29 avril au soir .

«  
Je lègue à mon fils ma maison d’habitation d’Ajaccio  et ses dépendances, deux maisons aux environs de Salines avec tous mes biens dans le territoire d’Ajaccio, pouvant lui donner 50 000 francs de rente.
Je lègue à mon fils…
»

 

 

 
 

 

 


 


Partager cet article
Repost0
10 août 2007 5 10 /08 /août /2007 11:49
Napoléon Bonaparte est mort le 5 mai 1821 à Longwood, sur l’île de Sainte-Hélène, propriété de la couronne Britannique, à l'âge de 51 ans.

Circonstances de la mort de Napoléon:
Le 1er mai 1821, il s’était levé ; mais une faiblesse l’obligea à se faire recoucher. Il avait fait placer en face de son lit le buste de son fils, sur lequel il avait constamment les yeux fixés. 
Le 3 mai, les symptômes devinrent plus alarmants. 
Le 4 mai, on eut quelque espoir. 
Le lendemain, 5 mai, à sept heures du matin, on l’entendit balbutier 
" France… France… ". Ce furent les derniers mots qu’il prononça. À six heures du soir, au moment où le soleil quittait l’horizon, Napoléon croisa les bras avec effort, et prononça les mots têtearmée… jeta un dernier regard sur le buste de son fils et expira, étant âgé de cinquante et un an, sept mois, vingt jours. 
Napoléon est mort le 5 mai 1821. Le lendemain, le gouverneur de l'île, sir Hudson Lowe, bien qu'en perpétuel conflit avec son ancien prisonnier, venant en personne s’assurer de la mort de Bonaparte, a déclaré alors à son entourage :
« Hé bien, Messieurs, c'était le plus grand ennemi de l'Angleterre et le mien aussi ; mais je lui pardonne tout. À la mort d'un si grand homme, on ne doit éprouver qu'une profonde douleur et de profonds regrets. »

Autopsie
:
D’après le désir qu’avait manifesté Napoléon, son corps fut ouvert afin de constater la cause physique de sa maladie, et de profiter dans la suite de ce document dans le cas où son fils serait attaqué de quelque incommodité offrant des analogies avec le mal qui était sur le point de l’emporter lui-même : car Napoléon était persuadé qu’il mourrait d’une maladie semblable à celle qui avait enlevé son père Charles Bonaparte.
Avant de refermer le cadavre, on en tira le cœur et l’estomac, que l’on renferma dans des coupes d’argent contenant de l’esprit de vin.
L’opération terminée, le corps fut revêtu de l’uniforme des chasseurs à cheval de la garde impériale, orné de tous les ordres que le défunt avait créés ou reçus pendant son règne, après quoi il fut placé sur le lit de fer qu’il avait coutume de faire porter à sa suite dans ses campagnes ; le manteau bleu brodé en argent qu’il portait à la bataille de Marengo lui servait de drap mortuaire.

Analyse contemporaine
:
Le gouverneur britannique de l'île a diagnostiqué une mort causée par un cancer de l'estomac. Cependant de nos jours, les circonstances de sa mort ont été largement sujettes à spéculations, depuis qu'en 1961 l'empoisonnement à l'arsenic a été évoqué par un toxicologue suédois.
L'auteur de cette hypothèse, Sten Forshufvud, fut inspiré vers 1955 en lisant les mémoires de Louis Marchand, le valet personnel de Napoléon, qui venaient d'être publiées par les descendants de celui-ci. Les symptômes décrits par Marchand ressemblaient à ceux qu’aurait causés un empoisonnement à l'arsenic.
Enquêtant cette hypothèse, Forshufvud obtint de sources différentes plusieurs mèches de cheveux ayant appartenu à Napoléon. En découpant les cheveux en petits segments et en analysant chaque segment, puis en se rapportant aux dates auxquelles ces cheveux auraient été recueillis, et en raccordant toutes ces données, il put reconstruire un histogramme précis indiquant l'évolution de la concentration d'arsenic dans l'organisme de Napoléon durant son exil. L'arsenic aurait affaibli Napoléon jusqu'au point où les traitements médicaux de l'époque, par exemple le calomel, l’auraient achevé.
Forshufvud rencontra une opposition ferme à cette thèse, mais en 1978 il s'associa avec Ben Weider, historien amateur canadien, et ensemble ils publient Meurtre à Sainte Héléne. L'hypothèse de Forshufvud est prise sérieusement chez à peu près tous les historiens professionnels, bien qu'avec leur réserve habituelle, notamment sur l'identité de l'empoisonneur.
Une étude récente, publiée dans la revue scientifique Nature Clinical Practice Gastroenterology and Hepatology, montre que Napoléon présentait une lésion gastrique d'aspect tumoral pouvant etre compatible avec un cancer de l'estomac. Malheureusement, cette étude repose sur les descriptions faites par Antommarchi (médecin corse ayant pratiqué la nécropsie) dans son deuxième compte-rendu d'autopsie publié en 1825, quatre ans après l'autopsie. Or il a été récemment démontré que ce rapport d'autopsie est, en partie, le plagiat presque d'un article médical publié par le Dr Rullier dans le numéro de mai 1823 de la revue : "Archives Générales de Médecine" et intitulé "Note sur un petit engorgement cancéreux de l’estomac, extrêmement circonscrit, perforé à son centre, et suivi de l’épanchement des alimens dans l’abdomen". En plus d'etre un plagiat le rapport de 1825 d'Antommarchi est un faux qui decrit entre autres des "glandes lymphatiques [...]le long des courbures de l’estomac [...]en partie tuméfiées, squirrheuses, quelques-unes même en suppuration" ainsi qu'un "lobe supérieur [pulmonaire] parsemé de tubercules et de quelques petites excavations tuberculeuses" ce qu'aucun autres témoins ne rapportera. Ainsi, dans trois autres compte-rendus rédigés en mai 1821 par les médecins anglais présents, Antommarchi lui-meme,et Thomas Reade ainsi que dans le compte-rendu publié en 1823 par le Dr Henry, il n'est pas fait mention de ganglions intra-abdominaux susceptibles de correspondre à des métastases ganglionnaires, ni de métastases viscérales intra ou extra-abdominales, ni de tuberculose pulmonaire. Les poumons sont décrits comme normaux ce que confirmeront ultérieurement les témoignages des non médecins (Montholon, Bertrand, Ali) présents à l'autopsie. Napoléon est peut-etre mort des suites d'un ulcère ou d'un cancer gastrique perforé-bouché par le foie mais l'absence d'examen histologique de la lésion, l'absence de métastases et les descriptions des lésions abdominales faites par d'autres qu'Antommarchi ne permettent aucune certitude diagnostique contrairement à ce qu'affirment l'article publié dans "Nature Clinical Practice Gastroenterology and Hepatology"
.

Extrait du rapport des médecins, après l’autopsie du corps de Napoléon:

. « À la première apparence, le corps paraissait très-gras, ce qui fut confirmé par une incision pratiquée vers le bas-ventre, où la graisse qui couvrait l’abdomen avait plus d’un pouce et demi d’épaisseur. Les poumons étaient très-sains ; le cœur était de la grandeur naturelle, mais revêtu d’une forte couche de graisse ; les oreillettes et les ventricules n’avaient rien d’extraordinaire, si ce n’est que les parties musculaires paraissaient plus pâles qu’elles ne devaient l’être. « En ouvrant l’abdomen, on vit que la coiffe qui couvre les boyaux était extrêmement grasse ; en examinant l’estomac, on s’aperçut que ce viscère était le siège d’une grande maladie : de fortes adhésions liaient toute la surface supérieure, surtout vers l’extrémité du pylore jusqu’à la surface concave du lobe gauche du foie ; en séparant, ou découvrit qu’un ulcère pénétrait les enveloppes de l’estomac à un pouce du pylore, et qu’il était assez grand pour y passer le petit doigt. « La surface intérieure de l’estomac, c’est-à-dire presque toute son étendue, présentait une masse d’affection cancéreuse, ou des parties squirreuses se changeant en cancer, l’estomac était presque plein d’un liquide ressemblant à du marc de café. La surface convexe du côté gauche adhérait au diaphragme ; à l’exception des adhésions occasionnées par la maladie de l’estomac, le foie ne présentait rien de malsain. Le reste des viscères abdominaux était en bon état.
« Ont signé :
Thomas SHORT, premier médecin ; Arch. ARNOTT, médecin du 20e régiment ; Francis BURTON, médecin du 66e régiment ; Chas. MICHELL, médecin de Vigo ; Matthieu LEWINGSTONE, médecin de la compagnie des Indes. »

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de Patrick R. Nastro
  • : Bienvenue au pays de Napoleon et de ses contemporains, vous apprendrez surement bien des choses interressantes sur les empereurs Napoléon Ier et Napoléon III et sur la famille Bonaparte, de ce qu'il reste de ces empires Français au XXIème siècle...
  • Contact

Profil

  • Patrick R. Nastro

Recherche

Archives

Liens